École Héméra

École de Sorcellerie
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 Urgencia

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Ruth Kajal
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MessageSujet: Urgencia   Dim 10 Sep 2006 - 13:16

Ruth arriva à l'infirmerie en courant presque mais pas tout à fait pour ne pas secouer trop le blessé. Les mains prises, elle défonça la porte de l'infirmerie d'un coup de pied bien placé et posa Raginhard sur le lit le plus proche. Il perdait beaucoup de sang.

Avec les courts uniformes d'Héméra, elle ne pouvait pas déchirer ses vêtements pour s'en servir comme bandages. Il devait surement y en avoir des vrais dans cette infirmerie. Mais Ruth ne savait pas où et n'avait pas le temps de fouiller. Elle déchira la chemise de Raginhard et, tant bien que mal, serra les plaies avec. Le visage du garçon était livide. La chemise déjà boueuse et ensanglantée fut rapidement totalement rouge.

Impuissante et extrêmement angoissée, elle cria, appela au hasard, s'adressant au plafond :


"Au secours, ayuda ! L'infirmière, un prof ! je sais pas moi, n'importe qui ! Même Jaye, ce serait mieux que personne !"

Elle vit alors de petits points noirs danser devant ses yeux et vacilla, avant de tomber à terre. La douleur, occultée par l'adrénaline et la transe berserk, revint alors et elle se rendit compte que la panthère l'avait férocement griffée à la cuisse avec ses pattes arrière. Elle perdait rpesque autant de sang que Raginhard. Sur ce constat, elle sombra à son tour dans l'inconscience.
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Chelsea Roleck
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MessageSujet: Re: Urgencia   Lun 16 Juil 2007 - 11:50

Portant un épais sac sur les épaules, Chelsea sautillait joyeusement en suivant la piste rouge. C’était marrant, toutes ces petites tâches. Elles lui rappelaient vaguement un « le-Petit-Poucet version sanguinolente ». Comme cet endroit était grand, peut-être que des gens avaient décapité une volaille ou un autre truc du genre pour mieux s’y retrouver. Les enfants savaient s’occuper avec un rien, hein. Ou alors… une énooooorme bestiole, ou un énorooorme Hollow avait fait irruption dans le bâtiment, et avait tout saccagé. Ca aurait été marrant, ça, de revenir dans l’Underground faire son rapport en prétextant que ça n'était pas de sa faute, qu'ils étaient déjà tous morts. Mais quelque chose lui disait qu’elle serait tenue pour responsable, ne serait-ce que par la volontaire, calculée et particulièrement préméditée lenteur de son voyage, ses détours, ses arrêts inutile et ses plaintes constantes pour ne pas partir.
Au cas où, Chelsea réadapta ses sens à la perception des âmes. Nnn… trop nombreuses. « Encore » trop nombreuses ? Non, vivantes. Donc Hollow exclu, ou bien l’éventuel carnage était en train d’avoir lieu ; et il se serait entendu ; et elle n’aurait pas été seule. Bon, ça n’enlevait rien au fait qu’elle n’avait pas rencontré âme/corps qui vive, mais… il y avait autre chose, aussi… quelque chose que, plus elle essayait d’identifier, plus son envie de
boire un café augmentait. Peut-être qu’elle avait faim et que c’était une odeur de nourriture ? … cette nourriture-là lui donnait plutôt une délicieuse envie de vomir.
S’agenouillant, la shinigami passa sa main gantée sur le sol, étalant une tâche au passage. Pas de résistance ; c’était frais, loin d’être coagulé. Donc, récent. D’un autre côté, sans doute auraient-elles eu le temps d’être nettoyées, si ça n’avait pas été le cas.

Sans préavis, Chelsea bondit de sa position statique et se mit à courir de toutes ses forces en suivant la lignée de tâches rouges, tout en souriant. Courir à la recherche de quelque chose, sans curiosité réelle, juste pour savoir tout en s’en fichant ; maintenant qu'elle était ici, elle pouvait légitimement se permettre d'adopter l'attitude dont elle avait envie. ‘Karu lui avait dit qu’elle trouverait certainement le moyen de s’amuser, et, en effet, les choses commençaient bien. Là, ça montait et continuait sur un escalier. La shinigami gravit les marches quatre à quatre, pas résolue pour un sou à utiliser ses facultés pour aller plus vite (et puis, les utiliser dans un
corps avait toujours était foncièrement plus tuant). Tourner à gauche, tout droit dans ce couloir et…
Chelsea s’arrêta brutalement, perdant momentanément l’équilibre alors qu’elle avait failli
ne pas tourner et foncer droit dans un mur. Les tâches s’étaient arrêtés dans le couloir, et continuaient dans une pièce – ce qui voulait dire un endroit isolé où la volaille possiblement égorgée aurait pu se trouver. Oh. D’après l’odeur sanguinolente particulièrement forte, où la « volaille » se trouvait, même si ça n’était pas du sang animal. D’une, ça perdait trop de sang, et de deux, la présence humaine qu’elle ressentait dans la pièce empêchait toute erreur. La ? Non, deux. Eh ? Deux ? Sacrément ténues, ça, pour deux personnes…

Décidant de se fier à sa vue, pour commencer, la shinigami observa d’abord la porte. « Ouverte de la mauvaise manière » aurait été le reproche qu’on lui aurait adressé, si c’était effectivement elle qui avait été la responsable de sa destruction. Elle ne devait pas être solide, cette porte. Juste devant, il semblait y avoir un peu plus de sang, comme si, quelques dixièmes de secondes, une personne était restée devant avec une plaie ouverte. Son regard glissa en suivant les tâches, et elle dut bientôt rentrer à l’intérieur pour les suivre. Rentrer dans cette pièce qui était une…
L’infirmerie ! Claquant des doigts et bénissant sa chance et les traces de sang qui lui avaient permis de trouver cet endroit sans qu’elle ait eu à le demander préalablement, Chelsea parcourut la pièce du regard. Avant de buter sur deux formes humaines, l’une sur un lit et l’autre par terre. La forme sur le lit était celle d’un garçon, la chemise passablement ouverte.



* Je suis PAS en train de me faire des idées ! *

Se demandant ce qu’était devenue cette salle (‘puis, hein, un recyclage de salles désertées, ça avait toujours été honnête, était toujours parti d’une bonne intention) et s’il serait poli de quitter la pièce (juste par curiosité, parce que, officieusement, elle ne comptait pas se priver de quoi que se soit), ses oreilles perçurent le bruit des gouttelettes contre le sol au même moment où ses yeux s’apercevaient que la chemise n’était pas ouverte mais déchirée et que le rouge n’était
pas sa couleur initiale. Ah. Officiellement, il serait sans doute extrêmement malvenu de quitter la pièce.

Chelsea franchit les quelques mètres du lit avant de s’agenouiller à côté de la fille, tout en réfléchissant plus vite qu’elle n’aurait voulu avoir à le faire aujourd’hui. Ils étaient tous les deux couverts de boue et de sang. Là, sur le garçon, l’amas de tissus rouges qui avaient à une époque lointaine certainement servis de vêtements devait probablement être une tentative pour arrêter momentanément un écoulement. Quant à la fille, qu’elle retournait sur le dos en plaçant sa tête sur ses genoux… de profondes plaies sur sa cuisse, la flaque qui s’élargissait, le bruit des gouttes qui venaient l’agrandir et ses propres vêtements qui devaient prendre un rouge plus sombre. Quelle bestiole avait pu faire ça ? Il FALLAIT qu’elle le sache. Un truc qui pouvait faire des dégâts aussi considérables, ça pouvait toujours être merveilleusement utile. Et elle n’avait pas encore d’animal de compagnie.
Maintenant, elle. Qu’est-ce qu’on attendait qu’elle fasse ? Ah, ça… ‘Karu-san disait toujours qu’il fallait connaître un endroit pour le tourner à son avantage. Il était bien placé pour le dire : il n’avait aucune mémoire, et elle se repérait mieux que lui chez lui. Alors que sa mémoire à elle était assez fréquemment qualifiée de déplorable… ? Il lui aurait probablement fallu du temps pour bien s’approprier l’endroit, voir y foutre « un bordel inimaginable » pour mieux s’y retrouver.

D’abord, penser à l’état crasseux. Ces deux-là avaient visiblement (et, malheureusement, olfactivement) traîné dehors. Ca, nettoyer l’extérieur, elle savait. Dans tous ses sens, le boulot de « nettoyeur » avait toujours été ce qu’elle préférait. Par contre, de l’eau… où est-ce qu’on pouvait trouver de l’eau ici… ? Bon, d’abord plaquer quelque chose sur la cuisse de la petiote, ensuite, s’occuper du mioche. Ah ! C’est vrai. Vérifier s’ils étaient conscients, avant.

Mordant dans le tissu qui recouvrait son majeur, la plus-très-jeune-femme tira afin d’extraire sa main droite avant de répéter la même opération pour la gauche, puis de lâcher prise pour permettre aux gants de tomber lentement sur le sol. Main gauche sur les paupières de la gamine pour vérifier, main droite sur celles du mioche, puisque aucun des deux ne semble vouloir lui donner d’indice sur celui qui mérite le premier une attention extérieure.


"Y’a quelqu’un ?"
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Ruth Kajal
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MessageSujet: Re: Urgencia   Lun 16 Juil 2007 - 12:19

Araña sentit une main fraiche posée sur ses yeux. Dieu que sa cuisse lui faisait mal. Les types contre qui elle avait eu à se battre auparavant n'avaient pas de griffes.

La fraicheur des doigts dissipa quelque peu les points noirs qui dansaient dans les yeux de Ruth. Un voix interrogative l'accrocha un peu plus à la réalité. Elle répondit d'une voix faible.


"Eh... Salvatora... Faut s'occuper de l'autre, il est tout gringalet, il résistera pas..."

Araña songea ensuite qu'elle s'était toujours débrouillée pour ne pas être aussi gravement blessée, avant. Alors qu'elle vivait dans un milieu dangereux. Là, une école, c'était pas censé être dangereux. Censé. Leçon retenue. Pas de préjugés. Une forêt non domestiquée, c'était dangereux. Des balles, des coups, ça vous faisait pas pisser le sang comme ça. Des griffes, si. Les griffes, dangereux. Les préjugés, dangereux. L'excès de confiance en soi, dangereux.

Elle avait eu de la chance qu'il y ait une nouvelle infirmière. L'école était restée un moment sans infirmière. Les élèves ne s'étaient pas plains. Les élèves de cette école n'étaient apparemment pas concernés par les crèves, les maux de tête, les gastro et les règles douloureuses. Pour les trois premiers, Ruth avait une assez bonne constitution. Pour le dernier, un truc infaillible : se mettre dans un coin isolé pour ne déranger personne (1), et entrer en transe berserk. Rien de tel pour supprimer la douleur. Mais là... Elle était trop faible pour supprimer la douleur. Et elle était moins en danger que l'autre gringo.




(1) assez isolé pour ne décapiter personne, au moins.
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Renart Raginhard
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MessageSujet: Re: Urgencia   Mar 17 Juil 2007 - 11:02

Des tâches sombres et roses semblaient éclater derrière les yeux de Renart. Un cerveau rose, une plante verte rose, une panthère rose, un tuyau d'arrosage rose... rose était la seule couleur qui semblait encore exister.

oO Rose... Peut-être que je me suis transformé en fille ? En parlant de fille, la panthère... c'était une fille, à tous les coups... rose... ou alors un homo... ça existe, les panthères homo ? ...Peut-être que je me suis transformé en homo ? ...comme le frère Arno qui... il a des tapisseries bizarres... tapisseries... oh, merde, je sais plus si j'ai enlevé le bout de fromage de celle du Graal... Frère Albert va encore me tomber dessus... Je pourrai jamais avoir ma bagnole rouge s'il m'en empêche... 'fin, rose, vu que j'suis dev'nu une fille ou un homo... et d'toute façon y'a plus d'rouge, que du rose, maintenant... Putain, c'est froid, le rose... Oo

La respiration de Renart était ténue, laborieuse. Il ne réagit pas au contact des doigts sur ses yeux -il eût été bien en peine de réagir, n'en ayant presque pas conscience.

oO Mais c'est mieux que le noir, parce que putain, c'est brûlant, le noir... 'me gêne pas d'être une fille si 'fait moins chaud... Et puis si je suis à la fois une fille et homo, j'pourrais garder les 'tapisseries' que j'ai piquées à Frère Fritz... non, que je vais lui piquer. Uh, je crois... ? Est-ce que j'ai déjà... Merde, je sais plus... Oo

...Presque pas conscience.






[Et un Rag délirant, un. (Je viens de me réveiller, alors on sent encore les effets du DealShip des conneries dont j'ai rêvé (mais je veux pas acheter Gravitation, bordel =___= c'est la deuxième fois que ça me le fait...))]
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Chelsea Roleck
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MessageSujet: Re: Urgencia   Lun 30 Juil 2007 - 18:17

La réponse, unique et solitaire, vint de la gamine. Gamine qui, constat t-elle en se penchant davantage sur elle, avait quelques traits prometteurs d’un beau visage. Pouvait-elle d’ors et déjà la désigner, non plus comme une « gamine », mais comme « une gamine mignonne », ou devait-elle attendre de le vérifier, une fois les couches de sang et de boue enlevées ? Et qui allait enlever ça, hein ?
Chelsea décida finalement de se concentrer sur le contenu qu’elle venait de lâcher d’une voix faible. Elle l’encourageait (ou plutôt, lui ordonnait, mais elle ne devait pas savoir ce qu’elle disait, après tout) à s’occuper du « gringalet ». La pensée que, malgré son état lamentable, elle continuait à s’inquiéter pour le gamin lui aurait probablement arraché un sourire sincère devant la stupidité de la volonté de gamine, si elle n’avait pas été présentement et progressivement souillée par du sang de presque-humain. Il faudrait aussi qu’elle fasse attention à ça, maintenant, ne pas mélanger les sangs des deux gosses. Deux. Ah oui, le deuxième, il n’avait pas répondu, lui.
Vue sa position éloignée et l’ensemble des petites perceptions qu’elle pouvait attraper au passage, elle n’était pas vraiment sûre que quelque chose avait légèrement bougé sous les doigts de sa main droite. Bon. Gamine-probablement-mignonne était consciente. Gamine-probablement-mignonne avait encore la force de parler.

Première chose, analyser le plus objectivement possible les données qui s’offraient à elle. Des deux victimes, une avait confirmé qu’elle était consciente. Hémorragie d’origine traumatique dans les deux cas, au cou pour le gamin, à la cuisse pour la gamine. Cause inconnue, mais en asticotant la gamine, ça devrait pouvait s’éclaircir. L’écoulement du sang continuait. Hémorragie… y’avait bien un truc, assez rapide, utilisé parfois par les sorciers… même pas parfois, souvent.


* Essence. *

Le mot s’était imposé dans son esprit, sans que le reste de l’appellation daigne suivre. Etait-elle en train de se dire qu’il valait mieux en asperger les deux gosses avant de leur jeter une allumette, pour abréger leur souffrance ? Chelsea n’avait jamais eu à cautériser une plaie de cette importance. 'Probablement pas recommandé. Est-ce que ça marchait mieux, lorsque l’on versait de l’essence dessus ? Mais il n’y avait probablement pas d’essence, ici, dans cet endroit perdu. De l’alcool, peut-être ? Ou de l’eau de Cologne ? Ca serait plus facile à trouver. Oh oui, de la vieille eau de Cologne… elle arrivait déjà mieux à se représenter les hurlements qui suivraient. Souhaitait-elle trouver de la vieille eau de Cologne, donc ? Des fois, son flot discontinu de pensées semblait la dépasser elle-même. D’ailleurs, comment en était-elle arrivée là… ?
Ah, oui, « essence ».


* Essence. Esseeeeeeeence… de ? *

Raisonnablement, ça n’était pas de l’essence comme elle l’entendait, qui tâchait et sentait mauvais. Essence de… essence de… ?

* … Dictame ! * termina une voix intérieure insoupçonnée, comme si, quelque part subsistait un semblant de mémoire qui s’occupait des choses inutiles.

Essence de Dictame. Ca… ça…
… c’était une autre forme de douleur olfactive, une autre expérimentation des tâches qui dépassaient l’entendement presque-humain. Ce truc infâme, cet ennemi à affronter, il devait y en avoir dans cette pièce, quelque part. elle en donnerait d’abord au gamin, tiens, une fois qu’elle en aurait trouvée. Faire un truc à la gamine, avant qu’elle part en vadrouille à quelques mètres, serait peut-être plus sûre. Déjà, la maintenir éveillée, ou, au moins, consciente.


"Dis-moi donc : c’est un loup-garou, qui vous a fait ça ?"

Elle avait posé la question un peu au hasard, parce qu’il lui fallait un nom de grosse bébête, mais la plaie de la jeune fille sembla infirmer sa question lorsque la shinigami s’en approcha. Griffes. Habituellement, les loups-garous se servaient plutôt de leurs crocs pour étrangler leur proie. De plus, même en supposant qu’il l’ait plaquée à terre et que sa patte ait creusé sa cuisse, elle aurait dû se détendre à ce moment, et ainsi prolonger la plaie sur plusieurs dizaines de centimètres supplémentaires. Au niveau de la longueur, même, ça ne collait pas vraiment. D’ailleurs, la pleine lune, c’était quand ? C’est pas la nuit, d’habitude ? Non, raisonnablement, ça ne devait pas être une chose capable de se tenir debout qui avait pu lui laisser ses marques.

Des yeux, Chelsea chercha un coin de drap sur lequel était « allongé » (posé un peu n’importe comment aurait été plus exact) le gamin encore immaculé, en empoigna une extrémité qu’elle tira tout en frôlant de ses doigts le tissu aussi que le luit permettait ses bras. La surface se détacha du tout comme une feuille morte. La shinigami se tourna vers la gamine-probablement-mignonne aux cheveux noirs. Elle n’aurait probablement pas assez de force pour le maintenir elle-même ; faire un bandage serré n’était pas du tout recommandable, mais c’était la seule possibilité qui semblait s’offrir à elle pour l’instant, puisqu’elle ne pourrait pas maintenir elle-même un garrot. Elle fit donc passer le tissu pas stérilisé par dessous la jambe de la petiote, hésita un quart de seconde avant de serrer, de refaire un tour, serrer, faire un dernier tour et monter un nœud grossier à côté de la blessure, sans écouter les éventuelles protestations qui devaient s’entendre. Il commençait déjà à s’imbiber.


"Hum… si ça fait mal, rappelle-toi que ça sera pire quand je l’enlèverai. Ah, et essaie de voir le bon côté des choses, aussi. Trouve-le par toi-même et dis-moi quand tu auras la réponse, d’accord ?"

Jetant un œil à l’ensemble de la pièce, elle essaya de deviner ou son prédécesseur avait bien pu ranger chaque chose. Les portes, là-bas, donnaient peut-être sur des salles stériles ? Les deux gamins ne résisteraient peut-être pas à un ballottage jusque là. Et les étagères… rien ne traînait, et c’était justement ça qui la repoussait. Essence de Dictame… et s’il n’y en avait pas ? Elle devrait avec les moyens du bord et ce qu’elle avait sur elle. Qu’est-ce qu’elle avait sur elle, d’ailleurs ? Karu-san n’avait pas confiance dans les méthodes humaines ; il lui avait bien rajouté trois, quatre ou une dizaine de petits trucs dans son sac quand elle avait le dos tourné, hein ?
Saisissant le baluchon, elle le planta à côté du corps du gamin et se releva. Il allait falloir enlever les couches de tissus pour les remplacer par d’autres. Mais d’abord, Essence de Dictame, songea t-elle en ouvrait la première étagère qui s’offrait à elle et fouillant parmi les bouteilles, lisant distraitement les noms bizarres.


* Si un bout d’artère avait été arraché, il serait mort depuis un moment. Pareil pour la gamine. Les « trucs tranchants » les ont peut-être ouvertes, par contre. *


(En fait, la prestation du groupe Saint Seya de Game in Paris 3, c’est un excellent fond sonore pour faire ses messages XD « Pour vous c’est mort… »)
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Ruth Kajal
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MessageSujet: Re: Urgencia   Lun 30 Juil 2007 - 20:42

Araña rouvrit un oeil. Qu'on la laisse dormir... on ne sent pas la douleur quand on dort... elle répondit d'une voix toujours très faible, priant pour qu'on la laisse dormir en paix après ça.

"...una pantera..."

La Salvatora s'agita un peu et recommença à parler, forçant Araña à émerger de nouveau. La voix était assez lointaine... Qu'est-ce qu'elle disait... faire mal? déjà assez mal... un peu plus ou un peu moins... qu'on la laisse oublier la douleur... trouver le bon côté des choses... oh, non, pour trouver il fallait chercher... pour chercher il fallait penser... Araña ne voulait pas penser...

La Salvatora fit quelque chose à sa cuisse. La douleur explosa dans la cuisse de la jeune berserk. Mais c'était une vraie douleur comme elle savait les supporter, pas une douleur lancinante comme celle qui la tiraillait depuis qu'elle s'était effondrée. un douleur qui la soulageait presque, lui faisant oublier l'autre. Mais la douleur se calma et l'autre revint.

Alors elle réfléchit, pour répondre au plus vite et pouvoir de nouveau oublier la douleur... qui l'empéchait de réfléchir clairement. Le. Bon. Côté. Des. Choses. Qu'est-ce qu'elle avait réussi ?


"El lado bueno de la noticia... lo he encontrado... No he matado a nadie... de momento."

Est-ce qu'on allait la laisser tranquille maintenant? S'enfoncer dans le sommeil, sans douleur, sans douleur...


Dernière édition par le Lun 13 Aoû 2007 - 17:36, édité 1 fois
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Chelsea Roleck
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MessageSujet: Re: Urgencia   Ven 3 Aoû 2007 - 0:13

L’écriture sur les bouteilles était petite. Affreusement petite. Non, elle n’avait pas de problèmes de vue ; c’était juste cette fichue écriture qui était petite, comme pour dissuader un nécessiteux à s’en servir. La fillette n’avait toujours pas répondu. Les gamins, c’était chiant, ça faisait jamais bien comme il fallait. Seol-A était juste une exception, dans son genre.

* … mais est-ce que passée six siècles, on peut toujours considérer quelqu’un comme un gamin… ? *

Ca, ça aurait mis un peu d’espoir dans le monde…
La voix de la gamine, faible comme son état, finit par lui répondre en retard. Pas en Anglais. D’une voix basse, en plus. Comment ne pas songer que le monde entier se liguait contre elle ? Que quelqu’un (‘Karu-san, par exemple) l’avait poussé dans un guêpier, un piège immense où elle devrait faire preuve de patience, de savoir-faire, de cult…

Sa main se bloqua en comprenant les premiers mots de la gamine, alors qu’elle se figeait comme si elle venait d’avaler une grosse arrête par inadvertance.


* … une panthère… ? *

Chelsea tourna le dos à l’étagère, croisa lentement ses bras, puis hocha la tête comme si elle comprenait des aspects plus lointains que n’aurait pu concevoir le commun des mortels. Cette technique-là, à force d’utilisations abusives, avaient finir par être un réflexe, une chose qu’elle accomplissait sans trop y faire attention. Il laissait la libre interprétation aux éventuelles spectateurs. La plupart du temps, on pouvait y donner deux visions classiques : soit elle pouvait comprendre les répercussions que toutes les informations données pouvaient avoir, soit les dommages collatéraux du cerveau de son vis-à-vis devenaient particulièrement claires à ses yeux. En l’occurrence, il n’y avait pas de témoin, mais la shinigami se sentait particulièrement fière d’elle, d’être restée maître d’elle-même devant une colle. Est-ce que c’était normal, ça, pour une blessure de panthère… ? Les panthères, ça vivait ici ? C’était pas dans la savane, ou les déserts… ?

La shinigami retourna sans ses fouilles tandis que la gamine continuait à faire valoir son vocabulaire étranger. Bien, très bien, même, puisqu’elle continuait à parler. Même si ses contenus se paroles n’étaient pas… révélateurs sur la situation. Elle délirait, plus que ce que faisaient habituellement les gamins dans leur état normal. Panthère, ça disait « grosse bestiole qui amenait avec elle tout un tas de bébêtes qui ne demandaient qu’à se développer dans le corps de ses victimes ». L’Essence de Dictame, elle, soignait juste les plaies. Ca promettait, cette histoire…

Chelsea écarta une rangée supplémentaire. Un flacon d’une couleur proche du marron, pas intéressante, pas fascinante, tout ce qui pouvait encourager à regarder ailleurs, faisait tâche au milieu des aspects exotiques ou écœurants des bouteilles alentours. Aspect vomitif, odeur peu ragoûtante, mais efficacité garantie. Le
« Ess. Dictame » devait être écrit d’une taille encore plus réduite que les autres, mais ça semblait bien être la bonne bouteille. La saisissant entre deux doigts, elle la goba dans sa main. Déjà ça.

La petiote avait arrêté ses élucubrations en langage dégénéré. Bon ou mauvais point ? Pour elle, bon, sans doute, le fond en langage étrange s’était au moins arrêté…

Par petits bonds, Chelsea rejoignit le lit où était censé être allongé le garçon. Faire parler la fille.


"Bien. Une panthère. Dans le parc ? La forêt ? Loin, près du château ?"

Elle fermerait la plaie, s’occuperait de la petiote, puis alternerait entre les deux pour s’occuper des infections bébêtiennes. Sautant sur le lit, elle passa une jambe de chaque côté du garçon, pliant les genoux pour se retrouver à quatre pattes au-dessus du mioche, sans presser pour autant sur son corps, puis ouvrit grand son sac pour en sortir une trousse qui contenait elle-même un ensemble de scalpels et d’objets tranchants à diverses destinations. Ouvrir la bouteille, enlever les bouts de tissus – eurk… – qui entouraient la plaie à la gorge, nettoyer autour, verser deux portions, maintenir les plaies.

* … *

Ouvrir cette fichue bouteille récalcitrante…
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Ruth Kajal
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MessageSujet: Re: Urgencia   Ven 3 Aoû 2007 - 17:11

Ruth avait presque fini de replonger dans la douceur de l'inconscience qund cette voix, cette insupportable voix, la ramena à la réalité une nouvelle fois.

Le temps d'émerger, elle n'entendit que la fin de la question. "forêt? Loin du chateau?"

Oh, bordel, qu'est-ce qu'elle en savait, et qu'est-ce qu'on en avait à foutre que ce soit loin du chateau ou pas... Ah, elle demandait si c'était dans la forêt. Elle se préoccupait peut-être de l'intégrité physique des grindalets comme Rag' qui ne savaient pas se défendre...


"... dans la forêt."

La jeune fille ferma les yeux et sembla partir encore une fois mais, sans les rouvrir, elle reprit pour terminer sa réponse :

"Les gustan los arboles a las panteras. Quedan en la selva... Loin... No sé. Ya no me acuerdo... Quizas el gringo lo sepa..."

Araña n'avait habituellement aucune difficulté à parler anglais, mais l'espagnol qui était sa langue natale lui revenait toujours plus facilement, et dans l'état où elle était elle n'y faisait plus guère attention.

Elle essaya d'ouvrir les yeux mais ses yeux étaient brouillés. Des petits points noirs et puis... de l'eau. Dios, ça faisait mal les panthères, plus qu'une balle... Bon, qu'est-ce qui avait le même effet sur la douleur qu'une transe berserk? (sur la douleur, pas sur les réflexes...).


"Salvatora... Tiene morfina, usted?"


Dernière édition par le Lun 13 Aoû 2007 - 17:41, édité 3 fois
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Chelsea Roleck
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MessageSujet: Re: Urgencia   Lun 13 Aoû 2007 - 17:25

[J’ai envie de m’excuser pour les non-sens et les tournures de phrase bizarres qui vont inéluctablement arriver… The Hamster Dance, c’est décidément pas bien XD. Ruth et Rag’ aurait été attaqués par un hamster géant, encore… * idée naissante d’une attaque de Hamster *]

Ses doigts glissaient, essuyant divers affronts sur la surface de verre. Comble du refus d’obtempérer, le bouchon, orné de stries, finirait probablement par lui râper les doigts. Encore quelques tentatives, et Chelsea finit par admettre qu’elle n’y arriverait pas comme ça, au moment ou la gamine se décida à lui répondre – en Anglais. Dans la forêt, qu’elle disait. Bieeen ! Les chances que la panthère soit sommairement exécutée avant qu’elle ne la trouve venait de se réduire. Au moins, après ces deux-là, elle aurait quelque chose à faire, pour s’occuper.

* Ca doit être grand… assez grand pour monter dessus ? Y’a un verbe pour « chevaucher une panthère » ? Est-ce qu’elle va plus vite que moi ? D’abord faire la course contre elle, et ensuite… *

La suite de ces paroles fut, encore une fois, insaisissable. Un mélange confus de mots au consonances étrangères, qui glissaient sur elle comme ses doigts glissaient sur le verre de cette fichue bouteille. Bouteille. Elle ne serait pas patiente avec cette bouteille, elle le savait. Pourtant, l’ouvrir de manière indisciplinée lui poserait le problème de trouver un autre récipient par la suite – elle ne la finirait jamais, les potions les plus efficaces étaient aussi les poisons les plus rapides, violents et fiables quand on les dosait mal.
Chelsea se contenta de hocher la tête comme si elle se rangeait de l’avis de la suite du babillage de la gamine – chose qu’elle ne pouvait même pas voir, mais qui permettait néanmoins à la shinigami de se conforter dans la pensée que la langue qu’elle utilisait était bien barbare –, lui accordant par là le même degré d’attention que si elle avait été en bonne santé, et qu’elle avait parlé dans la bonne langue. Elle lui pardonnerait : elle était mignonne.


"Euh… tient un mort fin à Ouste ?" hasarda t-elle en rassemblant les bribes de syllabes qu’elle avait tenté d’enregistrer pour les disséquer par la suite.

Entoura le col de ses doigts, elle se concentra une ou deux secondes dessus puis relâcha sa prise en sentant que le bouchon s’affaissait avec le reste de verre de la face supérieure. Bien ! Elle venait d’ouvrir la bouteille sans avoir aucune chance de pouvoir la refermer. Cet objet là finirait à la poubelle, par sa faute. Il y avait de quoi être triste devant le sort infortuné de cette bouteille qui avait refusé de se plier à l’ordre simple de se laisser ouvrir.


"Mal, ça, je pense… soif ? ankylosée ? tu saurais me dire si ta jambe est engourdie ou raide ? D’ailleurs, tu sens encore ta cuisse ?"

Elle avait plutôt l’air d’un professeur agressif qui bombardait un élève de questions par représailles, sorte de réprimande injuste qui n’avait d’autre but que de faire pleurer ledit élève.
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Ruth Kajal
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MessageSujet: Re: Urgencia   Dim 19 Aoû 2007 - 14:53

Araña (1) était partagée maintenant entre le désir d'en finir et de plonger dans le plus profond sommeil et le peu d'instinct de survie qui lui restait et lui recommandait de se raccrocher aux paroles de la salvadora. Paroles qui n'avaient aucun sens par ailleurs.

"...mort?"

*...*

Ah ! Le temps que l'esprit d'Araña veuille bien fonctionner fut nécessaire pour que la jeune berserk comprenne que la salvadora ne parlait pas un mot d'español. Araña ne se sentait pas le courage de répéter ses dires en anglais. Elle ferait simplement plus attention la prochaine fois.

Prochaine fois aui apparemment ne tarderait pas puisqu'une nouvelle question franchit les lèvres de la salvadora. Enfin, Araña ne pouvait pas voir ses lèvres, mais la question pouvait difficilement sortir d'ailleurs...

Soif? Oui... Elle ne s'en était pas rendu compte, toute concentrée qu'elle était sur ses autres sensations, mais sa bouche était affreusement sèche.


"Soif."

Une question à la fois, hein. Bon, la suivante... ankylosée? Araña ne comprenait pas le terme. Il y avait "kilo" dedans. Kilo = mille ? Cette solution ne l'aidait pas vraiment à comprendre. Kilo = poids lui semblait déjà plus facile. Elle n'avait que foutre des probabilités, mais c'était simplement plus facile. Poids = lourd. Est-ce qu'elle se sentait lourde? Pas exactement. Elle sentait très bien qu'elle était incapable de soulever son propre poids... mais ce n'était pas dû au poids en question.Ne sachant pas trop auoi répondre, elle oblitéra toute cette belle réflexiom et en revint à som constat de départ.

"No conoz... Connais pas "ankylo-truc" "

Question suivante... sa jambe engourie ou raide. Cela ramena son attention sur sa jambe et elle grimaça. engourdie plus aue raide. Pour savoir si elle était raide encore aurait-il fallu qu'elle arrive à la bouger.

"Engourdie."

Encore une question. La dernière ?

"Siento... la douleur. Donc je sens ma cuisse. Mais je sens rien d'autre que la douleur dans ma cuisse. J'ai froid au pied."

Araña, en bon soldat, avait fixé son esprit sur l'instinct de survie et non l'envie de tout lâcher. Se forcer à articuler. A réfléchir. A aligner des mots sensés. Plus difficile qu'il n'y paraissait.


(1) yeah, je cherche plus la ñ 3h sur le clavier maintenant Mr. Green
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Chelsea Roleck
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MessageSujet: Re: Urgencia   Ven 31 Aoû 2007 - 1:09

Soif, engourdie, douleur... pas d'eau (et puis, de toutes façons, l’eau, c’était interdità, pas de couvertures en vue, pas d'antipyrétiques. Chelsea jeta dans une direction inconnue le morceau de verre qui enserrait encore le bouchon récalcitrant, attendant patiemment le bruit synonyme de sa rencontre avec le sol. Elle avait eu sa vengeance ; il faudrait juste qu’elle veille à ne pas marcher dessus par la suite. Se couper le pied ne lui apporterait que des complications.
* Et puis ça doit faire mal… *

Une jambe après l’autre, la shinigami se contorsionna pour remonter le long du corps du gamin, prenant bien garde de ne pas s’asseoir sur lui (non pas qu’elle se juge grosse, mais il n’était probablement pas capable de désapprouver ce geste, ce qui, en soit, enlevait trop d’intérêt pour faire l’effort de faire quelque chose). Un gros morceau de tissu, un peu rouge, un peu marron. Du sang d’humain, beeeuuuh… du bout des doigts, Chelsea attrapa un bout encore un peu blanc, puis se mit à le tirer méticuleusement. Les premières tentatives étant infructueuses, elle fut finalement forcée de dessouder le restant de tissu du corps d’un coup sec, dans un bruit de succion qui lui rappelait un peu le bruit du papier peint qu’on arrachait à un mur en plâtre qui s’effritait déjà. Tendant le bras pour laisser tomber le morceau sali à côté du lit après l’avoir un peu secoué pour vérifier qu’il n’y avait rien à l’intérieur, elle finit par se pencher un peu plus vers la zone rougeâtre du cou. Du sang d’humain… ça sentait pas bon, avait probablement mauvais goût. Le gamin avait l’air d’avoir une bonne tête ; mais devait-elle pour autant se souiller avec son sang… ?

"Il a un bout de chair en moins. Mais c’était une bonne idée, d’essayer de bloquer ça avec un truc. Bouge pas encore ton pied."

Elle récupéra un morceau de drap à peu près épargné et de couleur initiale encore identifiable, une fois la petite bouteille posée en équilibre précaire. Verser son contenu supposait une plaie qui ne saignait plus abondamment. Voir, qui ne saignait plus du tout. Chelsea jeta un long regard à sa main gauche, qui n’avait aucune protection, rien, pour la protéger du sang mauvais de l’humain. Le drap servirait d’intermédiaire. Elle posa délicatement le tissu plié en deux contre la blessure, pour constater que le rouge se répandait plus vite que prévu. Raté. Le morceau alla rejoindre l’autre, au sol.

A tâtons, main sous la nuque elle descendit de la plaie pour chercher la carotide. Fermer les yeux, fermer les yeux… elle n’arrivait pas à voir quoi que se soit, et la vue de ses mains rougeâtres n’auraient rien arrangé. Même… de la boue, c’était pas propre…
Quand elle sentit le creux caractéristique, la shinigami pressa dessus, dans la direction supposée de la colonne. Bouteille en main, elle l’approcha de la plaie, la reposa, tenta d’éponger un peu de sang avec un autre bout blanc. La soulevant le nouveau, elle pencha la nouvelle ouverture au dessus, essaya de contrôler les tremblements occasionnés par sa position, tenta de verser cinq ou six gouttes et s’arrêta une fois la onzième tombée. Sa deuxième main, débarassée de la bouteille, lui permit de pincer la plaie, plus ou moins dans son ensemble. Maintenant… plus bouger.

Détendant ses bras, elle se recroquevilla un peu plus, jusqu’à ce que son visage soit parallèle à celui du gamin. Il respirait encore, au moins. Brave gosse. A force de transpirer, il se serait un peu plus fatigué, et aurait pu faire ce qu’il ne fallait pas en arrêtant de faire ce qu’on attendait de lui. Déjà qu’il faisait chaud, ici, elle avait l’impression de se retrouver au-dessus d’une bouillotte géante. A ce rythme, son corps allait finir par avoir soif. Et puis, le gamin était tout pâle, comme s’il faisait un malaise… il devait avoir soif, mais, comme pour la gamine, l’eau, c’était interdit.


* … *

Il avait quand même l’air d’avoir soif. Combien de temps était-elle censée ne pas bouger ?
Chelsea se pencha encore un peu vers le gamin. Pareil que pour la fillette : elle aurait bien aimé voir son visage « normal ». Elle devrait attendre un peu avant d’aller à la recherche de l’eau que
devait contenir la pièce. C’était ennuyant, ça, de ne pas bouger… et puis, il respirait bizarrement. Il devait avoir soif. Terriblement soif. Et puis, c’était qu’un gamin ; même en forme, il devait pas savoir se défendre.

Laissant sa langue sortir de sa bouche, la shinigami franchit les derniers millimètres qui la séparait du mioche et se mit à lui lécher méticuleusement les lèvres.
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Shinji Kirisaki
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MessageSujet: Re: Urgencia   Ven 31 Aoû 2007 - 15:11

oO Les pierres ont parlé, les pierres ont parlé ! Oo

Alors qu'il avançait à grands pas dans les couloirs si semblables et pourtant désormais impossibles à confondre pour le Gardien qu'il était devenu, Shinji assistait paresseusement à une bataille dans son crâne. L'inquiétude suite au rapport du bâtiment, selon lequel des élèves auraient été blessés et se trouveraient en ce moment à l'infirmerie, le disputait à la curiosité quant à cette petite phrase stupide qui lui tournait dans la tête.

oO Les pierres ont parlé... Oo

Peut-être venait-elle d'une légende ? Une expression toute faite, sans beaucoup de sens une fois sortie de son contexte... Ou alors une phrase qu'un type bourré lui aurait sortie... ?
...Quelle que soit l'origine de la phrase, elle était perdue entre 853 foutues années de vie puis de survie, et peut-être était-ce la dernière fois qu'elle revenait hanter Shinji. Il l'oublia en apercevant la porte grande ouverte -et un peu mal en point- de l'infirmerie.
Trois présences à l'intérieur -trois présences, et cette odeur détestée, cette infection reconnaissable entre mille, ce malaise qui étreignait déjà Shinji... Le Balancer pénétra dans la pièce et aurait éclaté de rire s'il n'avait pas eu le coeur au bord des lèvres à cause de l'immonde puanteur qui se dégageait du Nimou femelle littéralement avachi sur le corps d'un jeune élève, sur l'un des lits de l'infirmerie. Shinji évalua rapidement la situation. Le gamin avait l'air mort, mais son âme était toujours présente, quelque part sous le sang et la boue. Un autre élève -une... une fille... ? Difficile à dire- était allongé sur le sol, près du lit, l'air à peine moins mal en point. La Nimou, pour sa part, était en train d'appuyer un morceau de tissu ensanglanté sur la gorge du gamin, où Shinji devinait d'importantes blessures.
Le Shinigami commençait à comprendre ce qui se passait, mais...


oO Pourquoi elle lui lèche les lèvres ?? O_o Oo

Elle était apparemment en train de lui prodiguer ce qui pouvait s'apparenter à des soins -supposa Shinji. Aucune intention belliqueuse n'était détectable dans l'aura dégoûtante de la Nimou, que le Gardien sonda brièvement avec répulsion.
Mais l'odeur... Beeeuuh...
Shinji sortit aussi sec de l'infirmerie, et prit une seconde ou deux pour se calmer -diantre, il pensait avoir réussi à éliminer la plupart des symptômes au cours des derniers siècles. Trois cents ans qu'il n'avait plus subi l'attaque concertée de la chair de poule, des poils qui se hérissaient et de la nausée. Sur quel genre de Supra-Nimou était-il tombé ??

Avisant un élève innocent qui passait par là en rasant les murs et en jetant des regards incertains à l'homme essouflé, visiblement ébranlé, et à l'oeil un peu fou, qui se tenait devant l'infirmerie, Shinji décida sur un coup de tête qu'il ne voulait pas être tout seul en compagnie du Nimou-De-La-Mort-Qui-Tue et que les Préfets des Maisons auxquelles appartennaient les deux cad victimes étaient tout désignés pour l'accompagner dans son antre. Le Balancer pointa un doigt terrible sur l'enfant.


"Toi ! Va me chercher les Préfets de... ceux que tu trouveras en chemin. Dis-leur qu'il y a eu des blessés. C'est important !"

Le ton de la dernière phrase était un chouilla plus tendu que celui des autres -non pas que Shinji se soit autorisé un très haut degré de détente dans une situation pareille...- car le gamin avait l'air d'hésiter entre passer son chemin en ignorant le Gardien et obéir sous la contrainte.
L'enfant partit finalement en courrant vers un escalier et Shinji s'en retourna dans l'infirmerie.


"Mais qu'est-ce que vous foutez ?"

Bon, ce n'était peut-être pas très poli. Mais quand on dégageait une odeur pareille, on ne pouvait pas franchement espérer mieux, si ?
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Chelsea Roleck
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MessageSujet: Re: Urgencia   Dim 9 Sep 2007 - 19:22

SHGRUIIIIIIiiii…

La contraction se laissa entendre pendant deux ou trois secondes avant de disparaître, mais le mal était fait. Son Estomac avait parlé ; maintenant, c’était son tour d’avoir faim. La faim n’était pas venue frappée à sa porte seule : avec elle, une impression cotonneuse de lassitude qui lui donnait envie de fermer les yeux pour se rendormir entre deux…
Mais ! Elle était trop susceptible d’avoir mal pour s’endormir. Chelsea rouvrit ses yeux qui s’étaient légèrement fermés et décolla son visage du gamin alors qu’un deuxième grognement de protestation l’informait qu’elle n’avait pas rêvé qu’elle avait faim. C’était son estomac, qui avait fait tout ce raffut ? La shinigami avait l’étrange impression que sa faim se déplaçait, sortait d’elle-même pour aller se balader hors de la pièce, puis se rapprochait. Ca, ça suffisait pour rester éveillée. Le gosse était petit aussi ; à force de se tordre comme ça, elle finirait forcément par avoir mal au dos ou aux reins, ou aux bras, ou à la tête. Pour faire passer le temps, devait-elle parier avec elle-même pour savoir quelle zone lui ferait mal en premier ? La réponse vint plus tôt qu’elle ne l’avait escomptée lorsque un spasme agita l’index qui pressait le bout de tissu sanguinolent, celui-là même qui recouvrait le trou. Joie. Ses doigts avaient fléchi les premiers. Elle avait déjà perdu son pari informulé.

Troisième grognement. Chelsea jeta un coup d’œil au cou du gamin. Elle n’arrivait pas à se rappeler des effets secondaires de l’essence de Dictame, mais une vague réminiscence lui ordonnait de ne pas s’inquiéter si de la fumée s’échappait. La gamine n’avait pas parlé depuis quelques minutes. S’était-elle évanouie ? Ca n’arrangeait pas ses affaires ça… même si les blessures frontales du gamin pourraient attendre, son cou restait encore potentiellement préoccupant.
Quatrième protestation. Bieeeen. Avec un soupir de lassitude amusée, sa main droite plongea dans sa poche pour en sortir un étui qu’elle ouvrit avec le pouce pour finalement en sortir un scalpel qu’elle garderait au cas où. Au coup du cinquième bruit d’estomac, Chelsea tâcha d’agrandir son sourire au cas où arrivait bien ce qu’elle craignait de voi… craindre ? Attendez, non non non ! Pas craindre comme on craint un trop gros morceau, mais plutôt un truc ennuyant et inintéressant qu’on devra se farcir quoi qu’il arrive (se calquer sur les attitudes qu’on avait voulu leur inculquer pouvait être si facilement esquivé que ça ne valait même pas la peine de chercher à agir autrement).

Ce fut au sixième coup que le Mosca affamant et matériel (matériel ?) prit la peine de manifester sa présence – probablement de la façon la plus polie dont il était capable en tant que sale créature barbare et déviante. Après tout, elle était une lady (Si si si. SI !), la bienséance aurait voulu… d’ailleurs, la Bienséance, elle aurait voulu quoi… ?
… devant son incapacité de se répondre, Chelsea décida de passer à autre chose.
Cette école était remplie de plaies ! Elle se souillait présentement les mains avec le sang du gamin. Au moins, elle préserverait sa vue du Mosca. La shinigami ferma les yeux, décidé à ne pas le regarder en face même si elle partait avec un handicape non-négligeable. Elle n’aurait pas besoin de sa vue pour jeter les déchets, hein ? [1]

Se tournant vers le monstrueux et faible Nimou, Chelsea le gratifia d’un grand sourire, tapotant le scalpel de sa main droite.


"Bonne question. Je savais pas que y’avait des « Mosca stupides-lents-et-bornés qui sont que des boulets qu’on se traîne en plus du reste » ici"



[1] Chelsea a toujours eu le désavantage naturel de n’être complètement réceptive qu’à ce qui se trouve dans le cercle des deux mètres à la ronde. C’est ballot, pour juger de la force d’un Mosca Mr. Green
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Shinji Kirisaki
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MessageSujet: Re: Urgencia   Dim 17 Aoû 2008 - 1:55

Shinji jeta un regard à la fois courroucé, impatient et amusé : quoi, cette créature débile, ce Nimou croyait pouvoir s'opposer à lui avec un scalpel ?! Ce genre de présomption, c'était... c'était diablement Nimouesque, voilà ! Ces choses infâmes, puantes, qui apparemment aimaient à se repaître de la salive mêlée de boue et de sang de leurs innocentes victimes (mineures et probablement non consentantes, en plus !), osaient considérer qu'elles étaient sur un pied d'égalité avec les Shinigamis Supérieurs, alors que le nom de ces derniers prouvait bien que ce n'était aucunement le cas ??! Quel honteux représentant de la Noble Race avaient-ils dû croiser, capturer, humilier et persécuter pour arriver à cette avilissante conclusion ?
Shinji s'adossa au chambranle de la porte -il nota mentalement qu'il lui faudrait par la suite chercher le responsable de l'état de ladite porte plus tard, histoire de lui envoyer la note.
Le Balancer adressa un sourire rayonnant à l'immonde chose supposément femelle qui contaminait peu à peu toute la pièce et le couloir par son aura lourde et visqueuse.


"Amusant. Je pensais la même chose des Nimou putrides et décérébrés. Qu'êtes-vous en train de faire à ce... cet... C'est qui, cet avorton, au fait ?"

Shinji s'apprêtait à lancer une salve d'insultes bien senties, quand un choc dans son dos le déstabilisa brièvement. Il se retourna à demi -ne pas lâcher le Nimou du regard, ne pas lâcher le Nimou du regard- pour foudroyer du regard quiconque osait le déranger dans sa diatribe.
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MessageSujet: Re: Urgencia   Dim 24 Aoû 2008 - 13:16

Kléa monologuait dans les couloirs depuis quatorze minutes et quarante secondes - Tora ayant visiblement décidé qu'il ferait mine de l'ignorer - quand ils (ou il, ou elle, l'élève s'étant débrouillé pour laisser planer le doute sur la réception de son message) avaient été interpellés par ledit élève, de maison inconnue.

Elle avait déjà compris que le rôle de fantôme invisible et insensible n'était pas fait pour elle, et qu'elle espérait ne jamais - quelle qu'en soit la cause - devenir comme ça, aussi écouta-t-elle de bonne grâce le garçon les informer que les préfets (il ne savait pas lesquels) étaient sommés de se rendre à l'infirmerie pour quelque chose "d'important". Kléa n'était pas préfète, mais considéra qu'elle était aussi concernée qu'eux et suivit donc de bonne grâce Tora en le dépassant même dans le dernier couloir.

Elle reconnut l'emplacement de la pièce, constata que la porte était ouverte, et fonça tout droit dans
quelque chose.

Déséquilibrée, elle recula de quelques pas pour glisser sur une substance liquide, battit des bras pour tenter de rester debout, frappa au passage quelque chose qui devait être la tête de Tora, et l'entraîna finalement dans sa chute.

Kléa se redressa lentement, frotta l'arrière de sa tête, et dirigea son regard vers la
personne qu'elle avait percutée.

"Déso-"

Oh non. Le-type-de-la-cuisine-à-l'air-louche (enfin, qui était shinigami, c'était déjà suffisamment louche en soit). Ah, accessoirement, elle ne l'avait pas senti, aussi : fatiguait-elle ?

Kléa comprit qu'elle avait raté le bon moment pour se relever et pour achever ses excuses ; aussi décida-t-elle qu'elle ne pouvait rien faire pour ces dernières. Elle posa le pied et glissa sur quelques chose qu'elle supposa être une jambe (un grognement plaintif et une poussée dans son dos lui rappela qu'elle ne risquait pas d'avoir mal si elle marchait sur le corps des autres), avant de toucher le sol et de se relever péniblement.

A peu près remise, et tentant de récupérer sa contenance éparpillée sur le sol, Kléa chassa les cheveux - toujours donner l'impression à son interlocuteur qu'elle le regardait dans les yeux.


"Les préfets", articula-t-elle en mélangeant une voix un peu trop aiguë à sa défiance.

Elle avait l'impression de toujours parler par phrases nominales, ces derniers temps. Il faudrait corriger ça.

"Quelqu'un - euh... vous... ? - a envoyé un élève chercher les préfets de -on-ne-sait-pas-quelle-maison. C'est grave ?"
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Tora Darchange
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MessageSujet: Re: Urgencia   Dim 24 Aoû 2008 - 14:50

Il avait tenté de sortir de la salle commune discrètement, mais elle avait trouvé le moyen de surgir au dernier moment, décidant qu'elle l'accompagnerait, après de rapides "Au revoir petits-frères !" à ses endoctrinés. Il s'était résolu à supporter sa présence, en se demandant vaguement si Kléa s'inquièterait s'il ne lui parlait pas. Comme il n'avait aucune idée de sa destination, il avait décidé qu'il n'en aurait pas, et marcherait un peu au hasard, en prétendant faire son boulot de préfet (ah non, préfet-en-chef, maintenant). Il y avait eu un temps où il n'avait pas l'impression de devoir s'expliquer à chacun de ses gestes.

Faire ses rondes seul n'avait pourtant pas été désagréable, à l'époque. Il pouvait penser tranquillement à ce qu'il voulait, sans avoir le sentiment d'être toujours surveillé. Mais cette proximité-là le dérangeait : elle n'était pas consentie, elle n'avait pas su se renouveler, elle ne lui apporterait rien, elle ne servirait qu'à lui fermer de nouvelles portes. Il avait l'impression de se transformer en membre d'une unité, qui impliquait toujours la présence de Kléa où qu'il soit et où qu'il aille. Les voir ensemble ne surprenait plus personne, et il ne voulait pas réfléchir à ce qu'on pouvait penser d'eux. Elle s'amusait, visiblement, elle était joyeuse, à l'entendre, mais il était presque sûr que d'une façon ou d'une autre, tout se retournerait contre elle et qu'elle saurait l'entraîner avec elle, par peur de devoir tout affronter toute seule.

Non, et puis, tout simplement, ce qu'elle faisait l'agaçait. Kléa s'éloignait de ce qu'elle aurait dû être, et il était presque sûr que ça ne leur apporterait que des ennuis. Et si on l'accusait
lui d'avoir fait quelque chose à Kléa ? Elle s'était pourtant débrouillée toute seule, pour en arriver-là.

Il n'avait pas besoin de chercher d'exemples supplémentaires quant à ce désappointement : un élève demandait un préfet, et Kléa le prenait pour elle. Il n'arrivait même pas à s'inquiéter, à se demander ce qui avait bien pu se passer - non, en fait, c'était peut-être une des seules choses qui lui étaient restées, ne pas s'inquiéter pour un "autre" inconnu.

Lorsque l'infirmerie fut en vue, elle le dépassa, et il n'aima pas non plus la suivre. Elle forçait arbitrairement les autres à suivre ses propres cadences, elle donnait l'impression de provoquer tous ceux qu'elle croisait pour qu'ils la suivent, et elle ne s'en rendait peut-être même plus compte.

Tora la regarda reculer, un peu désintéressé, avant de comprendre qu'elle s'apprêtait à lui tomber dessus. Il réagit un peu tardivement - suffisamment pour laisser le temps à la tête de Kléa de se relever dans sa chute, butant contre son menton, et elle réussit encore une fois à lui faire perdre pied. Ce genre de situation faisait partie des éléments désagréablement "habituels".

Il attendit patiemment qu'elle se relève, essaya de la rappeler à l'ordre lorsqu'elle prit sa jambe pour le sol, et se releva
après elle . Il la dépassa en se plaçant entre elle et le Gardien pour tenter de reprendre le contrôle de la situation - en empirant soigneusement les choses, se rendit-il compte au milieu du flou qui avait pris place dans sa tête.

"Tora Darchange, préfet de Coa... Préfet-en-chef. Un élève m'a informé qu'un type biz... que les Préfets étaient attendus à l'infirmerie. Qui sont les concernés ?"

Et c'était quoi ce rouge sur ses mains ?
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Chelsea Roleck
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MessageSujet: Re: Urgencia   Dim 12 Avr 2009 - 19:28

La bouche de Chelsea resta ouverte quelques secondes, les mots écrasés dans sa gorge par l’arrivée inopinée de deux gamins. Elle ne les avait pas senti venir. L’affreux mosca non plus, d’après sa réaction – bien fait pour toi, sale ordure !

La shinigami se tourna brièvement vers le gamin comateux pour se prendre un volute de fumée dans la figure. « Ne pas s’inquiéter si l’Essence de Dictame fume », répéta sa propre voix dans sa tête jusqu’à lui donner la nausée.



"Ca pue !"


Et pas seulement à cause du mosca, avait-elle envie d’ajouter. Point positif, la potion réagissait (peut-être mal, mais une réaction laissait de l’espoir), le gamin devait avoir mal, il y avait d’autres personnes dans la pièce (s’ils survivaient, ils pourraient toujours être utiles si le gamin décidait de mourir : la sale bête l’avait perturbée dans son travail ! il l’avait déconcentrée !). D’ailleurs, qu’est-ce qu’il foutait là, lui ? ‘Karu n’avait jamais mentionné la présence de mosca ici ; il n’aurait pas osé lui infliger ça, tout de même… ?

Chelsea décida qu’elle ne voulait pas de réponse franche et se tourna vers les deux gamins qui n’étaient auditivement pas là par hasard. Mosca ! Les nouvelles allaient vite, ici.



"Et bien, le monsieur – enfin, la créature – en face de vous est probablement un des concernés. Je sais pas, demandez lui, j’avais cru comprendre que le mosca savait parler."


Et comme elle se rappela qu’il y avait aussi une gamine en piteux état dans la pièce, Chelsea enchaîna en pointant sa main libre vers le groupe des deux personnes et du monstre, restant volontairement imprécise quant au destinataire.


"Vous. Enlevez le bandage de la gamine et versez-lui six gouttes de la bouteille en verre à la substance brunâtre qui est à côté de moi. N’en laissez pas tomber par terre et non, elle n’est pas fermée, non, le bouchon a disparu. Ah : et faites attention aux bouts de verre par terre."


Ca, ça faisait autoritaire et responsable. HA ! Mosca, je te montrerai ! Fière d’elle, Chelsea se reconcentra sur les plaies (du gamin). Deuxième opération, nettoyage. Avec une grimace, elle passa sa main gauche en frôlant leurs bords pour nettoyer les contours avant de s’attaquer aux plaies en elle-même. Décomposer des cellules organiques vivantes, ou mortes depuis peu, n’avait jamais été foncièrement agréable. Et les cris qui s’en suivaient généralement non plus – ils étaient trop forts pour qu’elle puisse les savourer.


* Les gamins assoupis, c’est définitivement mieux. *
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Shinji Kirisaki
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MessageSujet: Re: Urgencia   Dim 12 Avr 2009 - 20:46

Shinji observa le Nimou femelle en face de lui ouvrir la bouche pour lui répondre puis se bloquer, de façon assez comique. Assez amusé malgré la gravité de la situation, il s’apprêtait à lui demander si les Nimou avaient réellement des problèmes de retards intellectuels, probablement liés à la nature congénitale et dégénérée de leur race, quand il se fit percuter par ce qui avait vraisemblablement attiré l’attention de la lécheuse-de-cadavres.
Le Gardien se retourna, passablement agacé, pour voir deux élèves se relever –avec plus ou moins de succès lors de la première tentative, se désola-t-il. Les gamins de cette école étaient-ils donc tous aussi fragiles des feuilles de papier, et incapables de faire attention à eux-mêmes ?
Une gamine aux cheveux verts –elle, il l’avait déjà rencontrée. Peu après sa propre arrivée, lui semblait-il –impossible de retrouver son nom, par contre. Il n’était pas vraiment en état de réfléchir correctement, pas avec l’autre Truc dans la pièce à côté…
L’autre, le garçon, il l’avait déjà vu errer dans les couloirs le soir, faisant ce qui pouvait plus ou moins s’apparenter à une ronde de Préfet.
Shinji s’apprêtait à leur répondre quand le Nimou lança une remarque désobligeante et, objectivement(1) dénuée de tout intérêt. Le Shinigami lui lança un regard courroucé, assorti d’un sec :


« Le Balancer n’a pas besoin du Nimou pour s’exprimer, merci bien ! »

Le regard ombragé et la bouche crispé, il se retourna vers les deux gamins –non, pas les cad blessés, les autres.

« Je suis le Gardien, Shinji Kirisaki. Deux élèves ont été… »

oO …mince, j’ai oublié de demander au Nimou ce qui était arrivé ! >__< Reprends-toi, Shin ! Oo

« …Deux élèves sont gravement blessés. Vous pouvez les identifier et nous signaler ce que l’on pourrait avoir besoin de savoir pour les soigner ? N’importe quoi de particulier sur leurs races ou leurs conditions physiques qui pourrait être utile. »

Le Nimou l’appela alors à l’aide –ha, créature faible et inférieure, qui ne pouvait rien faire seule ! Shinji se détourna donc des deux Préfets(2) et entra d’un pas vif dans l’infirmerie. Il fronça le nez devant l’odeur abominable qui l’assaillait et se saisit de la bouteille en essayant de se retenir de l’utiliser pour envoyer valdinguer le Nimou dans le décor. Il se pencha au dessus du blessé dont le Nimou ne s’occupait pas –une fille, donc, selon ses dires. Maintenant qu’il était plus près, il devait reconnaître que c’en était effectivement une, et plutôt jolie, dans le genre cadavérique.
Shinji s’attela à lui ôter son bandage, ou plutôt la croûte de sang mêlé de ce qui devait avoir été du tissu dans une autre vie, et mît la plaie à nu.


« …C’est vraiment moche. (jetant un coup d’œil au Nimou) Et je ne parle pas que de vous. »

Le Balancer versa six gouttes de cet écœurant liquide brun sur la plaie de la jeune fille. Il eût le réflexe de chercher le bouchon, puis se rappela des paroles du Nimou à ce sujet.

« …Le bouchon a disparu avant ou après l’apparition des éclats de verre au sol, au fait ? Simple curiosité. »







(1) : « objectivement » = « personne me contredit, donc j’ai raison »

(2) : Kléa, tu mens par omission, c’est mal Mr. Green
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Hybris Kyftos
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MessageSujet: Re: Urgencia   Dim 12 Avr 2009 - 21:47

Quelque chose n’allait pas.
Hybris se sentait mal, presque nauséeux, comme s’il était fiévreux –ce qu’il n’était pas, il avait demandé à quelque timide élève de Saevitia de s’en assurer. Elle avait paru intimidée, un peu embarrassée, mais contente d’avoir pu aider. Hybris n’avait pas eu la présence d’esprit de lui demander son prénom –quelque chose n’allait vraiment pas. Il avait traîné toute la matinée dans sa salle commune, rongeant son frein pour une raison inconnue. Etait-ce parce qu’Erynis le boudait manifestement ? Mais était-ce de sa faute, à lui, si elle laissait traîner ses bouteilles d’ouzo –substance alcoolisée et par là-même interdite, fallait-il le rappeler– au vu et au su de tous ? Quelqu’un avait bien dû s’en occuper. Et qui de mieux désigné que l’être dévoué et désintéressé qu’il était ?
Etait-ce parce que cela faisait au moins trois jours qu’il n’avait pas discuté avec, ou même entraperçu Catharsis ? Ou était-ce tout simplement parce qu’il avait encore cette foutue impression de stagner, de n’arriver à rien, de manquer ses cibles les plus importantes, de ne plus savoir exactement quelle était la prochaine étape, ou tout bêtement ce qu’il faisait là ?

Hybris avait passé toute la matinée avachi dans un des fauteuils de sa salle commune, à vaguement lire un bouquin quelconque qu’il trimballait depuis longtemps dans ses valises(1). Il commençait à piquer du nez quand il entendit le mot « Préfet » prononcé à l’autre bout de la pièce. Ouvrant un œil résigné, Hybris passa en mode automatique et sauta sur ses pieds pour aussitôt demander si l’on avait besoin de lui, espérant à moitié que les gens se contentaient de vanter ses mérites et qu’il pourrait retourner à sa sieste.
Il s’avéra qu’un élève était passé peu auparavant pour signaler qu’il y avait des blessés à l’infirmerie, et que la présence des préfets était requise. Hybris salua donc ses petits camarades et s’en fut vaillamment pour l’infirmerie.

Le trajet dans les couloirs, plutôt frais pour cette période de l’année, et surtout pour cet endroit du globe, acheva de le réveiller. Ce fut donc avec une curiosité sincère qu’Hybris arriva à l’infirmerie.
La porte défoncée et les flaques de sang n’annonçaient rien de bon, nota-t-il. Deux élèves se tenaient sur le pas de ladite porte, ou plutôt de ses restes. Une fille dont il se serait rappelé s’il l’avait déjà rencontrée –elle avait les cheveux verts (2)– et…


« Hey, Tora ! Toi aussi, on t’a convoqué à l’infirmerie ? Il se passe quoi, au juste ? »

Semblant alors se rappeler de la présence de la fille –comme s’il pouvait la manquer– Hybris se reprit, avec un immense sourire :

« Oh, pardon. Je crois qu’on s’est jamais rencontrés ? Hybris Kyftos, Préfet de Saevitia.»

Hybris jeta rapidement un œil à l’intérieur, par-dessus l’épaule de Tora. Il enregistra rapidement le bordel qui régnait dans la pièce : de la boue, des éclats de verre, des gens inconnus, du sang, des bandages dégueus, des gens impossibles à reconnaître vu leur état et à cette distance, encore du sang…







(1) : Si ça vous intéresse, le titre du bouquin est « La Bourse, mode d’emploi : ficelles, trucs et astuces pour les Golden Boys en devenir ! ».

(2) : Oh, noes, ils vont jurer s’ils se tiennent à côté l’un de l’autre !

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Clefkléa Mint
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MessageSujet: Re: Urgencia   Lun 13 Avr 2009 - 1:20

Kléa resta quelque peu interloquée sur le seuil de la pièce. Elle n’aurait déjà pas eu envie de passer devant ce type en tant normal, qu’il soit Gardien ou pas, mais ce ton sec et ces remarques agressives l’incitaient encore moins à se rapprocher de lui.


* Non, il nous a demandé de faire quelque chose, qu’il soit inquiétant, ou louche, ou…, il faut d’abord voir la situation. *


La Coactus s’aventura d’un pas dans la pièce avant de brusquement repartir en arrière, effrayée par l’odeur (du sang autre que le sien), la présence d’un autre shinigami (ohmonDieuunautreilssereproduisaient), désagrément bien vite disparu quelque part sous le nœud dans son estomac. Elle avait clairement perçu l’un de deux, et c’était suffisant. Elle pointa le lit en se concentrant sur ses gestes – pas de sentimentalisme, elle n’allait pas flancher, elle resterait droite, assurée, compétente et digne de confiance, quoiqu’il arrive (non, sa n’était pas agitée, non, elle était parfaitement tranquille, non, sa voix ne tremblait pas).


"Lui, c’est Rag, Renard Raginhard, Coactus et euh… c’est pas tout à fait un ange…"


Kléa n’avait jamais réellement su comment le considérer : être un ange, n’était-ce pas une nature profond, quelque chose qui se manifestait à chaque instant ? Comment pouvait être un semi-ange, ou quelque chose s’y rapportant possédant une essence angélique mêlée à un autre chose ? Là-Haut, les nuances qu’on leur apprenait à distinguer ne s’appliquait jamais aux anges, comme s’il était tacitement admis que la logique du tout ou rien prévalait. Elle se promit de faire une analyse complète de son aura, un jour. S’il ne lui arrivait rien, si elle n’était pas fragmentée, si elle ne se disloquait pas, si… Non-non-non décida-t-elle en secouant la tête. Kléa s’assura qu’elle tenait bien debout et jeta de nouveau un œil dans la pièce, pour mesurer l’étendue de toute cette bizarrerie. Il fallait qu’elle se focalise sur autre chose, cette ambiance de vieux couple en instance de divorce, par exemple.

Lorsqu’un autre pas se fit entendre dans le couloir, Kléa sauta sur l’occasion pour se retourner. Un nouvel arrivant, préfet, qu’elle ne connaissait pas. Elle répondit par automatisme et s’aperçut qu’elle ne contrôlait pas le débit de sa voix.



"Kléa Mint, Coactus, et… et…" (Kléa prit une pause pour respirer, reprit un ton presque monocorde, peut-être un peu trop faible) "et il y a une élève de Saevitia, je crois. Une tache un peu orange."


Et Rag, aussi – petit-frère, tu vas t’en sortir, hein, qu’est-ce qu’il s’est passé, dis-moi, petit-frère-


"Est-ce qu’on peut faire quelque chose ?" finit-elle par demander à brûle-pourpoint dans la pièce.
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Chelsea Roleck
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MessageSujet: Re: Urgencia   Lun 13 Avr 2009 - 2:26

Comme c’était mignon ! Alors le truc était susceptible et prenait la mouche parce qu’elle prenait la parole à sa place ? Blessé dans une potentielle virilité ? Chelsea promit de s’en souvenir pour les dix prochaines minutes – après ça, son seuil de tolérance allait être dépassé, il allait falloir qu’elle fasse quelque chose pour le bouter hors d’ici, loin, très loin.

Oh. Truc avait un nom. Un prénom, aussi, et en essayant vaguement de retenir les deux, Chelsea ne se souvint que du début de son nom - Kiri-chose. Gardien, de sa fonction.
Gardien.

* Gardien. *

Oui, Gardien. Chelsea éclata de rire, ce qui était une très mauvaise chose, se reprocha-t-elle en voyant ses mains trembler autour de la blessure du gamin, mais diantre ! outre la simple prétention du titre, Gardien.

"Mais qu’est-ce que vous gardez ? Vos tares et vos dégénérescences, les élèves à l’intérieur du château, ou bien les grosses bestioles à dents et à griffes qui rodent autour ?"

La shinigami continua de rire quelques secondes avant de s’étrangler lorsque le Gardien s’approcha pour prendre la bouteille. Elle parvint à reprendre la situation en main et déguisa ses tentatives d’inspiration en spasmes de rire. Néanmoins, la température de son corps venait de chuter de quelques degré, et elle se sentait déjà beaucoup moins à l’aise, pas écrasée, mais… mais… sal… sale type ! Faux mosca ! Les mosca étaient faiblards, on les poussait du pieds, ils avaient pas des énergies spirituelles pareilles, envahissantes, oppressantes et si lourdes. Chelsea réalisa avec une horreur contenue qu’il n’avait jamais pénétré son périmètre de perception auparavant, et qu’elle n’avait pas pu estimer sa puissance auparavant. En l’occurrence, elle ne s’était pas méfiée. Mais qu’est-ce qu’un mosca aussi monstrueux (oxymore !) fichait là ?! Qu’est-ce qu’elle avait fait pour- non, non ! elle n’avait rien fait du tout !

* On se moque des mosca, on approche pas les gros bill… et là, je fais quoi ? *

Une part isolée d’elle-même l’encourageait fortement à espérer que ledit Gardien avait oublié leurs quelques échanges verbaux – du moins tant qu’elle n’avait pas trouvé un moyen d’inverser les rapports de force ou d’appeler ‘Karu à l’aide. Cette idée fut très vide noyée par une remarque désobligeante appuyé par un regard - moche.

* Je t’ai vu, sale porc ! Et vieille et décrêpie, te gêne pas, monstre putride, sournois et infect ! *

Chelsea prit sur elle, oublia sa dernière remarque sur le bouchon manquant (elle regrettait de l’avoir prévenu quand aux morceaux de verre) et entreprit de dessouder une ultime fibre de tissu qui s’était coincé dans la plaie du garçon avant de passer sa main une dernière fois sur la blessure. Ceci fait, elle récupéra un morceau de tissu d’apparence propre sur l’oreiller du lit, et en fit une nouvelle compresse.

Une voix lui fit tourner la tête et Chelsea écouta docilement la question. Gentille fille. Pas mignonne, mais remplie de bonne intention. Une chance sur deux qu’elle n’allait pas la supporter bien longtemps.


"Et bien, je vais te donner un scalpel pour que tu puisses cisailler la jambe de la demoiselle. Non, en fait, je pense que monsieur le Gardien sera largement compétent pour lui faire le plus de mal possible. Reste du côté des étagères, et file nous chercher des tissus propres en les prenant seulement par une extrémité, on avisera après."

Chelsea jeta un coup d’œil en arrière, résolue à affronter le monstre.

"Vous. On échange de gamin. Vous vous déplacez d’abord, vous prenez le relais pour maintenir le tissu blanc sur la tâche rouge du mioche et vous attendez pendant que je m’occupe de la petiote. Compris, ou je dois encore simplifier ?"
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Tora Darchange
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MessageSujet: Re: Urgencia   Dim 10 Mai 2009 - 10:53

Renard... le type qui était arrivée en même temps qu'elle à l'école¹. Accessoirement, Tora croyait se souvenir d'un empoté un peu loufoque (le simple fait qu'il la laisse l'approcher à moins de deux mètres de lui était douteux en soi). Au moins, il était identifié ; quand à l'autre... quelques regards (et il suffisait juste d'écouter, finalement) convainquirent Tora de rester prudemment sur le seuil. L'échange verbal n'aurait incité personne à s'interposer - et d'abord, pourquoi convoquer les préfets, qu'est-ce qu'ils pourraient faire de particulier, et puis pourquoi lui, pourquoi pas un autre préf-

Lorsqu'une voix l'interpella et qu'il reconnut la personne à qui elle s'associait, Tora continua à se demander pourquoi
lui (et le pro-nom ne désignait plus forcément la même personne²). Il se força à ne pas céder face à l'instinct qui l'incitait à rester prudent (c'était Kléa qui le mettait sur les nerfs, il finissait par se méfier de tous les "nouveaux" visages et se mettait à douter des anciens pour un rien), mais préféra tout de même le regarder venir vers eux plutôt que de lui tourner le dos (et s'il fut incapable de lui dire ce qu'il s'était passé, ça n'était pas par méfiance ou angoisse, non, c'était juste pour ne pas mettre en évidence sa propre ignorance). Tora suivit des yeux le Saevitia lorsqu'il jeta un oeil dans la pièce (avait-il réellement besoin de se rapprocher de lui comme ça ?), et sentit son corps se tendre comme s'il s'attendait au pire. Le malaise que ce type provoquait chez lui n'était peut-être pas imputable qu'à Kléa, finalement.

"On sait juste que deux élèves ont été blessés. Ils voulaient des renseignements sur eux" lâcha-t-il (si sa voix était un peu renfermé, c'était par empathie pour lesdits blessés, n'est-ce pas ?).

N'ayant pas envie qu'on le taxe d'inutile (et il ne saisissait pas le moindre prétexte pour s'éloigner du rouquin), Tora poussa doucement Kléa devant lui et se dirigea d'un pas plus résolu qu'il ne l'était vers une des étagères.




¹ Parce que oui, Tora s'en souvient Mr. Green
² Ou "l'élement anaphorique ne remplaçait pas le même groupe nominal" (cours de linguistique, je vous hais)
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Shinji Kirisaki
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MessageSujet: Re: Urgencia   Lun 27 Juil 2009 - 17:23

Shinji reporta son attention sur les Préfets lorsque la fille s'avança un peu dans l'infirmerie -il aperçut un troisième élève, un garçon roux, qu'il croyait avoir déjà aperçu une ou deux fois rôder autour des bureaux des professeurs.

oO Autre Préfet ou simple curieux ? Oo

La réponse à cette question devrait attendre un peu ; la gamine aux cheveux verts s'adressait au Gardien d'une voix presque... tremblante. Shinji remarqua qu'elle avait reculé, comme incapable de s'approcher davantage des deux corps . Elle venait d'identifier le garçon, et, apparemment, c'était plus qu'elle n'aurait voulu en savoir.
Le Balancer ressentit un élan de compassion pour la pauvre gamine. Il ne savait que trop bien à quel point le monde se transformait en quelque chose d'
impossible, d'insupportable, à la seconde où ce cadavre quelconque devenait un ami brisé, peut-être au delà de tout espoir.

Respectant la gravité du moment, Shinji ne se leva pas pour rompre la colonne vertébrale du Nimou femelle lorsque qu'elle caqueta quelque remarque stupide l'accusant -lui !- d'être responsable de l'accident. Il ne lui projeta pas son sabre entre les deux omoplates, il ne l'écorcha pas dans la seconde. Il n'essaya même pas de la corriger (
oO Je garde l'intérieur contre les menaces extérieures, salope (1) ! Oo)
Avant d'avoir pu compléter la liste de tout ce qu'il ne lui faisait pas subir, Shinji s'aperçut que l'immondice humanoïde s'était étranglée sur son propre rire grinçant. Il s'autorisa un regard plein de pitié qui jurait avec son sourire moqueur, et reporta son attention sur la gamine aux cheveux verts. Il ne put s'empêcher de rouler des yeux lorsque le Nimou s'adressa à elle.


oO Comme si la pauvre gosse avait besoin de ça en plus ! ...Alors, les rumeurs seraient vraies, les Nimou n'auraient réellement aucune empathie, aucun sentiment, rien ? Oo

La créature susmentionnée se sentit soudain obligée de donner des ordres à Shinji, mal à l'aise qu'elle était à cause du silence pesant qui plombait la salle depuis quelques secondes (oO La capacité de stockage de sa mémoire atrophiée ? Oo) et son crâne depuis des temps immémoriaux.
Le Balancer soupira intérieurement, mais dans l'intérêt des gamins, accepta de se montrer coopératif. L'idée que le Nimou était peut-être l'infirmière de l'école l'effleura et le laissa avec l'espoir qu'elle savait ce qu'elle faisait et la crainte qu'une bête aussi vile ne soit le pire choix possible pour une fonction basée sur l'altruisme.

Abandonnant le flacon près de la jeune fille blessée, Shinji contourna le Nimou -
eurk- pour s'approcher du gamin et pressa la main sur le tissu blanc -blanc ? ah, cette petite tâche dans le coin- en s'efforçant de ne pas effleurer la main du charognard putride.
C'était une expérience très désagréable que de se tenir à quelques centimètres d'un spécimen particulièrement répugnant d'une espèce contre-nature et horrible et puante et mauvaise et révoltante, et de savoir que l'on ne pouvait pas utiliser son sabre spécialement forgé pour dépecer de tels horreurs, parce qu'il fallait coopérer.









(1) : I blame it all on Richard.
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