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 Suou Hitori

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Suou Hitori
Élève de Coactus - Première année
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Race : Vampire
Origine(s) : Oiseau squelette

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MessageSujet: Suou Hitori   Ven 24 Mar 2006 - 21:40

Nom : Hitori

Prénom : Suou

Âge : 18 ans réels mais physique de 14 ans qu’il gardera pour toujours (il avait 14 ans lorsqu’il est devenu « vampire complet ») et mental … parfois comme un adulte, parfois comme un gamin, parfois ado, bref Mr. Green

Origine(s) : ~Facultatif~

Race : Vampire

Physique : L’allure et le visage d’un garçon de 14 ans. Assez frêle, il possède pourtant une force très importante, due à son statut de vampire et aux dures épreuves qu’il a traversées. Sa taille est normale pour un enfant de 14 ans, mais cela l’énerve parfois d’être « petit » car il est plus âgé qu’il n’en a l’air.
Lorsque son sérieux prend le dessus il parait donc plus grand car il redresse les épaules et peut avoir le même air hautain que son père, mais sa personnalité gamine de contes d’enfants (cf histoire) arrive parfois sans prévenir et il parait d’un coup minuscule …
Sa peau est très pale, et s’il se cogne des bleus assez conséquents peuvent apparaître alors qu’il n’a en fait rien. Des yeux clairs, mais qui deviennent parfois rouges sous le coup de la colère ou lorsque ses souvenirs remontent (m’enfin c’est rare ^^). Cheveux noirs, pas très longs, qui encadrent un visage fin mais aux traits effacés. Son air étrange ne le fait pas paraître beau. Lorsqu’il grandira un peu (d’âge, pas de physique) et qu’il prendra de l’assurance, cela sera plutôt son aura et son charisme qui pourront le rendre beau, non son simple physique. Mais pour l’instant, il a le plus souvent l’air d’un gamin apeuré :p

Histoire : Jposte dans un autre message car c'est un peu long (je suis légèrement partie dans un truc compliqué, j'espère que c'est compréhensible -_-")

Caractère : En temps normal et lorsque tout va bien, un ptit gars sympa qui aime aider les autres. Disons plutôt qu’il aime lorsque les autres l’aiment, et Suou a appris à force d’observations ce qui pouvait l’y aider. Il a parfois des remarques très étranges, mais le plus dangereux reste lorsqu’il se souvient vraiment de son passé et de ses années de malheurs. Elles ne remontent jamais parfaitement, ce ne sont que des petites bulles cachées, mais … ça peut être dévastateur, car dans ces cas là il ne se retient pas et, manque de pot, c’est un vampire assez puissant même s’il ne sait pas utiliser ses pouvoirs Mr. Green

Qualités : Voudrait être un ptit ange ^^ il fait tout pour l’être, le malheureux … il aide donc les autres et est tout sourire.

Défauts : Le fait qu’il soit parfois complètement à coté de la plaque et comprenne pas tout, dans ces cas là (très fréquents …) l’oiseau le remet dans le droit chemin. Mais il y a des situations que ni l’un ni l’autre ne peuvent débrouiller Mr. Green Il peut également déprimer très facilement.

Poste dans l'École : élève

Amours/Ami(e)s : Fou amoureux de l’oiseau Mr. Green

Signe(s) Particulier(s) : ne grandit plus, et pense avec l’oiseau (voir histoire)

Animal de Compagnie : l’oiseau squelette, qui est en fait un corps d’oiseau mort dans lequel a été malencontreusement introduit une partie de l’esprit de Suou. (et faut pas oublier qu’une autre partie de son esprit s’est évanouie dans les airs Mr. Green )
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Suou Hitori
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MessageSujet: Re: Suou Hitori   Ven 24 Mar 2006 - 21:47

Histoire



Il était une fois un pot rempli de graines où chacune se battaient pour vaincre les autres …
Une ruelle sombre, très sombre … Le soleil était à son zénith mais pourtant aucun rayon n’atteignait cette rue. Une odeur de pourriture y régnait ; des eaux usées et des déchets tenaient lieu de seul décor. Personne ne passait jamais par là, mais s’il y avait eu une oreille attentive dans le coin, elle aurait pu entendre des sanglots étouffés.
Recroquevillé tel un fœtus, un jeune garçon laissait ses larmes rouler sur ses joues sans faire mine de les essuyer. Une goutte plus grosse que les autres tomba sur sa main et il regarda la bille ovale qu’elle formait, puis un frisson agita sa peau et elle tomba sur le sol, se perdant dans l’humidité qui régnait.
Il était une fois une goutte de pluie solitaire …
Le garçon contracta ses muscles et se rétracta comme un escargot dans sa coquille. Mais, si le mollusque avait une maison où se cacher, lui n’en possédait aucune … Il était lui-même possédé par une prison. Un château sombre, très sombre, d’où rien ne s’échappe …
Un tiraillement sur son vêtement élimé l’obligea à jeter un coup d’œil sur le coté. Un oiseau encore plus mal en point que le garçon s’agitait et donnait de petits coups d’ailes. Beaucoup de ses plumes étaient tombées et les restantes étaient écornées ; il ne semblait pas vraiment blessé mais … malade, mourrant.
Vilain petit canard … Te voilà comme lui !
L’oiseau émit un croassement roque et claqua du bec. Lui et le garçon n’avait pas mangé depuis plusieurs jours ; bientôt ils seraient trop faibles ne serait-ce que pour se déplacer.
La lumière du jour commença à décroître et la nuit arriva. Le garçon frissonna, mais ce n’était pas à cause du froid. La noirceur emplie d’ombres faisait remonter des souvenirs qu’il avait voulu enfouir au plus profond de lui …

Un grand château sombre perdu dans une région déserte. Remplit d’enfants. Des instructeurs. Des … compétitions, à défaut d’un terme plus adéquat. Il ne parvenait pas à se rappeler ce qu’il y avait eut avant cet endroit, et ne se souvenait qu’avec une extrême difficulté certains épisodes qui s’y étaient déroulés. Officiellement, il s’agissait d’un orphelinat. Mais ce qu’y subissaient les enfants …
Des contes, des livres d’images, c’était avec eux qu’il avait appris à vivre. On les lui montrait, il les lisait, il n’avait pas droit à grand chose d’autre. Et aujourd’hui il n’arrivait plus à penser sans eux. Ces livres l’avaient … conditionné. D’autres humains allaient à l’école à cet âge, jouaient entre eux, rêvaient, imaginaient des histoires. Lui n’avait que des phrases toutes prêtes qui remplissaient sa tête de … rien. Il ne pensait plus normalement.
Il était une expérience, comme chacun des autres enfants.
Il ne vivait plus. Parfois les enfants étaient réunis ; ils tentaient de « jouer » mais … la plupart du temps pour s’apercevoir qu’ils ne savaient pas ce qu’il fallait faire. Au début ils se disaient leurs noms, ce qu’ils aimaient, ce qu’ils n’aimaient pas. Pour que, si ils ne se souvenaient pas ce qu’ils étaient eux-mêmes, les autres du moins se souviennent.
Ils l’oublièrent.
Chaque enfant subissait un traitement différent. Certains étaient sans doute pire que d’autres, mais aucun n’en parlaient. Chacun enfermait ses souffrances en lui dans un petit recoin sombre fermé à clé pour l’oublier.
Au bout d’un moment, l’enfant se rendit compte qu’il était délaissé. Expérience ratée …un tube à essai qu’on jette à la poubelle. Sans même regarder s’il reste quelque chose dedans. Pourtant « l’enseignement » qui avait été pratiqué sur lui l’avait marqué à tout jamais. Prendre un conte pour la vie … ne plus savoir quels étaient ses sentiments.

L’oiseau tiraillait fortement sur le tissu. Il en vînt même à marquer la peau albâtre du bras avec une traînée rouge. Le garçon réagit à peine. Toujours recroquevillé, il ne sentait plus la douleur. Mais lorsque l’oiseau commença à s’éloigner il ne put s’empêcher de relever la tête, un air de détresse évidente plaqué sur la figure.
« Non … »
Le volatile s’arrêta un instant et se lissa des plumes, mais celles-ci tombèrent tristement sur le sol. Il reprit sa marche en se dandinant tant bien que mal. « Il s’est en allé » répondit-on à la petite fille lorsqu’elle demandait ce que faisait grand-père. Le garçon se leva tant bien que mal et vacilla, s’accoudant au mur pour ne pas s’écrouler sur le sol. Il se ressentait plus d’émotions depuis bien longtemps, excepté envers un seul être vivant.
« S’il te plait, attends-moi … »
oO Tu as des plus grandes jambes, tu peux me rattraper. Oo

Il était une expérience ratée. Pourtant les examinateurs s’étonnaient de sa résistance, ils décidèrent donc de tenter autre chose. Un scientifique plus talentueux mais aussi plus fou que les autres prit la direction des opérations. Il voulait transférer une partie de l’esprit de l’enfant dans un autre animal, un oiseau …

L’oiseau buta contre un obstacle et s’écroula. Trop longtemps … il avait résisté trop longtemps, il n’en pouvait plus. Son bec entrouvert ne claquait plus, ne faisait plus de bruit. Ses serres étaient encore parcourues de petits frémissements involontaires mais il sentait qu’il n’en aurait plus pour longtemps.
Les yeux du garçon ne voyaient plus que le corps avachi de l’oiseau.

On lui avait arraché ce qu’il était … Douleur intense qui n’en finissait plus, l’enfant n’avait déjà plus de nom, voici qu’il n’avait plus d’esprit. Il était déchiré de toute part et dispersé dans le néant, sans rien à quoi s’accrocher.
Mais la jeunesse est parfois plus résistance qu’on ne s’y attend. Il voulait vivre, vivre pour remplir son être vide à qui on avait tout arraché. Son corps se fit un phare et attira tant bien que mal ce qui faisait qu’il était lui. Bien peu de choses en réalité, mais qui suffirent pour le faire continuer à vivre. Il avait perdu la majeure partie de ce qui le constituait mais cela pourrait (et devrait) suffire.
A son réveil les scientifiques étaient partis, ils avaient du penser que la cause était perdue. L’oiseau était mort. Mais …Ses yeux brillaient pourtant de vie. L’esprit du garçon s’était rattaché à ce qu’il pouvait ; une partie s’était perdue, une partie avait réussi à regagner son corps d’origine, une partie enfin était allée dans l’oiseau.
L’enfant était deux : le garçon et l’oiseau …

Le garçon lissa d’un doigt hésitant une plume. Malgré les rudes épreuves auxquelles il avait été confronté il n’avait jamais vu la mort. Il n’en connaissait que ce que racontaient les contes pour enfant. Il s’est arrêté … Il est partit dans un autre monde … Tu le rejoindras un jour, ne t’en fais pas, mais pas maintenant. Pourquoi le poisson rouge flotte sur l’eau et ne bouge plus ? Viens, on va l’enterrer … Il n’arrivait plus à pleurer. Depuis sa fuite de « l’orphelinat » les larmes avaient continuellement remplies ses yeux, comme retenues depuis trop longtemps, mais elles étaient dorénavant taries. Quelle réaction devait-il avoir ? Il ne savait pas, il ne savait plus … Le temps s’était arrêté pour lui, tout comme son cœur. Les larmes précédentes n’avaient pas été réfléchies. Maintenant, y repensant … Pourquoi avait-il pleuré ? Il avait faim, il avait froid ? Non, il ne sentait plus la douleur, son corps ne lui parlait plus.

Les scientifiques avaient vraiment pensé que l’expérience était un échec total, ils n’avaient pas pris de précautions. Le garçon réussit à défaire les liens qui le retenait et prit l’oiseau dans ses bras. Il sentait son cœur battre avec force, pourtant il avait la désagréable impression de tenir un cadavre. Alors que durant des années il avait vécu ici sans tenter de s’enfuir, il ne pouvait maintenant plus supporter de rester dans cet endroit. Il n’arrivait pas à réfléchir correctement mais les morceaux éparts de sa conscience lui hurlaient de fuir.
Zigzaguant dans les couloirs déserts, il avançait en prenant les premières ouvertures qui se présentaient à lui. Parfois un instinct qu’il ne comprenait pas lui disait de se cacher et il observait avec froideur des enfants ou des instructeurs passer. Sans se questionner sur ce don, il continua son chemin sans réfléchir. Sa conscience était trop fragmentée pour lui permettre d’analyser sa situation, aussi ne s’inquiétait-il pas et ses pieds se posaient machinalement l’un après l’autre.
Ce ne fut pas par hasard qu’il réussit à atteindre la sortie ; plus d’une fois son instinct lui souffla de reculer ou de s’arrêter silencieusement afin d’éviter des rencontres désastreuses. Il ressentait les organismes vivants d’une manière qu’il n’avait encore jamais expérimentée, mais il ne voulait pas y croire, car il aurait alors du admettre que le corps d’oiseau qu’il tenait entre ses mains serrées était bel et bien mort, malgré ses yeux brillants et le frémissement de ses muscles.
Il erra ainsi plusieurs jours, perdu, ne sentant plus les informations que lui envoyait son corps. Il savait qu’il devait manger mais n’en éprouvait aucune envie. Il n’y avait de toute manière rien de comestible aux alentours … Il arriva dans une petite ville et une ruelle sombre.

On peut amener le poisson chez le médecin pour le soigner ?
Une plume toujours entre deux doigts, le garçon fixait les yeux sur l’oiseau, hébété. Dans le monde entier il n’y avait qu’un seul être vivant qui lui importait : celui-là. Et celui-là ne bougeait plus …
Il cligna des yeux et reprit peu à peu ses connexions avec le monde extérieur. Il laissa son cerveau analyser ce que ses sens lui envoyaient et tenta de mettre de l’ordre dans ses pensées maigres et éparses.
Un être vivant ? Devant lui ? Plus éclatant que tout ce qu’il avait ressentit depuis son réveil …
Il leva la tête et se retrouva nez à nez avec un visage sombre aux traits acérés. Des yeux froids, noirs teintés de rouge, lui décortiquaient le visage. Alors que le garçon voulait à nouveau se tourner vers l’oiseau, une main sèche lui agrippa le visage et l’obligea à garder la tête levée.
« Suou ? »
L’enfant resta silencieux. Seul lui importait l’oiseau, et l’inconnu pouvait raconter n’importe quoi du moment qu’il ne tardait pas à partir. Mais son espoir n’obtint pas satisfaction car l’homme fit plus que rester immobile : il redressa le garçon et voulut l’entraîner avec lui après avoir jeté un regard dégoutté à la ruelle qui empestait les détritus. Sa main enserrait le bras du garçon d’un étau serré et, malgré tous ses efforts, l’enfant ne parvînt pas à s’en défaire. Mais il ne voulait pas quitter l’oiseau … Il se laissa tomber comme une masse de plomb, ne retenant plus rien, et l’adulte le rattrapa de justesse.
« Qu’y a-t-il ?
- L’oiseau … »
L’homme grimaça après avoir regardé le volatile.
« Il est mort.
- Il est vivant … Il est moi. »
L’enfant profita de l’inattention de l’autre pour s’échapper et s’approcher de l’oiseau. Il le prit dans ses bras et le berça tel une mère qui endort son fils. Sous les yeux horrifiés de l’adulte l’animal tressaillit puis ouvrit un œil vitreux. Il entrouvrit le bec et émit un croassement rauque faisant penser au râle d’un humain à l’agonie.
oO Nous avons besoin … de … manger … Oo
« J’ai faim. »
La première parole énoncée à haute et intelligible voix par l’enfant laissa un gros vide. Les yeux de l’adulte faisaient avec suspicion l’aller-retour entre le garçon et l’oiseau. Il soupira finalement et entoura de ses bras les deux êtres.
« Très bien. Je vais m’occuper de toi … Je ne sais pas ce qui t’es arrivé mais, par mon sang qui coule dans tes veines, je jure de prendre dorénavant soin de toi. Quoi que tu sois devenu. »
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Suou Hitori
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MessageSujet: Re: Suou Hitori   Ven 24 Mar 2006 - 21:48

***


Quatre ans plus tard …

Suou faisait un sourire crispé en direction de son père. Caché derrière une montagne de paperasse, celui-ci feuilletait des documents couverts d’écriture en pattes de mouches. Ses sourcils se fronçaient légèrement et accentuaient l’air sévère de ses yeux, mais l’enfant savait – espérait – qu’il n’exploserait pas après son fils.
Franz Hitori n’était pas du genre coléreux. En effet, les personnes s’énervant facilement le faisaient souvent par manque de temps, à cause d’une analyse trop rapide de la situation qui les poussaient à agir sans réfléchir. Cet homme, par contre … Il savait qu’il avait le temps pour lui et ne se dérangeait pas pour en profiter. Après tout, cela faisait plusieurs siècles qu’il vivait – il avait refusé de divulguer à son fils l’année de sa naissance – et ne craignait pas la mort. Après une vie bien remplie qui promettait de durer encore longtemps, il n’allait pas se précipiter et tomber dans une colère facile et inutile.
L’homme retroussa ses lèvres et une dentition parfaite apparue, deux longues canines se détachant des autres dents.
« Ce rapport me dit … je cite … que mon fils possède un comportement intolérable. Non content de ne pas aller à l’école (certes, c’est moi-même qui ait obtenu ta dispense, mais cela ne t’oblige pas à le crier sur les toits), tu corromps également des jeunes gens parfaitement innocents (je ne veux pas savoir en quoi ils seraient plus innocents que toi) et tu vas avec eux dans des coins sombres faire des choses. D’après les rumeurs que j’ai entendu, eux seraient bien plus en faute que toi, mais … pour leurs parents, tu es un bouc émissaire tout trouvé. Cela peut-être dérangeant … D’autres humains des environs parlent également d’un étrange enfant qui se balade en clair de lune avec un oiseau cadavérique sur l’épaule. Ce n’est pas que je réprouve tes actions, loin de là. Il m’est arrivé dans mes moments perdus de faire bien pire … Cependant, je ne veux pas que nous nous taillions une mauvaise réputation ici. J’ai eus du mal à l’acquérir, je ne voudrais pas que mes efforts soient réduis à néant pour ton simple amusement … »
Suou baissa la tête d’un air contrit. Il avait appris cette mimique alors qu’un de ses amis se faisaient tancer par sa mère ; il avait remarqué qu’elle lui avait plus facilement pardonné dés que son ami avait fait mine de se soumettre. Suou le faisait maintenant sans réellement y penser : il avait ainsi appris beaucoup de manières d’être en observant les autres, puis ce qu’il faisait en y réfléchissant était devenu naturel.
Les yeux froids de son père étaient toujours fixés sur lui. Il semblait attendre quelque chose, mais l’enfant ne comprenait pas ce qu’il exigeait silencieusement. Des serres griffues se plantèrent dans l’épaule du garçon, et un bec blanc-os s’approcha de son visage.
oO Demande-lui où il veut en venir. Il a toujours aimé lorsqu’on lui parlait franchement. Oo
« Où voulez-vous en venir ? »
Hitori senior ne put empêcher un de ses yeux de se déplacer imperceptiblement en direction de l’oiseau sur l’épaule de Suou. L’homme avait bien du mal à être angoissé ou même ne serait-ce que contrarié, mais le volatile laissait une impression trop désagréable dans son esprit pour qu’il arrive à le laisser de côté. Vampire de son état, il parvenait à ressentir l’essence du vivant, mais lorsqu’il tournait ses sens vers le squelette … Ses mains cachées derrière les piles de livres frémirent. Lorsqu’il avait enfin retrouvé son fils après moult recherches il avait pensé que tout était pour le mieux, mais ça n’avait pas été le cas. D’après le peu qu’il avait pu comprendre l’esprit de l’enfant avait … explosé, et des morceaux de sa conscience s’étaient retrouvés dans le corps de l’oiseau alors que d’autres avaient regagné leur corps d’origine. Si Suou avait survécu ce n’était que grâce à son désir intense de vivre et au sang diffus de vampire qui coulait dans ses veines. Mais quand son père l’avait trouvé, l’enfant était trop mal en point pour espérer survivre ainsi. L’oiseau était dans un état encore plus lamentable, car son corps était mort depuis plusieurs jours.
Sur le moment Franz n’avait trouvé qu’une solution, et alors qu’il y réfléchissait aujourd’hui il n’en trouvait toujours pas d’autre. Il avait du transformer son fils en vampire complet – de même pour l’oiseau. Un enfant et un oiseau vampire … il frémissait en pensant à ce qu’il avait fait, mais ça avait été la seule solution pour garder Suou en vie. Le jeune garçon avait été transformé en vampire trop tôt et trop parfaitement, son corps ne grandirait plus jamais et sa conscience vieillissante serait toujours forcée de rester dans un corps jeune. Quand à l’oiseau … son organisme était bel et bien mort ; rien ne pouvait y remédier. Il était devenu un squelette ambulant, des os qu’une conscience seule (et pas une conscience complète, qui plus est …) faisait avancer comme si l’oiseau vivait encore.
L’homme soupira. Il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour garder ce fils, il avait maintenant la tâche de l’éduquer et ne comptait pas y faillir.
« Je ne veux pas que tu deviennes n’importe quoi, voilà où je veux en venir. Tu as certes le temps que tu souhaites pour apprendre à être ce que tu veux, mais je ne vois pas à quoi cela servirait que tu restes ici … Je t’ai appris l’essentiel sur ce que doit savoir un vampire. Tu as expérimenté les relations humaines et le fénéantisme, qui n’est pas aussi inutile que le pensent les humains. Tu as des réactions plus normales que lorsque je t’ais trouvé, où tu ne savais plus réagir à toute situation qui se présentait à toi … Tu as grandis, et il serait temps que tu sortes de ton jeu continuel. Tu pourrais passer ta très longue vie future dans ce coin à t’amuser avec les gosses, mais je ne pense pas que cela te convienne. »
Le visage de Suou demeura inexpressif. Il ne s’était pas attendu à cela ; pour tout dire, il ne s’était attendu à rien. Il n’était pas du genre à faire des prédictions : à quoi pouvait-il bien servir d’imaginer ce qui se passerait quand il suffisait d’attendre pour connaître la vérité ? En cela il ressemblait en tout point à son père.
Mais les quatre années passées ici lui avaient permis d’oublier ce qu’il avait vécu auparavant. Il ne savait pas s’il supporterait de quitter cet endroit … Il n’en connaissait pour l’instant aucun autre.
oO Dis-le lui ! Oo
« Je … J’aimerais rester encore un peu ici. S’il vous plait. J’aimerais … »
Qu’aimerait-il faire ?
oO D’autres enfants. A l’école. Retrouver les bons moments d’avant, mais sans les mauvais … Oo
« … aller à l’école. Je veux connaître d’autres personnes … pourquoi m’avez-vous privé de l’éducation réservée aux humains ? Elle ne peut que m’enrichir. Oui, je veux ça.
- Tu es un vampire.
- Vous aussi ! Pourtant vous parvenez à vivre parmi les humains. Pas toujours, mais … je n’y serais que la journée. En quoi mon état serait-il une gène ? Je me contrôle mieux que beaucoup des Buveurs de Sang que vous m’avez fait connaître.
- La tentation devient parfois plus … forte, avec le temps. Mais à l’école, que ferais-tu de ton oiseau ? Serais-tu prêt à le quitter ? »
Suou ouvrit de grands yeux cernés de blancs et son visage blanchit, sa peau albâtre paraissant encore plus translucide qu’à l’habitude. Quitter l’oiseau ? quitter … lui-même ? Comment le pourrait-il ? Il n’était plus rien sans lui …
Devinant le dilemme de son fils, son père se leva et lui tendit la main.
« Viens. Je vais trouver une solution … Il doit bien exister une école sur notre petite planète qui accepte ça. Je vais interroger mes connaissances, nous verrons. »
oO Il le fera. Oo
Suou acquiesça de la tête et mit sa petite main dans celle plus grande de son père. Il rajusta l’oiseau qui n’était plus qu’un squelette sur son épaule et sortit de la pièce à la suite du vampire.

***


Six mois plus tard, fin mars.

Suou Hitori avait passé ces mois-ci à s’amuser et se détendre, certes, mais sans oublier la promesse que lui avait faite son père. Il avait consacré son temps à ses amis et avait appris à s’extérioriser. Il avait remarqué que s’il était joyeux et de bonne humeur il était mieux accepté parmi les autres, il avait donc taché de garder le sourire et il avait réussit à s’attirer la sympathie de nombreuses personnes qui ne prêtaient auparavant aucune attention à lui.
Malgré la joie de voir qu’il pouvait être banal, il se sentait parfois … déchiré. Ne pouvant s’afficher avec l’oiseau, le garçon ne pouvait être totalement lui-même. Plus que son état de vampire, c’était cela qui le faisait attendre avec impatience que son père trouve une école adaptée.
Il avait parfois quelques réminiscences de son passé qu’il s’était efforcé de refouler. Sans qu’il s’y attende, des phrases enfantines résonnaient parfois dans son esprit et son comportement était alors étrange. Il faisait tout pour masquer ces moments et les rattraper lorsqu’il le pouvait. Lorsqu’il parvenait à réfléchir en son entier et que les consciences du garçon et de l’oiseau étaient réunies il en venait à se dire que sa facilité à être de bonne humeur et à garder le sourire était en partie due à son passé, mais il préférait ne pas s’y appesantir.
Finalement, par un beau matin de mars qui sentait le printemps, son père l’appela à son bureau. Il avait enfin trouvé une école digne de ce nom ; la plupart des rapports sur cet établissement étaient élogieux, et les quelques broutilles défectueuses n’étaient pas bien graves. Il s’agissait de l’école Héméra.
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MessageSujet: Re: Suou Hitori   Ven 24 Mar 2006 - 21:51

Note que j'ai oublié de préciser : Suou ne "pense" pas. Donc quand il y a :

oO pense Oo -> C'est l'oiseau qui parle uniquement à Suou
" parle " -> c'est Suou
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MessageSujet: Re: Suou Hitori   

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