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 Inguill Miyu

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Inguill Miyu
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Race : Loup Garou
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MessageSujet: Inguill Miyu   Mer 2 Aoû 2006 - 15:26

Nom : Miyu (En Quechua cela signifie fleuve, rivière. La famille d’Inguill est une famille de pêcheur. Ils tiennent donc leur nom de leur profession, celui-ci n’ayant pas changé depuis des siècles, leurs ancêtres le portaient déjà.)

Prénom : Inguill (à prononcer Ine-gui-leu XD (enfin je crois… =p))

Âge : 16 ans

Origine : Inguill est nées dans un petit village des Andes, au Pérou. Il est fort probable que sa famille descende des Incas qui peuplaient le Pérou autrefois.

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Race : Loup Garou

Physique : Inguill à l’apparence d’une jeune fille de 16 ans tout ce qu’il y a de plus normal. Un visage simple, assez peu expressif, aux traits féminins, fins et gracieux. Des pommettes hautes sous des yeux expressifs, d’un brun sombre, presque noirs, ourlés de longs cils. Elle a un nez droit, très légèrement retroussé, et des lèvres fines. Son visage au teint assez pâle est encadré de cheveux épais, soyeux, de couleur châtain foncé coupés assez courts, mais pas trop non plus. Elle est assez grande, et fait un poids moyen, normal, ni trop mince ni trop grosse. Sa démarche est discrète et silencieuse, trahissant son désir de ne pas se faire trop remarquer, et son enfance passée dans les montagnes lui a conféré une grâce et une agilité hors père. Elle est souple et endurante, bien qu’elle ne pratique pas de sport en particulier. Son style vestimentaire est très simple, elle affectionne les vêtements amples dans lesquels elle se sent bien et est très loin d’être à la mode, et elle s’en soucie peu.
En résumé Inguill est assez jolie, quoique très simple, et se pose peu de question sur son look ou son physique.

¤


Caractère : Si le temps passé avec Adrian a rendu Inguill beaucoup moins farouche, elle garde encore quelque trait de son ancien caractère, bien que moins marqué qu’autrefois. Toujours peu bavarde et très discrète, il lui faut du temps pour engager une conversation, et bien plus encore pour faire des confidence. On pourrait la qualifier de ‘mystérieuse’, mais il serait plus juste de dire qu’elle n’aime pas, et n’a pas besoin, de dévoiler son passé et de parler d’elle. Froide et distante au premier abord, ce la n’est du qu’à un grand manque de contact avec les Hommes, et il suffit d’un peu de gentillesse et de douceur pour faire tomber ce masque. Elle a beaucoup de mal dans ses relations avec les autres, mais elle essaye de faire des efforts pour être plus sociable. Elle n’en demeure pas moins extrêmement méfiante, et même quand elle se montre sympathique, sa confiance est difficile à obtenir. Elle fait preuve d’une extrême retenu dans ses sentiments et si elle ressent un besoin de plus en plus important d’avoir des amis et d’être entourés de gens de son âge, elle reste assez solitaire et a souvent besoin d’un moment de solitude. Elle à cependant le mérite d’être franche, loyale et digne de confiance avec les gens qu’elle apprécie. Elle déteste le bruit et la foule qui la font fuir. Autant dire que les banquets, les bals, et autres réunions joyeuses ne sont pas pour elle. Elle est douce et très calme. Elle aussi assez timide, mais elle essaye de faire des efforts. Cependant il est rare qu’elle fasse le premier pas pour aller vers quelqu’un. Si Inguill a un caractère fort, il n’empêche qu’elle reste souvent démunie, voir effrayé devant un monde qu’elle connaît encore mal. Son passé légèrement chaotique lui a donné envie de réussir sa vie, en cela elle est ambitieuse. Elle a parfois des réactions déconcertantes, dignes d’un animal effarouché car elle est très instinctive. Elle apprend très vite et est toujours avide de connaissances.

Qualités : Discrète, douce, calme, sensible, ambitieuse, franche et loyale, instinctive, à envie d’apprendre (et apprend très vite).

Défauts : Farouche, solitaire, méfiante, froide et distante au premier abord, a du mal à accorder sa confiance, timide, craintive.

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Poste dans l'École : Elève

Signe Particulier : /

Animal de Compagnie : Un chat noir, chétif, agressif et désagréable (XD) nommé Michi (« chat » en Quechua).
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Inguill Miyu
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MessageSujet: Re: Inguill Miyu   Mer 2 Aoû 2006 - 15:28

Histoire : Inguill est née dans un petit village des Andes, au Pérou. Isolé dans les montagnes loin de toute civilisation, les mentalités n’ont jamais vraiment évoluées dans cette région hostile, et les habitants de ce village d’agriculteurs demeuraient très superstitieux et attachés à leurs coutumes qu’ils tenaient de temps anciens, de leurs ancêtres les Incas, adorateurs d’Inti le dieu Soleil et de Mama Quilla la lune. La technologie moderne n’était pas, ou peu, parvenue jusqu’à eux et leur technique agricole était très ancienne. C’était à peine s’ils utilisaient quelques outils récents. Quand à l’eau courante et l’électricité, cela n’existait pas dans ces hauts sommets de la cordillère des Andes.
C’est ainsi que naquit Inguill, 1 an à peine après son frère Manco. Sa famille était une ancienne famille de pêcheurs. Son père pêchait dans les fleuves et rivières d’altitude. Le poisson d’eau douce était une denrée rare en montagne, aussi sa famille avait elle un rang assez élevé dans le minuscule village.
Inguill passa les premières années de sa vie à gambader partout derrière son frère. Le peu de mois d’écart qu’ils avaient, et le fait qu’ils aient grandit ensemble, les avait rendu très proches, complices et inséparables. Ils se ressemblaient tellement que l’on aurait pu croire qu’ils étaient jumeaux. Manco avait les mêmes visages aux traits doux et fins que sa sœur, les mêmes cheveux mi-long, épais et soyeux, d’une couleur sombre aux reflets châtaigne. Il arrivait parfois qu’on le prenne pour une fille. Mais déjà petits, leurs deux caractères bien différents s’affirmaient. Si Manco était un petit garçon volontaire, parfois bagarreur, à l’esprit vif et impulsif, mais au cœur tendre, Inguill se révélait déjà plus calme, plus solitaire et indépendante, plus effacée et mystérieuse aussi que son frère. Les deux enfants passaient l’essentiel de leur temps ensemble, à crapahuter dans les montagnes. A l’âge de 5 et 6 ans ils connaissaient par cœur le moindre affleurement rocheux, le moindre bosquet, la moindre rivière de cette région reculée des Andes. C’est aussi à cet âge là que l’on décida que le temps de l’enfance était passé et que leur liberté leur fut soudain retirée.

On considéra soudain qu’ils étaient bien assez âgés pour participer aux tâches. Manco passa désormais ses journées avec son père, dans le but d’apprendre le métier de pêcheur pour ainsi reprendre le flambeau quand le moment serait venu. Inguill elle, en sa qualité de fille, se vit attribué les travaux des champs. On cultivait la quinua et la coca en terrasse, ainsi que le maïs et des pommes de terres qui deviendrait plus tard des Chuño et pourraient ainsi être conservées plusieurs mois et constitueraient une partie des réserves pour l’hiver. Pour l’heure c’était le temps de la récolte et toutes les femmes, ainsi que les hommes qui ne pêchaient pas et ne gardaient pas les lamas, étaient réquisitionnés pour la récolte. Inguill et son frère passèrent donc de long mois séparés, chacun occupé à diverses tâches. Et puis les années s’écoulèrent ainsi, Manco devenant plus arrogant chaque jour, et profitant de sa supériorité masculine, Inguill s’enfonçant dans un mutisme obstiné, le regard rasant le sol et volant parfois un court moment de liberté dont elle profitait pour s’échapper dans les Appus, grappillant quelques instant de paix solitaire. Quand elle eu 10 ans, et son frère 11, sa mère donna naissance à un troisième enfant, une fille. A partir de cet instant là tout reposa sur les épaules d’Inguill qui devait désormais autant assurer le travail des champs que les tâches domestiques, notamment la cuisine et l’entretient de la cancha au toit d’Ichu, cette herbe sauvage qui pousse très bien en altitude.
Cette période de sa vie fut de loin la plus ennuyeuse. Elle prenait très souvent la fuite, et personne ne remarquait son absence dans les champs en terrasses. Elle prit ainsi l’habitude de passer de longues heures dans les montagnes qu’elle redécouvrait au fur et à mesure de ses promenades. Si Inguill parlait peu, sa langue se déliait bien plus lorsqu’elle était seule. Les seuls êtres à qui elle vouait de l’amour étaient les animaux, Manco étant devenu insupportable depuis très longtemps. Elle affectionnait particulièrement les viscachas, ces rongeurs de montagnes vivants dans les éboulis rocheux, aux airs d’étranges lapins. Plusieurs fois elle recueillit des petits viscachas dont les parents avaient souvent servit de dîner aux villageois. Et puis elle admirait Kuntur, le condor, qui fut autrefois adoré de ces ancêtres les incas. Cet oiseau aux ailes immenses planait souvent dans le ciel des Andes. De tous les animaux sauvages qui vivaient dans les montagnes, les plus farouches et les plus redoutés des hommes étaient les loups. Il était arrivé à Inguill de les apercevoir, solitaire ou en meute. La fascination qu’ils exerçaient sur elle n’avait d’égale que la crainte qu’ils inspiraient à ceux de son village. Nombre de superstitions couraient sur les Hommes-Loups, humains le jour et bêtes la nuit, qui emportaient les enfants et les jeunes femmes pour les dévorer au plus profond des forêts secrètes des Andes. Comme tous les autres Inguill en avait entendus parler. Elle avait vu la haine et la peur qu’ils inspiraient et comme tout les autres enfants, elle redoutaient d’en croiser un un jour. Une fois, alors qu’elle était encore une toute jeune enfant qui vagabondait avec son frère, il c’était passés des évènements étranges qui avaient bouleversés la vie tranquille du petit village. Une femme avait été accusé d’être posséder par l’esprit d’un loup et le prêtre du temple du soleil avait essayé d’exorciser la pauvre femme. Elle avait quitté le village peu après et l’on n’avait jamais su si le démon l’avait quitté ou non. Cette histoire avait peu marqué l’esprit d’Inguill et de Manco, mais tous s’en souvenaient au village.

Vers ses 13 ans, son quotidien devînt encore plus rude. La vie était bien monotone dans les Appus, les jours se suivaient et se ressemblaient tous. Aussi le moindre évènement sortant un temps soit peu de l’ordinaire finissait toujours par se savoir. Le bruit courrait qu’Inguill pactisait avec les démons loups et qu’elle attirait les mauvais esprits. C’était sa propre sœur qui avait vendu la mèche, l’ayant surprise un jour face à face avec un jeune loup un peu hardi qu’elle avait réussit à approcher. Dans son innocence d’enfant la petite n’avait pas mesuré l’impact qu’auraient ses paroles sur une petite communauté si encline à la superstition. C’est ainsi qu’Inguill et sa famille furent mis à l’écart. On leur jetait sans cesse des regards suspicieux et personne ne voulait plus sympathiser avec eux. Cela rendit Manco si furieux qu’il décida que sa sœur ne devait plus faire un pas en dehors de la cancha, hormis pour se rendre aux terrasses le matin et en revenir le soir. Leur père se faisait vieux et petit à petit Manco avait pris la direction de la famille. Nul ne songea à contester cette décision, surtout pas leur mère. La fascination d’Inguill pour les loups lui attira dès lors la haine de tout le village. Elle ne pouvait plus faire le moindre geste sans qu’on le rapporte aussitôt à Manco. Les tendres années de leur enfance semblaient bien loin aujourd’hui. La jeune fille développa petit à petit elle aussi une haine sans limite envers le genre humain. Elle était plus seule que jamais, et au fil du temps, elle accumulait une rancœur sourde, résultat de nombreuses injustices et mises à l’écart. Presque une année s’écoula ainsi, jusqu’à ce que la situation devienne bien trop insupportable.
Une nuit, alors que tous étaient endormis, elle s’enfuit, avec la ferme intention de ne plus revenir. Elle connaissait bien assez cette région des Andes pour faire en sorte qu’on ne la retrouve pas. De toute façon elle serait loin au levé du soleil. Elle était passée maître dans l’art de se déplacer rapidement dans les rochers et les forêts, se déplaçant avec autant de grâce et de discrétion qu’un puma dans les pentes abruptes des montagnes. Ce qu’Inguill n’avait pas prévu, c’était que les superstitions, aussi insensées soient-elles, sont parfois basées sur des faits réels. En descendants les pentes des Appus, elle se rapprocha bien plus de la civilisation qu’elle ne l’avait jamais fait. En 4 heures, elle avait déjà parcourut une distance considérable et s’était approchée des alentours d’une des premières villes se situant en dessous de son petit village perdus. Elle traversait une petite forêt dont le calme absolu était loin d’être rassurant lorsqu’on connaissait si bien les multiples bruits de la nuit. Elle y fit la plus mauvaise rencontre de sa vie. La créature qui croisa son chemin ressemblait à un loup. Il était cependant bien plus grand, et surtout bien moins farouche. Sa mâchoire impressionnante était dotée de crocs menaçants et ses pattes de griffes acérées. Inguill n’eu pas le temps d’approfondir son examen de la bête qu’elle la vit se jeter sur elle. Elle n’eu pas le temps de pousser un cri, la souffrance se répandit dans tout son corps sans qu’elle puisse déterminer exactement d’où elle venait, et elle sombra dans l’inconscience.
Une heure avant l’aube, Manco hors de lui réveilla tout le village pour annoncer la fuite de sa sœur. La plupart des villageois furent soulagés par cette nouvelle et ne virent pas d’un très bon œil l’obstination de son frère à retrouver Inguill. Non pas qu’il s’inquiétait pour elle, mais le simple fait qu’elle eu bravé son autorité déclancha chez lui une colère furieuse. Aussi décidé t’il de partir à sa recherche dans les Appus, seul puisque que personne ne désirait l’accompagner. Il la retrouva, après 5h à descendre le flan des montagnes, car il était sur qu’elle avait préféré descendre que monter. Il resta un instant figé de stupeur en la découvrant. Elle était toujours inconsciente, gisant sur le sol. Son añaco avait été déchiré en plusieurs endroits, visiblement par des griffes d’une longueur impressionnante, et il était couvert de sang pas encore sec. Le sang souillait également le visage et les cheveux d’Inguill. Plusieurs plaies béantes continuaient de suinter. Il tomba à genou auprès de sa sœur, toute sa fureur envolée, et le cœur battant, animé d’un sentiment ancien.

« Inguill… »

Il y avait si longtemps que ce prénom n’avait pas franchi ses lèvres… Il se contentait de l’apostropher en l’appelant « toi » la plupart du temps. En un éclair, les journées de leur enfance revinrent à sa mémoire, comme autant de réminiscences douloureuses. Et chacune des respirations soulevant encore faiblement la poitrine de la jeune fille sous l’añaco souillé était comme un coup porté à son âme honteuse, une énième preuve s’il en fallait de sa culpabilité douloureuse. Et Manco qui n’avait plus pleuré depuis qu’il se considérait comme un homme laissa les larmes couler le long de ses joues. Avait-il changé à ce point ? En un instant cette vision horrible lui rendit sa conscience.
Le jeune homme ôta sa manta, enveloppant le corps blessé d’Inguill dedans, et il porta sa sœur dans ses bras, entamant une lente remontée vers le village. Il lui fallut 6 heures pour y parvenir, le poids de sa sœur, bien que léger, le ralentissant considérablement. Son entrée dans le village ne passa pas inaperçue et on s’écartait de son passage avec méfiance, jetant de lourd regard à la charge qu’il portait. Sa mère, revenue des terrasses dès que la rumeur de son retour s’était répandue, le trouva agenouillé dans la cancha auprès d’Inguill étendue sur une natte. Elle poussa un cri en voyant l’état de sa fille et sur un ordre de Manco, s’activa à soigner ses plaies.
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Inguill Miyu
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MessageSujet: Re: Inguill Miyu   Mer 2 Aoû 2006 - 15:29

Histoire (suite) : Les soins intensifs de Manco et de sa mère permirent à Inguill de se rétablir assez rapidement compte tenu de la gravité de ses blessures. Au bout d’un mois, elle allait déjà beaucoup mieux, pouvant se lever et se déplacer sans problème. Le travail des champs demeurait trop dur pour elle, mais c’était loin de lui poser problème. Cependant il lui fallut 3 mois pour être tout à fait remise, et en aussi bonne forme qu’avant. Cela était du notamment aux pleines lunes, qui l’épuisaient. Le brusque changement d’attitude de Manco, loin de la rassurer, l’avait effrayé et plongé dans l’incompréhension. Il lui était impossible de comprendre ce qui avait bien pu provoquer ce revirement de situation aussi surprenant qu’inattendu. De plus elle était devenue bien trop farouche et sauvage pour ré accorder sa confiance à son frère.
Le premier mois, la première pleine lune, fut une étape très difficile. En effet, ils ne furent sur de la créature qui l’avait attaqué que lors de cette nuit là. Inguill subit sa première transformation en loup-garou. Ce fut très douloureux pour elle. Cette nuit là elle détruisit tout l’intérieur de la cancha, dans laquelle Manco l’avait cloîtré, faisant sortir sa mère et sa jeune sœur au préalable, son père étant mort quelques mois avant la fuite d’Inguill, emporté par un courant violent dans la rivière, alors qu’il pêchait seul.
La seule chose qui retint la mère d’Inguill et de Manco de prévenir tout le village que sa fille était une femme loup, assurant une mort certaine à Inguill, fut l’interdiction formelle de Manco. Depuis ce jour, la vieille femme se refusa à prodiguer le moindre soin, ce contenant de cuisiner et de s’affairer aux tâches ménagères en tenant sa langue, tandis que la benjamine de la famille se consacrait au travail agricole. Inguill fut complètement désemparée d’apprendre qu’elle était devenu un loup-garou. Il fallut beaucoup de patience à Manco pour la rassurer. Mais il n’y parvint pas vraiment, Inguill refusant de l’écouter, roulant des yeux effrayés. Elle avait plus que jamais l’air d’un animal sauvage effrayé et perdu.
Le quatrième mois suivant son retour au village, qui était aussi le mois de ses 14 ans, fut sans doute le pire qu’elle eu à vivre dans sa vie. Malgré sa réticence à désobéir à l’ordre de son fils, la mère d’Inguill vendit la mèche. Aussitôt ce fut l’effervescence au village. Une femme loup… Voilà qui n’était pas étonnant ! A jouer avec le feu, cette hérétique avait attiré le démon en elle ! Les hommes vinrent jusqu’à la cancha de la famille d’Inguill, armé de tout ce qu’ils avaient pu trouver, bâton, fourche, faux… Si Manco ne les en avait pas empêché, Inguill n’aurait eu aucune chance d’échapper à la mort.
Chaque jour qui suivit la révélation sur Inguill s’écoula lentement, dans la peur et la haine constante. La jeune fille ne faisait plus un pas en dehors de la cancha, sentant peser à chaque instant sur elle les regards lourds de haine de sa propre mère, qui répétait à longueur de journée que les démons étaient toujours punis, que nul ne vivait longtemps lorsqu’il était maudit par le loup…

Il ne fallut pas plus de deux semaines pour décider Inguill. Elle n’avait plus rien à faire ici, et de toute façon si elle restait elle ne vivrait pas jusqu’à la prochaine pleine lune, les habitants ayant bien trop peur de la bête. Elle allait donc partir. Trois jours durant elle amassa des réserves de nourriture – Un sac Chuño qu’elle pourrait conserver assez longtemps, de la quinua en quantité, quelque feuille de coca dans une chuspa, du maïs, du poisson éché et de la viande salée, sachant qu’elle pêcherait ou chasserait en chemin selon ses besoins – ainsi que des vêtements, rassemblant le peu qu’elle avait et veillant à ne pas oublié sa lliclla, le temps étant très incertain en montagne, elle pourrait bien en avoir besoin. Elle avait aussi prévu deux outres d’eau qu’elle remplirait en chemin aux rivières et ruisseau qui s’écoulaient dans les Appus. Elle emmena également quelques objets personnel et d’autres plus utiles, telle qu’une statuette de vois représentant Kuntur, le condor, que son frère lui avait offert il y a longtemps et qu’elle gardait précieusement, une corde habilement tressée, des boîtes d’allumettes, de quoi faire cuire et manger la nourriture, une boussole, une carte de la région déniché miraculeusement et quelques autres objets. Elle fourra le tout dans un sac habilement confectionné par ses soins il y a longtemps et elle partit avec la première neige, le jour même ou sa mère désespérée allait quérir l’aide du prêtre du temple du soleil pour exorciser le démon qui hantait sa fille. Debout sur affleurement rocheux dominant le village, au dessus des terrasses de culture, Manco regarda partir sa sœur, les entrailles curieusement tordues, sachant bien qu’elle ne pouvait demeurer plus longtemps au village, puisque lui-même ne pourrait la protéger éternellement. Il adressa silencieusement une prière au Dieu Soleil Inti, le Dieu de ses ancêtres Incas, en espérant que cela porterait chance à Inguill. Et puis il effaça à jamais de sa mémoire sa jeune sœur possédée par l’esprit du loup.

Inguill avait voyagé un mois durant. Dans les montagnes, il était facile de survivre lorsqu’on connaissait la région et les animaux qui y vivait. Elle avait toujours voyagé de jour, entretenant le feu la nuit, dans la crainte de recroiser l’homme loup qui l’avait mordu. Mais cela n’arriva pas. Le voyage fut rude, Inguill n’avait pas choisit la bonne période pour partir. L’hiver commençait. Mais dans les montagnes, il arrive qu’il neige même en août. Le climat ne lui faisait pas peur, elle avait toujours vécut dans les Andes et elle connaissait bien les humeurs capricieuses et changeantes des Appus. Oui, elle pouvait bien survivre encore des mois dans ses montagnes familières qui étaient comme de vieilles amies protectrices, veillant sur ceux qui avaient grandit en leur sein.
Mais l’endroit où elle avait atterrit en suite ne lui était en rien familier. Une ville, aux pieds des Andes. Elle n’en connaissait pas le nom, mais elle resta gravée dans sa mémoire. Elle n’en garda rien de très précis, juste des odeurs étranges et désagréables, bien loin des senteurs de la forêt et de l’air pur des montagnes, des lieux bizarres, des formes inhabituelles, et puis surtout des sons. Une effroyable cacophonie, insupportable et incessante, des cris humains aux vrombissements des voitures, tout lui semblait inconnue, nouveau, pas normal. C’est comme si en descendant de ses montagnes elle avait découvert un autre monde. Et c’était presque le cas. Inguill avait débarquée dans la civilisation…
Et c’est là qu’elle avait rencontrée Adrian. Adrian était espagnol, sa famille vivait au Pérou depuis plusieurs génération mais ils étaient arrivés bien après la colonisation du Pérou par les conquistadors espagnols, aussi ce pays avait-il toujours été pour lui moderne et ‘civilisé’. Il ne pouvait en aucun cas imaginé de quel lieu reculé et isolé Inguill pouvait bien venir. Adrian avait presque 30 ans, mais ce comportait toujours comme un gamin. Il avait plaqué ses études pour parcourir le pays entier et s’adonné à sa passion : la photographie. Il vendait ses clichés aux guides touristiques, aux magazines, aux éditeurs. Il avait même fait un livre de ses photos du Machu picchu, la citée sacrée –et secrète- des Incas. Cela lui suffisait pour vivre. De plus il avait hérité d’un oncle décédé il y a tout juste 2 ans, et il avait de quoi vivre encore longtemps. Il vivait au jour le jour sans se poser de questions.
Il était tombé sur Inguill alors qu’elle errait dans les rues, perdues, épuisées et à bout de force. Il l’avait arrêtée et lui avait demandée si ça allait et la jeune fille lui était presque tombée dans les bras d’épuisement. Elle était en piteux état, ses vêtements étaient étranges, sales et abîmés, et ne ressemblaient à rien de ce que l’on trouvait dans les magasins. Il l’avait ramené à son hôtel. Inguill avait pris une douche, dévoré un repas aux plats étranges et inconnus, puis elle s’était endormie comme une masse. Le lendemain, son épuisement et son incompréhension, sa peur aussi, eurent raison de sa méfiance naturelle et, encourager par sa sympathie et son sourire, elle raconta son histoire à Adrian. N’importe qui d’autre aurait posé des questions, demander comment cela était possible, appeler les autorités, serait resté incrédule. N’importe qui sauf Adrian. L’histoire de cette adolescente lui plaisait bien. Son caractère naturel le poussa à décider sur un coup de tête de la prendre sous son aile. Et Adrian lui fit découvrir cet autre monde…

Deux années avaient passé. Adrian avait fait découvrir le ‘monde moderne’ à Inguill, éblouie par tant de technologie, frappée par toute ces choses qu’elle n’aurait même pas pu imaginer. En deux ans la jeune fille avait rattrapé son retard sur la société, et on aurait pu croire à présent qu’elle avait toujours vécu dans la ‘civilisation’. Elle vivait pleinement sa vie d’adolescente, et en cela Adrian l’y aidait beaucoup. Ils voyageaient ensemble de ville en ville, et Inguill connaissait presque aussi bien le Pérou que ses montagnes natales. Bien sur il avait bien fallu avouer à Adrian qu’elle était un loup garou. C’était cela sans doute qu’il avait eu le plus mal à accepter et à comprendre. Mais il l’avait aidé à accepter cette partie de ce qu’elle était. Une année passée à ses côtés avait rendu Inguill moins farouche, plus souriante et plus bavarde. Plus heureuse aussi, bien plus qu’elle ne l’avait jamais été. Malgré tout elle demeurait très solitaire, réservé, et particulièrement silencieuse et farouche avec les gens qu’elle ne connaissait pas, c'est-à-dire tout le monde sauf Adrian. L’homme avait veillé à ce qu’elle ait une éducation et Inguill avait appris avec avidité. Si elle n’avait pas le niveau d’une collégienne, elle avait quand même une connaissance respectable des matières scolaires.
Adrian avait un peu réconcilié Inguill avec le genre humain, mais la jeune fille se sentait toujours bien plus proche des animaux. Les chats, les chiens, les chevaux avaient remplacés les loups, les condors et les viscachas. Un jour elle avait recueillit un chaton, un petit chat chétif et complètement noir. Maintes fois il la griffa, jusqu’au sang parfois, maintes fois il la mordit, quand les griffes n’était suffisantes pour la décourager. Mais rien n’y fit, Inguill continua de s’occuper du chaton farouche. Et petit à petit elle devint la seule personne qui puisse l’approcher, même Adrian n’y était pas autorisé. Il se moqua plusieurs fois qu’elle veuille garder cet animal qui ne cessait de la griffer et de la rejeter. Il était associable selon lui. Oui mais il revenait toujours. Inguill l’appela Michi, ce qui voulait dire chat, en Quechua. En plus du Quechua, sa langue natale, qui l’une des deux langues parlées au Pérou, Inguill avait appris l’espagnol (qui était la deuxième langue parlée dans le pays).

Un jour Adrian parla à Inguill d’une école qu’il avait découverte en Amazonie. Une école pour spéciale, très spéciale. Ils en parlèrent longuement et Inguill se rendit compte que c’était le meilleur moyen pour elle de recommencer une vie, rencontrer des gens, évoluer, et s’assurer un avenir tout en acceptant le fait qu’elle était et serait toujours un loup garou. Au bout d’une semaine sa décision était prise. Adrian était triste de la quitter mais heureux pour elle. Et Inguill quitta le Pérou, avec une seule et unique valise, et Michi, emportant comme seul vestige de son passé la statuette en bois de Kuntur, le condor.
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