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 Adam Blackleaf

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Adam Blackleaf
Élève de Remissus - Première année
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Nombre de messages : 20
Race : Sorcier
Âge : 13 ans
Origine(s) : Rajan, un écureuil palmiste

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MessageSujet: Adam Blackleaf   Sam 18 Mar 2006 - 20:37

Nom : Blackleaf

Prénom : Adam

Surnom: Le Petit Lutin, Korrigan

Âge : 14 ans

Date de naissance: 26 Septembre

Origine : Irlandais de père et Canadien de mère.

Race : Sorcier

~¤~

Physique : Adam est un garçon de taille moyenne, mais plutôt petit comparé à certains autres camarades de son âge. Il est mince, pour ne pas dire maigre et sa peau satinée est d’une pâleur laiteuse sans pour autant être transparente. Bien qu'il apparaisse comme un adolescent dynamique, voire surexcité, il n'en garde pas moins une santé plutôt fragile non seulement due à sa naissance prématurée, mais aussi à une longue période de dépression nerveuse. De ce fait, il tombe souvent malade, mais il déteste qu'on le lui fasse remarquer et fait tout pour afficher une forme olympique.
L’ensemble de ses traits est fin, presque féminin d’ailleurs et garde encore les délicates rondeurs de l’enfance. Sa pâleur de nordique contraste souvent avec la jolie teinte rosée que peut arborer ses joues sous la gêne ou un effort quelconque.
Son visage est bien dessiné et encadré par une chevelure d'ébène qu'il peine toujours à discipliner. Ses grands yeux doux et pétillants de gaieté sont d’une couleur vert d'eau qui lui donnent un regard étrange et très tendre, si bien que l'on doute qu'il puisse porter une seule once de colère ou d’antipathie quelconque.
Depuis la fermeture de Magileige et durant la courte période de vacances forcées chez sa famille canadienne, Adam a beaucoup changé, mais seulement du point de vue physique: il a énormément grandi, ses traits se sont un peu raffermis mais conservent leur incurable candeur, et son allure d'ensemble additionnée à son style vestimentaire des plus décontractés font qu'il s'éloigne inexorablement de l'image de petit lutin farceur à celle d'un jeune sorcier aux faux airs de dirty-star.
Il porte des vêtements de tout types, ayant une préférence pour les couleurs vives qui font ressortir sa gaieté sempiternelle. Il ne porte qu’un seul bijou, et celui-là, il ne le quittera pour rien au monde puisqu’il l’a hérité de sa mère : il s’agit d’un bracelet d’argent finement ciselé aux mailles ovales, qui est sertie d’une unique et toute petite perle de quartz bleuté translucide.

~¤~

Caractère : Adam est un jeune garçon qui dès le premier abord inspire la sympathie. Toujours souriant, enthousiaste et rayonnant, il sait trouver les mots et les gestes pour arracher des sourires même aux plus renfermés. Il est très porté sur la rigolade et les plaisanteries, est prêt à tous les sacrifices pour obtenir au moins un sourire, mais c'est parfois à ses dépends…car Adam est également très, très naïf, et si manipulable qu'il en devient presque affligeant.
Adam étant enfant unique, et n’ayant jamais reçu beaucoup d’affection de la part de son père tout au long de son enfance, il semble toujours être à la recherche de contact et de douceur, faisant lui-même preuve d’une tendresse câline envers tous ceux qu’il espère être ses amis. Un comportement assez infantile, voire complètement immature, qui le rend cependant aussi adorable qu’un chaton –et il est aussi très collant, c'est un trait de son caractère que beaucoup de gens remarquent et subissent…
Malgré ce caractère insouciant, il lui reste la peur viscérale d'être abandonné, de voir les personnes qu'il aime s'en aller, ou se faner…il déteste profondément ceux qui ne songent qu'au malheur d'autrui, et peut faire preuve d'une rage frappante lorsqu'il perd son sang froid. Dans ce cas-là, il devient une toute autre personne, violente, cynique et même sadique, avant que, comme une corde qui se rompt, il se mette à pleurer à n'en plus finir.

~¤~
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Adam Blackleaf
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MessageSujet: Re: Adam Blackleaf   Sam 18 Mar 2006 - 20:39

Histoire ¤ 1:

30 Mars, Irlande, ville de Galway.

« Mlle. Grace Roy, acceptez-vous de prendre Christopher Blackleaf comme époux, de l’aimer et le chérir, jusqu’à ce que la mort vous sépare ? »
Une demi-seconde de silence plana, puis un « oui », si simple et si complexe à la fois s’éleva dans l’atmosphère de l’église pour sceller le pacte du mariage entre deux âmes amoureuses.
Une rumeur de joie fit frissonner l’assemblée alors que les mariés s’embrassaient pudiquement avant de prendre le chemin inverse sous une pluie de pétales aux couleurs pastel.
La jeune femme rayonnait tout bonnement, elle si délicate et gracieuse dans sa robe blanche et bleue, elle et son sourire d’ange, elle et ses yeux pers.
Le jeune mariée serra tendrement le bras de son mari, dont le visage que tous n’avait connu que terne et renfrogné s’éclairait d’un sourire radieux. Lui, le riche et jeune avocat de la grande famille Blackleaf épousait une simple mais si aimée fleuriste…une étrange union de deux classes sociales différentes, que la famille aristocratique n’avait pas réellement apprécié. Mais personne ne s’y était opposé, alors ils s’étaient mariés pour le meilleur et pour le pire…
« Vive les mariés ! » Scandait le rassemblement sur le parvis de l’église alors que ceux-là grimpaient déjà dans une élégante voiture pour rejoindre la demeure Blackleaf, où le reste des festivités aurait lieu.
A l’intérieur du véhicule, Grâce, après quelques élégants saluts vers l’extérieur, tourna son visage rayonnant vers Christopher, et posa sa main fine et gantée de satin blanc sur celle de son époux :
« Je suis…Je suis si heureuse, chéri… »
L’homme prit un air attendri devant l’adorable franchise de son épouse, et se pencha vers elle pour lui voler un baiser.
« Moi aussi, Grace…Nous seront tous heureux : toi, moi… » Il étira son sourire doucement, puis ajouta en posant sa main sur le ventre de sa femme. « Et notre enfant… »


26 Septembre, Irlande, Urgences de Galway.

Le bruit autour d’elle était assourdissant. On criait de partout, les infirmiers beuglaient qu’on leur apportent des compresses, toujours plus de compresses…La simple éducation qu’elle avait eut ne lui permettait pas de cerner avec précision la gravité de la situation, mais son instinct de mère lui dictait que tout allait mal. Très mal.
Son regard bleu-vert et fiévreux balaya avec égarement la salle d’intervention dans laquelle on l’avait emmené de toute urgence, n’entendant qu’à moitié les recommandations des infirmières qui taponnaient son front couvert de sueur avant d’aller à la rescousse du médecin accoucheur.
Oui, médecin accoucheur.
Elle n’était qu’au septième mois de sa grossesse, mais des complications avaient étrangement enclenché le processus de travail, alors que ce matin même, elle s’occupait de ses rosiers dans le jardin de la maison. Le Destin lui avait préparé un bon lot de surprises, avait-elle pensé sur le coup alors que les domestiques s’évertuaient à la porter jusqu’au salon et appeler l’ambulance…
Où était Christopher, maintenant ? Elle l’avait entraperçu, agité et nerveux alors qu’un des infirmiers le conjurait de rejoindre la salle d’attente avec moult encouragements…
Grace, au cœur serré de peur, porta son regard sur le rassemblement d’hommes et de femmes en blouses blanches qui s’activaient près de la partie inférieure de son corps.
Le bébé devait sortir, disaient-ils dans le brouhaha confus de la pièce, sinon ils perdraient les deux. Elle voyait seulement le médecin accoucheur, concentré et le visage couvert de sueur, alors que les compresses blanches venaient à lui pour ressortir gorgée de sang.
Tout allait mal, à première vue…
Grace, malgré la situation, esquissa un léger sourire en laissant sa tête retomber contre l’oreiller, ses longs cheveux d’un noir soyeux auréolant son visage fin mais blême. Etrangement, elle savait que son fils, son cher fils, vivrait…Elle lui avait choisi depuis longtemps un nom, à ce petit être qui n’avait pas attendu longtemps pour sortir de son ventre.
Adam.
Au moment même où ce prénom s’élevait dans son esprit, une clameur parcourait la petite foule d’infirmiers et de médecins : le bébé était enfin sortit, en avance de deux mois certes, mais assez bien portant.
« Adam » murmura la mère dans le silence qui avait suivit l’apparition de l’enfant, avant que le brouhaha ne reprenne de plus belle et que l’on s’active de tout côté pour placer le bébé en couveuse.


Six ans plus tard, Galway, Maison des Blackleaf

Ce couloir était long. Tellement longs pour ses petits pieds !
Adam cligna de ses yeux vert d'eau et enchaîna quelques courtes enjambées, hésitant, timide. Ce couloir était ceinturé de hauts murs fastueusement décorés, son sol recouvert d’un long et interminable tapis d’un style oriental aux couleurs chaudes. De hautes fenêtres baignaient ce corridor d’une lumière anémique en ce début de printemps, et la journée déjà bien entamée laissait tout de même dans l’air une impression d’aube fraîche.
Le petit garçon d’à peine six ans, au visage angélique encadré de mèches de jais, ne décollait pas son regard de la porte massive qui terminait ce couloir. Encore un peu et il pourrait se hisser sur la pointe des pieds, ouvrir cette porte pour pouvoir embrasser sa mère et lui offrir son petit présent.
C’était là que maman se reposait toute la journée…Papa lui avait toujours dit qu’elle aimait beaucoup dormir, qu’il fallait la laisser se reposer et ne pas trop l’embêter.
Adam, le cœur débordant d’une joie inexprimable, serra contre le cœur le cadeau qu’il avait préparé avec attention pour sa mère : un bouquet d’œillets à la délicate couleur blanche…il savait que c’était les préférées de sa maman ! Il était si fier de les avoir choisies minutieusement, et coupées en gerbe élégante pour remplir de vase de porcelaine sur sa table de chevet.

Une fois arrivé face à la porte, il étendit sa petite main vers la poignée dorée et l’actionna sans un bruit, avant de pousser le battant. Un grand sourire étira ses lèvres alors qu’apparaissait dans son champ de vision le lit tendu de satin blanc où se trouvait presque toujours sa maman.
Elle était là, délicate, si gracieuse…Le drap immaculé recouvrait ses jambes alors qu’elle était adossée à une pile de coussins moelleux. Ses longs cheveux d’une si belle couleur de nuit cascadaient sur ses épaules fines recouvertes de la fine texture soyeuse de sa robe de chambre, tout aussi immaculée que le reste de la pièce.
Grace, jusqu’à l’entrée de son fils avait le visage à l'air altier tourné vers la fenêtre, d’où elle devait sûrement observer les jardins qu’elle aimait tant. Lorsque les petits pas d’Axel se firent entendre sur le plancher de la chambre, elle sortit de sa rêverie pour adresser à son petit garçon un doux sourire.
« Adam… »
Prenant l’énonciation de son nom pour une invitation implicite, le chétif garçon se précipita vers le lit et brandit à bout de bras son bouquet, affichant une adorable mine réjouie et fière. Le visage de sa mère se détendit d’un doux sourire rempli d’amour alors qu’elle prenait délicatement entre ses mains le bouquet pour en humer le parfum.
« Oh, mon petit ange…tu es adorable…
_Dis, mamannnn, fit Adam en grimpant du mieux qu’il pouvait sur le matelas pour venir se lover dans le giron de Grace. Tu voudrais pas venir avec moi au jardin ? Monsieur Pierce a taillé les rosiers blancs, c’est très joli tu sais ! Mais tu peux pas les voir depuis ta fenêtre, non ? Allez, viens ! ajouta-t-il d’un ton implorant en s’agitant sur place. »
La belle femme esquissa un petit sourire tendre en caressant silencieusement la joue de son enfant, avant de secouer négativement la tête :
« Je suis désolée, Adam…je ne peux pas quitter la chambre…
_Mais pourquoi ? répliqua-t-il d’un ton boudeur. Papa dit que c’est parce que tu aimes dormir, mais je te vois toujours réveillée, moi ! é_è »
Me. Blackleaf esquissa un sourire mélancolique et prit serra son fils contre elle, et finit par lui murmurer au creux de l’oreille et lui présentant l’un des œillets du bouquet :
« Tu vois cette fleur, Adam…elle est belle, son parfum est léger et doux…Tu les aimes les œillets, non ?
_Voui, j’aime beaucoup !
_Tu sais également qu’elles ne vivent pas éternellement…Elles finissent par se faner, leurs pétales tombent et son parfum s’évanouit.
_C’est dommage, pourquoi elles sont pas immortelles ?
_C’est comme ça, mon ange…Nous sommes pareils, nous aussi. Un jour, les gens se fanent…
_Comme les fleurs ?!
_Oui…comme les fleurs. »
Grâce déposa un doux baiser sur son front et porta son regard de turquoise sur la coiffeuse qui trônait face à son lit, dont le haut miroir renvoyait l’image de la mère et l’enfant tendrement enlacés et palpant timidement la grande arcane qu’était la Mort…
« Mon chéri, tu peux aller me chercher ma boîte à bijoux ? Là, sur la table… »
Adam hocha aussitôt la tête et se glissa hors du lit pour aller la récupérer. Cette boîte était de forme ovale, matelassé d’une fine couche de coton elle-même recouverte de toile noire ; le couvercle était brodé d’une belle rose d’un rouge profond d’une délicatesse subtile.
Le petit garçon revint auprès de sa mère, portant comme un précieux trésor le petit coffret à bijoux avant de la lui remettre cérémonieusement.
Grâce l’ouvrit après qu’Adam ait retrouvé sa place dans son giron, découvrant diverses parures en métaux précieux. Ses doigts fouillèrent l’amas scintillant, pour en ressortir un délicat bracelet aux mailles d’argent finement ciselées, qui emprisonnaient entre deux d’entre elles une minuscule perle de quartz fumé, translucide et d’une douce couleur bleutée.
Sous les yeux éblouis d’Adam, Grâce lia le bijou autour du fin poignet de l’enfant, qui était retenu de justesse par sa main.
« C’est zoliiii !! s’exclama-t-il avec de grands yeux brillants. C’est pour moi ??
_Oui, tu me promets d’en prendre soin ?
_Voui !
_C’est ma mère qui me l’a offerte quand j’étais petite. Juste avant qu’elle ne se fane…
_Ah ? fit Adam en battant des cils, soudainement peiné. Mais pourquoi tu me… »
Grâce l’interrompit en le serrant contre son cœur dans un léger sanglot. Adam, surpris, ne s’y opposa pas et embrassa sa mère, le cœur étrangement serré sans qu’il ne parvienne à en deviner la cause…Il sentait la détresse de sa maman, et cela le troublait plus que tout.
« Maman …?
_Les fleurs se fanent toutes, Adam…»


Deux mois plus tard, Galway, cimetière.

Les gens en noirs défilaient sous la pluie glacée, certains affichant une mine sombre, d’autre pleurant nerveusement. Ils étaient tous en noir, lui aussi.
Adam regardait les gens défiler, tel un cortège de fantôme peinés devant son père et lui, serrer la main de ce premier, et lui distribuer des baisers humides de larmes.
Son regard pers était vide, triste. Il avait tant pleuré qu’il se sentait aussi sec qu’une feuille morte piétinée par la vie…Il fixait l’ange de marbre blanc dont l’auguste regard mélancolique se posait sur l’inscription qui venait d’être gravée sur le grand panneau marmoréen :
Grace Blackleaf, 1972-1999, Toi notre douce fleur de vie, repose en paix
Maman s’était fanée. Maman était dans la boîte de bois, dans cette petite maison de marbre. Maman était morte, avaient dit le prêtre à l’église, le médecin et les gens en noirs.
Il les entendait parler à voix basse, douloureusement alors qu’il serrait la main de son père, le regard vide, si chétif dans son costume noir et avec ses cheveux plaqués par la pluie. « Pauvre petit, il est si jeune…», « Il paraît qu’elle était atteinte d’un cancer rare et qu’elle a refusé le traitement pour rester avec son pauvre enfant », « Sa mère était une perle…pourquoi elle, mon Dieu ? Elle laisse le pauvre petit orphelin de mère, quelle tristesse…».
Pour tout le monde, il était le « pauvre petit ».
Son père pressa doucement sa main et l’entraînant à sa suite vers la voiture noire qui les reconduirait à la maison.
Sans maman.
Ils partaient sans elle…
Adam se tordit le cou pour regarder en arrière, supplier l’ange de marbre de lui ramener sa mère. Il sentait les larmes lui monter aux yeux de nouveau, puisant dans ses ultimes réserves.
« Maman… »
Le petit orphelin s’arrêta soudainement, et ôta brusquement sa main de celle de son père pour faire un brusque volte-face.
« Adam ! Appela Christopher sans oser le poursuivre. Reviens, voyons ! »
Les gens en noirs qui s’éloignaient eux aussi se retournèrent pour voir le petit garçon courir dans l’allée rendue boueuse par la pluie, hurlant et pleurant comme jamais, appelant sa mère qui plus jamais ne pourrait lui ouvrir ses bras aimants…
« MAMAN ! »
Sa voix était déchirée, brisée…Il ne voulait pas vivre sans sa mère, il préférait se faner lui aussi, rejoindre la maison de marbre gardée par l’ange mélancolique !
« MAMAAAAAAANNNN !! »
Ses poings tapaient la porte du caveau, les gens frappés ne purent retenir des larmes de compassion pour cet enfant qui portait tant et trop de souffrance dans son petit cœur. Son père restait immobile, sombre, inclinant son visage pour fixer ses mains secouées de tremblements nerveux. Entendre cette plainte déchirante aurait fendu le cœur de n’importe qui…
Les serviteurs, les yeux humides, tentaient de raisonner l’enfant déchaîné, le tirant par les bras et essuyant les coups farouches du petit lord.
« MAMAN ! RENDEZ-MOI MA MAMAN !! »
Dans son agitation, il renversa l’un des vases de porcelaine qui encadrait le tombeau : il se fracassa dans un grand bruit sur le sol, répandant les œillets blancs que sa mère aimait tant.
Un lourd silence s’abattit alors dans le cimetière.
Adam fixait les fleurs éparses dans la boue, flagellée par la pluie grondante. Si fragiles.
Les fleurs…
Ses yeux s’écarquillèrent démesurément, alors que les serviteurs ne savaient que faire ou dire face à l’immobilité subite de leur jeune maître qui les inquiétait plus encore que son état de furie.
Les fleurs…
« Maman… »
Ce fut un dernier murmure d’agonie, puis l’enfant s’écroula au pied de la statue, inconscient.
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Adam Blackleaf
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MessageSujet: Re: Adam Blackleaf   Sam 18 Mar 2006 - 20:44

Histoire ¤ 2 :

Trois ans plus tard, Galway, Maison Blackleaf

Au fil du temps, il s’était remit de cette profonde blessure que lui avait laissée la mort de sa mère. Adam avait grandit, et du haut de ses neuf ans, le jeune garçon à la faible constitution malgré sa vitalité certaine, avait retrouvé une semblant joie de vivre grâce à l’attention des domestiques et de son précepteur, Angelo Valerian. Ce dernier avait été engagé d’abord pour le suivre partout où il allait, le conseiller et lui enseigner tout ce qu’un jeune lord devait savoir. Cet Italien était un homme affable, doux comme un agneau avec les enfants et très cultivé. Il était immédiatement devenu l’ami du jeune Blackleaf avec qui il passait le plus clair de son temps, l’éduquant du mieux qu’il pouvait.
Son père s’était fait très distant avec son fils depuis la tragique disparition de son épouse. Il restait toujours enfermé dans son bureau, ou bien sortait pour d’étranges motifs, ne revenant que tard dans la nuit et passablement négligé.
Adam s’inquiétait de la conduite de son père, mais étant timide de nature, il ne parvenait jamais à se rapprocher suffisamment de lui pour lui exprimer le fond de sa pensée. Alors il le suivait juste du regard lorsqu’il quittait la demeure sans un mot, muet, le dardant de son regard pers comme pour tenter de percer ses secrets.

Un jour qu’Adam était assis dans le jardin à feuilleter un libre imagé de botanique, son précepteur vint s’asseoir à ses côtés silencieusement et promena son regard sur les grandes étendues vertes savamment entretenues de la propriété Blackleaf.
« Monsieur Valerian ? demanda timidement l’enfant en refermant son livre.
_Oui ?
_Je peux vous poser une question ?
_Vas-y, je t’écoute Adam…
_Je… » commença-t-il d’un ton indécis, avant de fouiller dans sa poche pour en ressortir une petite carte qu’il tendit à l’Italien. Ce dernier l’examina rapidement et rougit, avant de demander d’une voix grave :
« Où as-tu trouvé ça ?
_Dans…dans le bureau de papa, bredouilla le petit garçon d’un air penaud. Je ne savais pas ce que signifiait le mot… »
Le précepteur lui coupa la parole en imposant une main sur sa bouche, visiblement nerveux. Il empocha la carte et se leva pour parcourir l’allée de gravier, invitant son élève à l’imiter.
Ce dernier trottina derrière lui, étonné, et ne cessait plus de lui poser des questions sur cette fameuse carte que son ami gardait jalousement dans sa poche.
« Ecoute, Adam…tu es encore jeune, ne cherche pas à tout comprendre du monde qui t’entoure, tu en reviendrais blessé.
_Mais je…je…M.Valerian, pourquoi papa il me parle plus ?
_Il a mal, murmura l’homme en plissant ses lèvres, gêné que le petit lui pose une question si délicate.
_Pourquoi ?
_Oh Adam…Il…Tu ressembles tellement à ta mère, ça lui fait mal de te regarder, parce qu’il n’arrive pas à oublier…je pense que c’est ça, ma foi.
_Il n’a pas à oublier maman ! S'emporta le petit lord soudainement. Il doit pas ! Maman…Maman serait triste si on l’oubliait !Elle serait toute seule avec l’Ange Amer ! »
Son précepteur ne comprit pas totalement les paroles du garçon, mais fut peiné de voir à quel point Christopher Blackleaf faisait souffrir son fils en se laissant ainsi sombrer dans le désespoir. Il n’avait pas tout dit à Adam…il avait su à son arrivée que Blackleaf senior pensait son fils responsable de la mort de sa mère, pour l’unique raison que sa maladie s’était développée après sa naissance douloureuse…
Angelo posa une main réconfortante sur l’épaule du garçon, et fit en esquissant un pâle sourire :
« Je sais…Le Temps guérit les blessures, espérons que ton père te reviendra avant…avant qu’il ne soit trop tard. »
Adam le dévisagea, méditant longtemps cette phrase sans en saisir totalement le sens. Trop tard ? Que pourrait-il arriver pour que son père comprenne qu’il s’était éloigné de lui ?
« Monsieur Valerian ?
_Oui…
_ J’ai peur…enfin, j’avais peur…que papa ne m’aime plus du tout.
_Pardon ? S’exclama l’homme, surpris et accablé avant de l’inciter à poursuivre d’un regard perçant.
_Je…je, bredouilla l’enfant en inclinant piteusement la tête. Il me regardait plus, me parlait plus…C’est tellement différent de l’époque où maman était encore là…Je me suis souvent demandé…pourquoi, pourquoi il m’aimait plus.
_Adam…
_…Ce qui me faisait le plus mal, c’est que j’avais beau remuer mes souvenirs, je ne me rappelais pas de la raison pour laquelle il s’est détourné de moi. Je pensais que j’avais fait une bêtise, dit quelque chose de mal…Ne pas savoir me rendait malade, je… »
Adam plissa ses lèvres, incapable de reprendre le fil de son discours sans que sa frêle voix n’en devienne brisée par l’émoi. Une main large se posa sur le sommet de son crâne pour ébouriffer ses cheveux noirs, avant que la voix à l’accent italien d’Angelo ne s’élève :
« Tu penses bien trop pour un gamin de dix ans, ça te fera plus mal que tu ne le penses. »
Le jeune garçon releva la tête vers son précepteur au sourire quelque peu crispé, puis dit d’un ton enjoué une phrase qui marqua à vie son pédagogue:
« Je crois que je vais arrêter de penser alors ^^ J’ai déjà beaucoup trop mal ! »


Deux ans plus tard, Galway, Maison des Blackleaf

« Adam… ? »
Le jeune garçon aux cheveux noirs ouvrit subitement les yeux pour voir la silhouette de son précepteur de découper dans le rectangle lumineux de la porte.
Le dormeur bailla et se frotta les yeux en se demandant s’il ne rêvait pas. Angelo était venu le réveiller à six heures du matin ? Mais dans quel but… ?
« Keskyaaaa…marmonna le gamin en se mettant en position assise sur le rebord de son lit, s’étirant en long et en large et se décrochant la mâchoire à chaque bâillement.
_Monsieur…enfin, ton père, Adam…Tu as reçu une étrange lettre tôt dans la matinée, et il…veut te voir dans son bureau.
_Maintenant ? Questionna Adam une fois sa surprise incrédule passée.
_Oui, maintenant. Il me semble que c’est important, vu…bref, habille-toi vite, mon garçon. »
L’Italien disparut de l’encadrement de la porte, visiblement aussi troublé qu’Adam du comportement soudainement attentif de Blackleaf senior vis à vis de son fils. Depuis de longues années déjà, il ne prêtait plus aucune attention à son fils, s'enfermant souvent dans son bureau ou au contraire multipliant les voyages en Europe et en Amérique. Mais depuis quelques semaines, l’homme s’était barricadé dans sa maison. Il ne sortait plus, et restait des heures dans son bureau sans adresser la parole à qui que ce soit…Alors qu’il sorte enfin de son mutisme pour demander la présence de son fils dans son bureau, à cause d’une seule lettre…cela avait de quoi surprendre, sinon attiser la curiosité.
Adam se leva et gagne rapidement la salle de bain pour s'habiller. Pendant tout ce temps, il avait tenté de combler cette absence en se faisant plein d'amis, en sortant et faisant la fête bien que ce genre de contacts avec les enfants de son âge soit freiné par son éducation privée.

Quelques minutes plus tard, après s’être vêtu convenablement, l’enfant se dirigeait accompagné de son attentionné pédagogue vers le bureau paternel.
Ils s’arrêtèrent devant l’imposante porte ouvragée, tous les deux émus et pleins d’espoirs sur ce qui allait se dérouler à l’intérieur. Mais qu’en savaient-ils après tout ? Ils étaient tous les deux d’incorrigibles rêveurs…
Angelo posa une main encourageante sur l’épaule de son élève, puis frappa de l’autre au panneau de la porte.
« Entre, Adam. Mr Valerian, je vous prie de rester dehors. »
La voix de son père fit frissonner l’enfant, parce que cela faisait très longtemps qu’il ne l’avait pas entendu. Il avait oublié à quel point elle pouvait être douce…
L’enfant jeta un dernier regard à son précepteur avant de pénétrer timidement à l’intérieur du bureau. Son pas, alors qu’il s’approchait était assourdi par le grand tapis oriental qui recouvrait le sol jusqu’à l’imposant bureau de chêne derrière lequel se trouvait son père.
Ce dernier, vêtu intégralement de noir, avait le visage incliné vers la lettre parcheminée qu’il tenait entre ses mains. Adam se prit à l’observer avec de grands yeux tandis que ses lentes enjambées le menaient jusqu’à une chaise où il s’asseyait poliment. Il n’avait pas encore remarqué ce détail, mais son père était encore jeune –à peine plus de trente et un ans- et était d’une beauté assez spéciale : si un quelconque sourire étirait ses lèvres, il n’en n’aurait été que plus séduisant. Or, son visage pâle encadré de cheveux de jais demeurait figé de froideur, et à cet instant d’une certaine anxiété.
Il leva enfin ses yeux noirs et perçants vers son fils et fit d’une voix dépourvue de chaleur :
« Tu as reçu une lettre ce matin.
_O..oui, An…heu, Mr.Valerian me l’a dit.
_Bien, fit abruptement l’homme en rabaissant son regard vers la lettre qui tournait entre ses doigts arachnéens. Je doute que tu en connaisse déjà le contenu, ni la provenance… »
Adam secoua négativement la tête et porta son regard vers ladite missive. Elle était belle et bien parcheminée, d’une vague teinte beige et cachetée à la cire rouge d’un étrange blason qu’il n’identifia pas. Il aperçut également son nom et son adresse écrits à l’encre verte. Etrange lettre…son père l’avait sans doute déjà lue.
« J’ai pris la liberté de l’ouvrir, fit alors l’homme comme pour affirmer sa supposition intérieure. A vrai dire…j’espérais qu’elle ne te serait jamais envoyée, Adam. »
L’enfant battit des cils, restant muet vu que Christopher comptait reprendre la parole :
« C’est assez délicat à expliquer, mais je ne souhaite pas tourner autour du pot. Ta mère… » Il se rengorgea, et parut soudainement très accablé par ses souvenirs. « Ta mère m’avait un jour dit que sa famille possédait des dons pour la magie dont elle n’avait pas hérité, mais qu’il existait une chance pour que toi en soit pourvu…Je ne l’ai jamais vraiment cru, mais là, j’y suis bien obligé. »
L’avocat, aussi sérieux que s’il discourait devant les jurés, fit glisser la lettre vers Axel pour le laisser la prendre et l’observer à sa guise, avant de reprendre :
« Cette lettre vient d’un collège…où tu pratiqueras…enfin, je n’en sais que très peu de choses, mais c’est là que les sorciers sont envoyés à l’âge de onze ans.
_Q…quoi ? Balbutia enfin le garçon en lisant la lettre qui lui expliquait clairement où il devait se rendre pour rejoindre le collège « Magileige », en France. Tu plaisantes ?
_Ai-je l’air de plaisanter ? Fit d’un ton sombre l’homme en plissant ses yeux noirs.
_N…non, admit Adam en inclinant piteusement la tête.
_Cet établissement propose un hébergement durant les vacances, poursuivit-il en tournant son regard vers la fenêtre. Il ne sera donc pas nécessaire que tu reviennes à chaque fois.»
Adam ouvrit de grands yeux en entendant la suite ce cette phrase. Il entrouvrit ses lèvres et parvint à articuler faiblement :
« Je…Je peux y aller, papa ? »
Son père lui parut frémir à cette appellation aux sinistres réminiscences, avant qu’il n’opine presque nerveusement de la tête.
« Si tu le désires, je ne te retiendrai pas. »
Adam étira un grand sourire, heureux à l’idée de pouvoir enfin quitter sa ville natale et voyager…Etait-ce là bas, à Magileige, que ses rêves seraient enfin permis ?
« Merci ! Je vais aller prévenir Mr.Valerian… ! »
L’enfant se leva, tenant fermement dans sa main la lettre du collège de sorcellerie, avant de faire volte-face pour quitter le bureau de son père.
Ce dernier le regarda s’éloigner, le cœur serré d’un étrange sentiment indéfinissable…Lorsque Adam posa la main sur la poignée de la porte, sa voix s’éleva brusquement :
« Adam ! »
Son fils tourna la tête vers lui. Dieu, il ne pouvait toujours pas soutenir son regard de turquoise, si profond, doux et triste aussi…L’avocat déglutit et ouvrit la bouche, avant d’ajouter d’une voix basse et froissée par l’émotion qui étreignait son cœur :
« Est-ce que…tu me pardonneras un jour, Adam… ? »
Le garçon parut surpris et frappé par cette question, et un silence s’abattit dans le bureau alors qu’ils se dévisageaient mutuellement, paraissant aux yeux de chacun emplis d’une peine profonde.
Adam plissa ses lèvres, puis répondit d’une voix basse et douce en détournant légèrement la tête :
« Je ne sais pas…J’espère que quand je reviendrais, je…je pourrais te dire que je ne t’en veux plus.
_Adam…
_Oui ?
_Merci. »
Adam, surpris, leva ses yeux vers son père qui s’était détourné vers la fenêtre pour observer l’extérieur. Il observa le trois-quarts de profil qu’il lui présentait, puis esquissa un pâle sourire avant de sortir sans un bruit de la pièce.
La lumière naissante du soleil avait serti chaque larme perlante aux yeux de son père d’une lueur magnifique…
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Adam Blackleaf
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Âge : 13 ans
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MessageSujet: Re: Adam Blackleaf   Sam 18 Mar 2006 - 20:44

Histoire ¤ 3 :

Deux ans plus tard, France, Magileige

Le Grand Hall de Magileige était incontestablement l'une des plus belles pièces du château. Il fallait bien épater les nouveaux arrivants. Le plafond si lointain était décoré de fresques minutieusement travaillées, ourlée d'or pur et agrémentés de lustres aux cristaux irisés. Le soir, une fois les centaines de bougies allumées et dansant dans le vide, on se croirait dans un palais impérial, auquel il ne manquait plus que la sourde musique de bal, et la rumeur des rires joyeux se mêlant aux parfums suaves d'une vie luxueuse et sempiternelle.
La porte d'entrée était colossale, en bois solide, et sûrement magique aussi, mais pour l'heure elle demeurait close, fière gardienne de l'école de sorcellerie. Le Hall baignait dans la pénombre de la fin d'après-midi, et la faible lumière du soleil filtrée par les vitraux colorés était anémique, n'apportant qu'une chaleur factice que le moindre courant d'air glacé pouvait dissiper.

Un pas lent, presque irrégulier résonnait dans l'atmosphère ensommeillée, semblant se répondre à l'infini entre les murs somptueux du Hall.
Tap...Tap.
Tap.
Une fluette silhouette descendait les escaliers, d'une démarche hagarde, incertaine. Elle s'arrêtait un temps sur une marche, comme épuisée, avant d'en descendre une autre, puis une autre, et de s'arrêter de nouveau, prise d'un vertige dangereux.
Il s'agissait d'un garçon. Un jeune apprenti-sorcier, âgé d'une douzaine d'années et d'une relative petite taille. Il était vêtu d'un ample pantalon kaki et d'un sweat noir délavé dont le col baillait sur sa clavicule nue.
Son teint était blanc à faire peur, souligné par la noirceur d'ébène de ses cheveux en bataille qui encadraient son visage poupin marqué par une fatigue et un accablement aisément perceptible. Ses larges yeux abaissés sous ses longs cils, semblaient avoir perdu leur ancien éclat d'émeraude, n'étant plus que les deux miroirs flous d'une âme brisée. Chose surprenante pour un enfant de son âge, deux cernes sombres se creusaient sous ses yeux fixant le vide.
Ses lèvres pâles et sèches étaient entrouvertes dans une respiration lente et difficile, presque sifflante.
Ah, il n'était pas beau à voir, le Blackleaf. C'était à se demander où avait bien pu passer le Lutin Farceur de Magileige, l'intenable Irlandais qui passait son temps à rire et manger des sucettes en cœur parfumées à la cerise, toujours accroché aux épaules de sa Grande-Soeur...
Tout ça s'était envolé, brisé, noyé, enterré, tout ce que l'on voulait. Cet Adam là était mort dans la neige du parc, dans le sang qu'avait versé Kim, dans les larmes que lui-même avait versé. L'Autre, le violent, le mauvais, il avait été étranglé par des hurlements d'animal à l'agonie, par des pleurs sans fin.
Mais qui restait-il alors?
Personne.
Il n'y avait plus personne au fond de ces yeux verts, comme les fenêtres tristes d'une maison que l'on avait abandonnée et laissée se détruire progressivement.

Le Wolvirtus venait tout juste d'atteindre le bas des escaliers qu'une violente quinte de toux ébranla son corps frêle. Les mains jointes devant sa bouche, il toussa pendant quelques instants, avant de se laisser tomber assis sur l'avant-dernière marche de marbre. Noyé dans un amas de vêtements trop grands pour lui, Adam noua ses bras autour de ses genoux, avant d'y enfouir son visage blafard.
Il était malade. C'était comme ça depuis près d'une semaine maintenant, depuis que c'était arrivé. Les deux premiers jours, il était resté dans son lit, pris d'une fièvre effrayante. Il n'avait pas prononcé un mot. L'infirmière était passé, elle l'avait soigné, mais il avait vite fait de rechuter, et cette fois-ci il tentait de le cacher, bien qu'au fil des jours son mal deviennent plus que visible.
Il sautait de nombreux repas, il ne dormaient qu'une ou deux heures par nuit. Personne ne lui parlait, parce que "ce qui s'était passé au parc" avait bizarrement fait tout le tour du collège, avec ajouts de détails étranges et occultations de faits importants.

Nouvelle toux. Adam regarda placidement sa main, tachetée à trois endroits d'un peu de rouge dilué. C'était nouveau, ça.
Mais il ne se souciait plus de sa santé. Il ne se souciait plus de rien, en fait. Pour quoi faire, hm? Kim le détestait, Paige ne voudrait certainement plus le revoir, et les autres...ah, au diable les autres. Même Hell, son chat, semblait l'avoir repoussé, puisqu'il demeurait introuvable depuis quatre jours.
Il était tout seul. C'était bien fait pour lui, d'ailleurs. Il ne méritait plus que ça.
Il avait tout gâché. Cette merveilleuse nouvelle vie que Magileige lui avait offerte. L'amitié de Kim, Paige, Melinda, tous les autres…sacrifiés sur l'autel d'une rage incontrôlée. Une haine comme il n'en avait jamais connu avant pour quelqu'un. Envers un démon au visage d'ange, Kalhan Myazaki. Un frisson parcourut douloureusement ses entrailles. Dieu savait qu'il serait à jamais honteux de ce qu'il avait fait! Si cela avait été possible, il aurait tout effacé, tout recommencé pour que son joli monde de sucre et de magie ne s'effondre pas. Mais c'était trop tard.
Bien trop tard.
L'Irlandais cala son dos contre l'un des piliers de la rampe, et contempla de son regard vaporeux, sans jamais vraiment le voir, le Hall somptueux du château. Puis il les referma, exténué. Une brève toux lui secoua les épaules, mais il n'eut pas la force suffisante pour porter sa main à sa bouche. Un goût amer envahit sa gorge. Il déglutit.
Foutu sang.


Quelques mois plus tard, Kenora, Canada, Maison des Roy

Le ciel ressemblait à une véritable palette de peintre au crépuscule: le rouge, l'or, le noir, le rose, le blanc, le bleu sombre et clair...ces couleurs pourtant si différentes se mariaient avec harmonie alors que l'astre diurne s'abîmait à l'ouest. Le soleil allait bientôt disparaître derrière les reliefs de la terre, laissant la nuit régner sur le monde, et avec elle la pleine Lune et son cortège d'étoiles...
Le vent nocturne soufflait modérément, faisant bruisser les arbres du bosquet entourant la modeste propriété des Roy. Ce râle angoissant donnait une sorte de vie à ces bois, plus encore lorsqu'on savait quel genre de créatures pouvaient bien y jaillir une fois que le soleil aurait bel et bien disparu...

Adam esquissa un léger sourire amer. Oh non, il doutait d'avoir la chance d'apercevoir au détour d'un bouquet d'arbre la silhouette d'un loup-garou ou d'une licorne. Il était bien loin du monde magique de Magileige, hélas.
L'Ecole de sorcellerie avait fermé ses portes, faute d'effectifs et ayant accumulé des problèmes d'argent. Cependant, les directrices les avaient informés de leur transfert dans une autre école, bien plus éloignée géographiquement qu'il ne l'aurait imaginé…en Amérique du Sud. Il y avait de quoi rire, vraiment.
Juché sur la fourche d'un arbre, une jambe pendant dans le vide et les mains croisées derrière sa nuque, le jeune Irlandais regardait le soleil se coucher tout en laissant ses pensées aller et venir tranquillement, comme le feraient des vagues tranquilles sur un rivage.
Cependant, ce fut un petit couinement qui le tira de sa cogitation. Il leva ses yeux pers vers une branche qui le surplombait, et aperçut Rajan en train de s'escrimer à descendre le tronc tête la première sans glisser.
"Tu vas tomber." Prévint le brun avec un sourire.
Sitôt dit, sitôt fait. Un petit poids heurta la tête d'Adam qui laissa échapper un léger rire, avant de tendre la paume de sa main. Un petit écureuil s'y glissa d'un bond vif et entreprit de lisser son pelage secoué par sa dégringolade.
Rajan était un cadeau. Le seul cadeau que lui avait fait son père depuis très, très longtemps. Il le lui avait fait parvenir après un voyage au Sri Lanka où ces petites bêtes gambadaient dans les palmiers à longueur de journée. Un doigt vint chatouiller doucement la gorge de l'écureuil, qui émit ses petits sifflements de rongeur en dardant ses yeux noirs et humides vers son maître.

"Adaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaam!"
La douce voix de sa grande-tante Lara vint caresser ses oreilles, manquant de peu de le faire dégringoler lui aussi de son perchoir.
Fermement agrippé à sa branche, et Rajan ayant vivement bondit de ses mains à son épaule, le jeune garçon tourna son regard en contre-bas, où une femme entre deux âges, au visage rond encadré de longues boucles grisonnantes se campait poings aux hanches en affichant une mine qui se voulait sévère.
"Qu'est-ce qu'y'a Tantinette…? Geignit l'adolescent en se redressant avec précaution.
_Ne restes pas au-dehors alors qu'il commence à faire froid, bougre d'âne! Grommela ladite Tantinette. Tu veux encore tomber malade, c'est ça? N'oublie pas tu prends l'avion après-demain pour le Mexique…
_C'est pas au Mexique, Tantine! C'est en Amazonie!"
Néanmoins, l'Irlandais descendit de son arbre d'un saut léger, atterrissant avec souplesse au sol, juste en face de sa grande-tante. Le pauvre écureuil, lui, pendait par les griffes à la veste de son propriétaire, légèrement secoué.
"Qu'importe, fit Lara Roy en agitant une main. Allez, file à la maison, maintenant!"
Se mettant au garde-à-vous, le jeune garçon s'éloigna en gambadant de son perchoir préféré pour dévaler un talus en pente douce qui menait vers la maison des Roy. Celle-ci était grande, à l'architecture vieillotte et agréable, et abritait la plupart des membres de sa famille du côté maternel, certains sorciers, d'autres crakmols, comme l'avait été sa mère et comme l'était sa grande-tante. Il croisa d'ailleurs son cousin Darren, de trois ans son aîné, occupé à tailler ses précieux rosiers magiques qui épousaient les murs de la demeure, puis dans le vestibule son grand-père qui lui ébouriffa tendrement les cheveux avant de lui répéter mot pour mot les injonctions de sa chère sœur.
Adam, le sourire aux lèvres, grimpa les escaliers qui menaient aux chambres et alla s'enfermer dans la sienne. Rien ne lui avait fait plus plaisir que de retrouver cette famille qui lui était restée inconnue de longues années. Les Roy lui offraient beaucoup d'affection, plus encore s'ils avaient en commun la connaissance du monde magique.
Le brun contempla l'imposante valise qui occupait son lit. Après-demain, il serait dans un pays totalement inconnu, dans une Ecole de Sorcellerie dont il ignorait encore bien des choses.
Quelques pas plus tard, il se laissait tomber lourdement sur mon matelas, juste à côté de la malle qui émit un vague grincement de protestation. Rajan quitta l'épaule de son maître d'un bond rapide, outré d'une telle indifférence envers sa délicatesse, et alla trouver refuge sur l'oreiller, où il se roula en boule pour entamer une sieste.
Adam regarda en souriant son rongeur, avant de poser son regard sur la valise ouverte. Il étendit la main pour saisir un mince étui de cuir noir qu'il ouvrit avec précaution, pour en observer le contenu: sa baguette magique. Bientôt il pourrait enfin s'en resservir…la magie lui avait tellement manqué ces derniers temps. Il caressa du bout des doigts la mince baguette en bois d'aulne blanc, longue de 26 cm et contenant un cheveu de Korrigan.
Telle que l'avait été Magileige, Héméra serait peut-être le théâtre d'un nouveau départ. Oui, il avait encore une chance de regagner ce qu'il avait perdu…
Il tourna son regard vers la fenêtre, d'où il apercevait le magnifique ciel crépusculaire. Après-demain, il reverrait peut-être Kim…
Mais accepterai-t-elle de lui pardonner?
Son cœur se serra, alors que sa phrase, restée ancrée comme une blessure dans son âme, venait marteler ses tympans dans le silence de sa chambre.
"Jamais... jamais... je ne pourrai... te haïr...Ni te pardonner..."
Un soupir. Il préférait espérer une rédemption, et il s'accrochait à cette confiance comme un naufragé à une bouée…
S'il avait survécu –en ce cas présent ce n'était pas un mot exagéré, loin de là-, s'il avait pu tenir le coup, ne serait-ce qu'être rattaché à la vie à un fil.
La Mort ne voulait pas lui, soit. Il irait encore narguer la Vie, cette Vie si cruelle qui ne pardonnait jamais aux rêveurs.
Un vague sourire naquit sur ses lèvres.
Il resterait un rêveur impie…
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