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 Matteo Valentine [Professeur des Potions]

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Matt Valentine
Professeur de Potions
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Nombre de messages : 29
Race : Tigre-garou
Âge : 28 ans
Origine(s) : Eden! ^-^

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MessageSujet: Matteo Valentine [Professeur des Potions]   Mer 22 Mar 2006 - 9:43

Nom : Valentine

Prénom : Matteo (généralement appelé Matt)

Âge : 28 ans

Origine : Italo-américaine (natif de Sicile)

Race : Tigre-garou

*¤*¤*


Physique :
Grand, svelte et parfois considéré par la gente féminine comme beau, Matt est un jeune homme assez banal, à son avis. Ses cheveux sont blonds cendrés et souples, coupés court, et ses yeux ont une couleur améthyste, teinte peu banale et très douce qui les rendrait envoûtant si on ne lisait pas constamment dans son regard « lâche-moi, t’es lourds ».
Son visage bien qu'agréablement dessiné est éternellement maussade, alors que son teint assez pâle et sa musculature peu développée laisse penser qu’il est très peu sportif. Malgré cette apparence, Matt est un homme assez porté sur la bagarre, pratiquant allègrement des sports de combat divers et variés. Cette vitalité est cependant freinée par son fort penchant pour le tabac et la manie qu'il a de se noyer dans des verres d’alcool –par contre, on le trouvera rarement saoul, c’est une vrai distillerie!
Il s’habille en général de noir mais ne dédaigne aucun style vestimentaire en particulier, arborant la plupart du temps des vêtements confortables sans être négligés.
Lors de ses transformations, il revêt une apparence très précise: son squelette général reste celui d'un homme (à l'exception de l'appendice caudal rallongé), mais sa masse musculaire se développe sensiblement, sa peau se retrouve couverte d'une rase fourrure mordorée parcourue de rainures sombres. Son visage reste imberbe mais de fines marques noires viennent se dessiner autour de ses yeux, sur son front et ses pommettes; ses canines s'allongent mais ses yeux conversent leur couleur naturelle, ce qui permet de le reconnaître. Si cette transformation est moins douloureuse que celle des lycanthropes, ils ont bien moins de facilité à se contrôler que la moyenne des garous, d'où l'extrême nécessité de se cloîtrer lors des nuits de pleines-lunes. Les tigres-garous sont tous allergiques à l'or, et les Valentine ne font pas exception à la règle: Matt ne porte jamais que des ornements en argent et évite au possible les endroits fastueusement décorés de ce métal précieux.

*¤*¤*


Caractère :
Matt est un homme plutôt sombre, difficile à cerner. En général impassible, froid et distant, il peut se montrer agressif voir violent si on le provoque mais fait tout pour garder son sang froid. Assez cynique dans sa manière de parler et d'agir, mais sachant apprécier les gens à leur juste valeur, il veut mettre de côté tous ses sentiments pour se consacrer entièrement à l'enseignement, même s’il lui arrive parfois de se montrer assez lubrique pour draguer femmes et hommes par jeu et par intimidation.
Son côté félin influence grandement son caractère, et ce depuis son adolescence: sujet à l'emportement, irascible mais en même temps paresseux et gros dormeur, on lui remarque assez facilement une allure et un comportement proche de celui d'un tigre bourru et solitaire lâché en plein zoo.
Comme enseignant, Matteo fait partie des professeurs sadiques et impitoyables qui ne saisissent pas la définition du mot "patience". Il est sec, impartial et sévère, et il est peu prudent pour les élèves de le provoquer ou de contester ses exigences…
S'il apparaît toujours comme revêche, voire grincheux, c'est qu'il n'aime pas s'attacher aux gens de peur de leur faire du mal. Il a perdu sa famille à l'âge de seize ans, et depuis a eu l'habitude de vivre seul, ses rares tentatives pour se rapprocher des humains s'étant soldées par d'effroyables échecs qui sont restés marqués au fer rouge dans son cœur –mais il est fortement déconseillé d'éprouver une once de pitié pour lui, il déteste ça.
Pour Eden, il se conduit avec lui comme avec n’importe quel autre enfant. Il ne fait pas très attention à lui en apparence, le laisse faire ce qu’il veut et ne se sent pas très concerné par sa vie. En fait, il tient réellement à cet enfant dont il se sent responsable, et s’il le fallait, il serait prêt à tuer pour le protéger.

*¤*¤*


Qualités : intelligent, intuitif, protecteur vis-à-vis d'Eden, impartial, (trop) franc, séducteur.

Défauts : arrogant, cynique, égocentrique, acariâtre, irascible, avare, hypocrite, impulsif, jaloux, solitaire, sinistre, vicieux, débauché. En somme: insupportable.

Poste dans l'École : Professeur des Potions.

Amours/Ami(e)s : Personne ne le supporte en général, donc il reste un célibataire et solitaire endurci, la seule personne admise dans son entourage proche étant Eden.

Signes Particuliers : Accro à l'alcool et au tabac. Méprise les femmes.

Animal de Compagnie : Eden…(nan je plaisante, pas tapeeeer!)

*¤*¤*


Dernière édition par le Mer 22 Mar 2006 - 12:41, édité 1 fois
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Matt Valentine
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MessageSujet: Re: Matteo Valentine [Professeur des Potions]   Mer 22 Mar 2006 - 9:48

*¤*¤*


Histoire ~ 1

5 Juin 1993, Palerme, Sicile.

Les flammes grimpaient vers le ciel, comme si elles cherchaient à le pourfendre de leurs dagues rouges et dansantes. Tout brillait, tout se consumait inexorablement, tout ce qu'il avait connu était dévoré par cet incendie, si beau et macabre spectacle auquel il assistait, impuissant. Il avait essayé de ne pas écouter ces cris. Si glaçant, si terrifiants. Le silence que les avait précédés était bien pire, parce que cela signifiait bien que ses parents étaient morts, prisonnier de cette géhenne de feu.
Couché dans l'herbe, les mains attachés dans son dos, le jeune Matteo Valentine contemplait muettement sa vie passée partir en fumée. Ses yeux parme étaient grands ouverts, mais il ne pleurait pas. Sa douleur ne pouvait s'exprimer que par quelques gouttes d'eau dévalant ses joues, non. Il se sentait comme un funambule vacillant sur une corde au-dessus du gouffre béant de la folie.
Sa mère, son père, son unique famille. Pourquoi n'était-il pas avec eux, à danser tel un pantin dans les flammes, sa chair se calcinant alors que la vie partait lentement, bien trop lentement de ce corps consumé par la douleur? Pourquoi était-il vivant, lui?
Une main gantée empoigna sans douceur aucune ses longs cheveux blonds, l'obligeant à tendre le cou dans un gémissement. Une femme le fixait attentivement, un genou posé à terre. Elle était belle, si l'on pouvait s'attarder sur ce détail à un moment pareil, son visage ferme éclairé d'un large sourire suave était encadré d'épaisses boucles auburn.
"Alors, alors…voici donc le petit Valentine? Matteo, c'est bien ça?"
Aucune réponse ne vint, et de toute façon la femme n'en attendait pas. Bien sûr qu'elle savait qui il était, et même très bien. Elle s'était renseignée sur chaque membre de cette famille d'importants sorciers, pour mieux les détruire.
"Comment trouves-tu? C'est l'œuvre d'une Salamandre, elle est assez douée, n'est-ce pas?"
Son rire cristallin martela douloureusement les oreilles de l'adolescent. La femme libéra sa chevelure sèchement avant d'ajouter d'un ton mielleux:
"La lune va bientôt se lever…es-tu prêt à mourir, mon joli…?"

Rouge. Quelle couleur ignoble…il la détestait.
C'était la couleur du sang, du feu.
Du feu qui avait tué sa famille, du sang qui coulait à cet instant même de son propre corps. Cette femme…non, ce n'était plus exactement une femme, mais une tigresse... Il voyait comme à travers un voile de plus en plus opaque cette créature hybride l'égorger avec une lenteur et une minutie abominables.
Puis il entendit des cris. La tigresse fut comme projetée au loin, et il entendit son pas précipité. Les voix masculines se rapprochèrent, un cri de surprise et d'horreur lui lacéra le cerveau. C'est vrai qu'il ne devait pas être beau à voir, avec sa gorge à moitié dévorée et son sang répandu dans une mare d'un bon mètre de rayon.
Pourtant, il était encore envie. Et c'était bien la dernière qu'il avait souhaité cette nuit-là.


25 Juin 1993, Palerme, Sicile.

"Le jeune Matteo Valentine est un excellent élément de notre établissement. Son père était un ambassadeur des Etats-Unis respecté et important, et sa mère une brillante Maîtresse des Potions, dont il a d'ailleurs hérité des talents. Oui, oui, il est promis à un brillant avenir, cependant…"
Le Directeur de l'Ecole de Sorcellerie de Palerme leva son visage rond de sa feuille de note pour contempler l'avocat à mine grave assis en face de lui, puis le jeune blond dont il venait de faire un éloge modéré. Ce dernier avait la gorge couverte de bandages et ses cheveux avait été coupés courts, mais c'était surtout son expression qui faisait peur à voir. Il n'était déjà pas à l'origine un enfant très ouvert et souriant, mais depuis la mort de ses parents, c'était pire encore. Il avait l'air d'un prédateur prêt à mordre. Et ce n'était exagéré, car des rumeurs rapportaient qu'il avait été de nombreuses fois à deux doigts d'agresser les infirmiers qui s'occupaient de lui à l'Hôpital Magique.
L'homme se rengorgea nerveusement, et ajouta d'un ton prudent:
"Cependant…nous ne pouvons prendre le risque que son…sa…particularité nouvelle ne vienne troubler le bon ordre de notre illustre établissement. De plus, plus aucune famille ne pourra assurer ses frais de scolarité, et je doute d'une bourse puisse…
_Dois-je comprendre, intervint d'une voix lente et grave le blond, que je ne suis plus le bienvenu ici?
_C…C'est exact. Ne m'en tenez pas rigueur, vous aurez certainement votre chance dans d'autres établissements, peut-être aux Etats-Unis…"
Matteo esquissa un sourire parfaitement hypocrite, et le remercia d'un ton mielleux avant de prendre congé. Ainsi, on le jetait dehors parce qu'il était devenu un garou?
La rage bouillonnait en lui, ses nerfs étaient tendus comme autant de cordes sur le point de se rompre. Qu'allait-il faire maintenant? Il n'avait que seize ans, et même s'il lui restait un héritage (dont une majeure partie avait brûlé en même temps que sa famille) il était très embêté sur le plan scolaire. Si aucune école de souhaitait de lui, qu'allait-il faire?
Après son renvoi de l'Ecole de Sorcellerie, Matteo resta en Sicile et du apprendre par lui-même, en autodidacte, les méandres de la matière qu'il avait souhaité enseigner une fois adulte: les potions.

24 Décembre 1995, Palerme, Sicile.

Matt referma son livre épais dans un claquement sec, et se leva dans un grondement las de son bureau. Un coup d'œil par la fenêtre lui indiqua que le soleil se couchait déjà. Il entendait la rumeur joyeuse des festivités qui accompagnaient inlassablement le réveillon. En comparaison avec la moindre ruelle de Palerme, sa maison était un monastère perdu au fin fond de la Grèce. Il n'assistait pas aux réjouissances collectives, d'abord parce qu'il détestait ça, et de deux…
Ce soir, ce serait la pleine lune…
Etirant ses bras au-dessus de la tête, le jeune homme d'une vingtaine d'année se dirigea vers la cuisine de sa petite maison, glana un cachet d'aspirine qu'il avala dans un trait d'eau. Nouveau soupir. Il détestait ces nuits, parce qu'il détestait en général perdre le contrôle de lui-même.
Ses pas lents et comme entrés dans un traintrain fatiguant le menèrent jusqu'à la porte de la cave, que l'on avait visiblement pris soin de renforcer. Il la referma derrière lui, et enclencha la petite dizaine de verrous magiques ornés d'un petit cercle d'or qui le tiendrait éloigné en cas de besoin. Il descendit d'un pas pesant l'escalier dans l'obscurité la plus totale, et lorsque ses pieds rencontrèrent la surface bétonnée et plane du sol de la cave, il jeta un bref regard au soupirail défendu de barreaux solides eux-même recouverts de fines bandes d'or feuilleté, par où pénètreraient bientôt les rayons de cette maudite lune.
Avec une lenteur lasse et monotone, il commença à se dévêtir, jetant négligemment ses vêtements sur une table branlante.
Enième soupir. Ce "rite" malsain allait perdurer jusqu'à sa mort. Cette douleur, bien plus morale que physique, allait continuer de le ronger de l'intérieur.
Un sourire amer et sinistre étira ses lèvres, alors qu'un rayon argenté s'infiltrait silencieusement par le soupirail.
A l'extérieur, les gens riaient et s'offraient des cadeaux sous les lumières vives et colorées de Noël, dansaient et chantaient des airs traditionnels en célébrant cette fête populaire attendue de tous avec impatience…

20 Août 1997, Palerme, Sicile.

"Matteo, comment peux-tu être si insensible à ce que je ressens en ce moment?"
Une volute de fumée blanchâtre s'éleva paresseusement dans l'air. Les lèvres incolores du Sicilien étaient entrouvertes, jouant machinalement avec la cigarette qu'il venait de coincer entre elles.
Ses yeux améthyste adressèrent un regard froid, presque mauvais, sur la belle jeune femme assise en face de lui. Ce petit café de Palerme avait tout du coin favori des amoureux: calme, avec des pergolas ployant presque sous le poids des fleurs de bougainvilliers, vue sur la mer, et même un petit orchestre campé à l'ombre de la terrasse.
"Matt!"
Elle s'appelait Carina, si ses souvenirs étaient bons. Une jolie fille, de petite taille, si mince qu'elle en devenait dure au toucher, aux longs cheveux blonds parsemés de mèches abominablement roses, et dont les immenses yeux bleus ourlés de mascara lui lançaient un regard frustré. Et elle était originaire de Corse.
"Tu m'écoutes?
_Oui…soupira le Sicilien d'un air grognon en tirant sur sa cigarette pour contenir son envie pressante de partir en courant de ce café immonde.
_Notre relation dure depuis quelques temps déjà, et j'aimerai être sûre de tes sentiments dans ce détour qui se révèlera décisif pour…"
Matt abaissa ses paupières en la laissant babiller tranquillement, lui exposant par des contours et détours exaspérant pourquoi elle voulait le quitter après une "relation" de deux mois. Parce qu'il avait eut le malheur de lui apprendre qu'il était un tigre-garou. Cette magicienne d'une famille aisée -et furieusement louche côté activités parallèles- ne pouvait bien entendu pas se permettre de mettre sa précieuse petite vie en danger à cause d'un rital de tigre-garou, et fauché de surcroît…
Le blond poussa un soupir, planta son regard dur dans celui de la jeune femme avant de la couper dans son très, très long discours, qu'elle avait d'ailleurs du préparer d'avance:
"Carina…
_Carina? Mais…je m'appelle Adelina!
_Peu importe. Ecoute-moi deux secondes, t'es gentille: primo, j'ai compris que t'en avais marre de moi, d'accord? Secundo, je suis sincèrement ravi de ne plus subir avoir à subir tes bavardages et tes horribles mèches roses."
Adelina afficha une expression indignée, vira au rouge pivoine avant de cracher d'un ton bien moins mignard qu'auparavant:
"Ah oui? Et bien laisse-moi te dire, le rital, que moi aussi j'en avais plus qu'assez de ta brutalité! Ah! D'ailleurs ça me paraît logique maintenant: tu n'es qu'un animal! Tu mériterais qu'on te jète dans un zoo plutôt que de te laisser en liberté!"
Son beau visage était complètement déformé par un rictus de hargne pure. Elle se leva prestement, manquant de justesse de renverser sa chaise, et s'éloigna aussi rapidement que lui permettaient ses talons aiguilles.
Matt la regarda s'en aller avec un petit et abject sourire, et écrasa sa cigarette dans un cendrier.
Il ne la reverrait jamais, Adelina. Comme toutes les autres. Et c'était tant mieux pour elles, tant pis pour lui. Il avait finit par s'habituer et apprécier la solitude qu'imposait sa "race". Les femmes étaient trop fragiles pour supporter ses instincts de félin, elle ne pouvait jamais endurer bien longtemps sa rudesse, son caractère acariâtre et finissaient toujours par s'en aller. Qui sait, peut-être finirait-il par jeter son dévolu sur les hommes. Mais cette heure n'était pas encore venue, de toute évidence.
Matt vida d'un trait son verre d'amaretto, puis se leva à son tour.
Quelques minutes plus tard, il marchait distraitement sur une promenade au bord de la mer. Il regarda les vagues s'écrasant sur le rivage, et laissa le vent chargé d'embruns glisser ses doigts dans ses cheveux blonds et consteller son visage de minuscules gouttes d'eau salée.
C'était la dernière fois qu'il profitait des beaux paysages de son île natale, aussi se permit-il un fantomatique sourire. Chi vôli Ddiu, Sicilia.


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Matt Valentine
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MessageSujet: Re: Matteo Valentine [Professeur des Potions]   Mer 22 Mar 2006 - 9:49

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Histoire ~ 2

18 Octobre 1999, Copenhague, Danemark.

Son regard nerveux demeurait planté sur le ciel nocturne qu'il pouvait apercevoir au-delà de la vitre. La nuit allait bientôt tomber, mais bon sang, qu'est-ce que ce chauffeur foutait?! Il n'arriverait jamais à temps chez lui avec ces embouteillages!
Matt pianota énergiquement sur son genou, et arracha avec difficulté ses yeux parme du ciel crépusculaire pour les planter lourdement sur le rétroviseur, avant de lâcher d'une voix tendue à l'extrême:
"Je suis…très…pressé."
Le chauffeur du taxi haussa les épaules d'un air indifférent, sa voiture n'avançant pas d'un pouce dans la monstrueuse file geignante qui s'étirait sur la route. Matt ferma ses yeux pour tenter de se calmer, en vain. Dans son appartement, il y avait des chaînes solides, ses sorties étaient protégées par des sorts puissants et même par des fibres d'or. Mais là, en pleine ville, dans une banale voiture moldue coincée dans les embouteillages, rien, absolument rien ne pourrait entraver la créature qu'il était.
Le Sicilien sentait la colère monter en lui. Oh et pourquoi ne pas faire un massacre, hein? En commençant par cet imbécile de taximan qui ne voulait même pas l'écouter. Savait-il seulement que c'était pour sauver sa misérable vie qu'il était si pressé de rentrer chez lui? Non bien sûr, tout le monde s'en fout des intentions du rital, de l'étranger perdu dans ce foutu pays nordique appelé Danemark où le soleil ne parvenait jamais à le réchauffer.
Ne pouvant plus supporter d'être enfermé dans cette voiture désespérément immobile, Matt ouvrit brutalement la portière et s'élança à travers la rue sans prêter attention aux appels du chauffeur.
Il ne se rappelait pas avoir courut aussi vite. Mais cette soudaine vélocité n'allait pas suffire pour qu'il regagne à temps son logement…le ciel était déjà bleu sombre, et les étoiles s'y allumaient progressivement comme autant de timides flammes de bougies lointaines.
Alors qu'il bifurquait dans une rue plus large, son regard s'arrêta sur une inscription placée au-dessus d'un portail en fer forgé. Un parc. Il s'arrêta subitement, et jeta un rapide coup d'œil au plan coloré qui indiquait les différents endroits de ce fameux lieu de détente. Il était grand.
Sans réfléchir plus longtemps, Matteo grimpa avec une agilité surprenante le portail, se laissa retomber souplement de l'autre côté avant de s'élancer vers l'épais bosquet d'arbres du parc.
Il espérait seulement que cela suffirait…


Son réveil fut ponctué par un effroyable mal de crâne. Jusque là, rien de nouveau. Mais au lieu de sentir sous lui l'herbe tendre d'un jardin public, ce n'était autre qu'un plancher qui malmenait actuellement ses côtes et son cou.
Son cerveau émergea très lentement de son bouillon intérieur, et il cligna plusieurs fois des yeux. Tout ce qu'il pouvait voir, du côté droit, c'était un parquet qui se déroulait jusqu'à un mur couvert d'un joli papier peint, et un guéridon en bois où reposaient des cadres à photos et une lampe ouvragée.
Il n'était pas chez lui, c'était sûr.
Il continua sa fastidieuse et lente analyse. Il était nu et perclus d'effroyables courbatures, mais ce n'était pas étonnant non plus.
Il déglutit avec difficulté, et une salive au goût très amer se répandit dans sa gorge. Froncement de sourcils. Ce goût…
Avec une lenteur d'escargot écrasé, Matt fit glisser une main jusqu'à son visage, se toucha les lèvres et sentit un liquide gluant imprégner ses doigts. Il porta la main dans son champ de vision.
Du rouge.
Si détestable couleur…
Un courant glacé parcourut ses entrailles, et pour la première fois depuis longtemps, il ressentit une terreur sans nom. Parce qu'il savait que ce n'était pas son sang. Mais celui de quelqu'un d'autre.
Il se hissa sur ses coudes avec précaution, la tête inclinée vers le bas. Sous son torse s'étalait une flaque de sang presque coagulée, à l'insupportable odeur de mort.
Il tourna lentement son regard sur le côté gauche. S'il avait eut plus de force, il aurait hurlé, il se serait écarté d'un bond et pourquoi pas, il aurait pleuré.
Il était bel et bien dans un petit salon tranquille de maison de banlieue. Le mobilier était simple et chaleureux, de nombreuses photos ornaient les murs. Une fenêtre avait été brisée, et une brise glacée d'insinuait dans la pièce en portant la rumeur naissance d'activité urbaine. Il pouvait apercevoir la cime des arbres du parc, qui ne devait être éloigné de cette maison que d'une ruelle. Et puis…
Trois corps. Trois cadavres. Trois vies arrachées par les crocs d'un monstre.
Un homme, dont la dépouille gisait sur le ventre, les bras en croix, et non loin c'était celui de son épouse, une belle femme aux longs cheveux blonds. Son regard bleu vitreux semblait le fixer, et ses lèvres entrouvertes modulaient muettement une plainte d'horreur qui s'était tue depuis longtemps déjà.
Le souffle court et douloureux, Matteo posa son regard sur le troisième corps et ne parvint qu'à pousser un vague gémissement plaintif et inarticulé. A cet instant précis, s'il était croyant, il aurait supplié mille fois son dieu avant d'oser formuler, même mentalement, ce constat terrible.
C'était un enfant.
Ses jolis cheveux blonds –comme ceux de sa mère…- auréolaient son visage blême aux yeux clos. Il semblait dormir… .
Son visage était angélique, mais à peine un centimètre plus bas que son menton, une sanguinolente entaille transformait cette beauté d'enfant en laideur macabre.
"Non…"
Sa voix était rouillée, comme s'il avait passé la nuit à hurler. Il se traîna à quatre pattes vers la dépouille et l'enfant, sentant d'improbables larmes brûler ses yeux.
Pas un enfant, pas ça. Pas ça…
Sa main, trop tremblante, trop entachée de sang, se tendit vers l'enfant inerte pour effleurer sa joue.
Il retint sa respiration en figeant son geste. Ses yeux améthystes s'écarquillèrent.
Non, il était vivant. Ce petit était vivant.

30 Octobre 1999, Copenhague, Danemark

"Nous vous avons fait une fleur en acceptant que vous gardiez cet enfant, Monsieur Valentine."
La sorcière face à lui, en tailleur strict d'une couleur aussi grise que l'était le ciel du Danemark, rajusta d'un geste mécanique ses lunettes rondes.
"Votre baguette magique a été brisée, si je ne me trompe pas. Bien, bien…le jeune Eden a subit un traumatisme important, sachez-le: dans une même nuit il a perdu ses deux parents et est devenu un…tigre-garou.
_Et alors?"
Le Sicilien, bras croisés sur sa poitrine et affichant une mine grave et sinistre, poignarda la jeune femme de son regard le plus antipathique.
"Si je le laisse entre vos pattes, reprit avec aigreur le blond, il sera baladé de familles en familles et personne ne pourra l'aider à supporter ses transformations…
_S'il en arrive là, c'est uniquement de votre faute, répliqua sournoisement l'avocate.
_Il restera avec moi, coupa à son tour Matteo d'une voix corrosive. Je suis ravi que vous ayez accepté ma demande et je ne veux rien de plus, d'accord?
_Saurez vous lui fournir le cadre familial adéquat? Questionna-t-elle en dégainant un stylo et un calepin. Vous êtes célibataire il me semble…
_"Cadre familial", vous dites? Ricana sombrement le sorcier. Je peux supporter un morveux, mais une femme, c'est au-delà de mes capacités."
L'avocate prit un air indigné, et griffonna quelques notes sur son calepin avant de le ranger soigneusement dans son bureau. Elle afficha ensuite un air grave, et croisant ses mains sous son menton, elle demanda d'une voix moins sévère et plus basse:
"Vous êtes un sorcier tombé de son piédestal, sans emploi durable et misanthrope à l'extrême. Pourquoi l'adoptez-vous donc, Monsieur Valentine?"
Matteo lui adressa un sourire méprisant, jeta un coup d'œil à la porte derrière laquelle une assistante sociale devait seriner bon nombre de discours à ce pauvre Eden, avant de faire d'un ton pensif:
"Il me rappelle quelqu'un. Un môme qui m'a toujours détesté. Et tant pis si vous ne me croyez pas, mais je n'ai pas envie que celui là me déteste aussi."


6 Mai 2005, Nouvelle-Orléans, Etats-Unis.

La lettre administrative fut roulée en boule d'un geste las et empreint d'une habitude manifeste. Il marqua son panier sans même lever un œil de ses dossiers.
Matteo cala son dos contre son fauteuil et tira longuement sur sa cigarette. Encore une Ecole de Sorcellerie qui lui avait aimablement demandé d'aller voir ailleurs si elle y était. C'était loin d'être le premier refus qu'il essuyait, et il n'était pas près non plus de lâcher le morceau.
Le Sicilien jeta un regard par la fenêtre, d'où il pouvait apercevoir la silhouette gracile de son "fils" assise au sommet d'un talus, lui présentant son dos. Il devait être en train de dessiner, comme à son habitude…
Les relations qu'il entretenait avec lui étaient assez complexes. En tout cas, c'était loin d'une complicité filiale ou d'une entente cordiale. Ils ne faisaient que se supporter tant bien que mal. Matteo, malgré son effort surhumain pour éviter de lui crier dessus à chaque fois qu'ils se croisaient, ne parvenait jamais à garder son calme longtemps en sa présence, en particulier quand on discutait ses ordres. Cela faisait pourtant pas loin de six ans qu'ils vivaient ensemble comme une pseudo-famille…
Matt émit un grognement proche du feulement félin, et feuilleta la liasse de lettres qui attendaient d'être lues. Un refus, un refus, une lettre désespérée d'Adelina, une facture …
Le blond buta sur la dernière. Héméra…il avait appris que cette école amazonienne avait réouvert ses portes il y avait quelques années, mais cela s'était fait si discrètement qu'il ne l'avait su qu'il y a peu de temps. Une école tournée vers les créatures partiellement humaines…
Ses yeux parmes se posèrent de nouveau sur la silhouette d'Eden. Peut-être qu'y aller serait bon pour lui. Il pourrait s'intégrer plus facilement en rencontrant des gens "anormaux" comme eux.
Le blond grimaça légèrement en lisant la lettre avec attention. Bien sûr, c'était surtout le poste de Maître des Potions qui l'intéressait, et pas le bon plaisir et ce blondinet exaspérant.
Tiens, il était accepté…
Un vague sourit naquit sur ses lèvres, mais si furtif et léger qu'il aurait aussi bien pu ne jamais exister.


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