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 Wilhelmina Hamilton

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Wilhelmina Hamilton
Élève de Remissus - Première année
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Nombre de messages : 11
Race : Whispered
Âge : 15 ans

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MessageSujet: Wilhelmina Hamilton   Lun 6 Aoû 2007 - 12:37

Nom : Hamilton.

Prénom : Wilhelmina officiellement, même si on utilisera plutôt les diminutifs « Will » ou « Mina » dans les faits.

Âge : 15 ans.

Race : Whispered. Elle est censée avoir accès à une conscience commune, si elle savait se défendre dans l’espace qui est supposé servir de lien. Le tout se matérialise par une télépathie qui ne lui procure que des migraines, puisque les bruits qu’elle perçoit sont confus et se mélangent les uns aux autres.

Origines : Anglaises.



Caractère : Un peu renfermée à ses heures, elle sait se montrer taciturne, apparemment de mauvaise humeur pour éviter que l’on vienne vers elle dans ces moments-là. Pas particulièrement timide (avec des filles), elle peut se lier d’amitié rapidement, même si elle a tendance se forcer et à attendre un peu avant de se montrer au vrai jour sous son intégralité. Ne pas se tromper : Will n’a pas un caractère fort, de meneuse, comme pourrait le laisser penser sa franchise, mais plutôt quelqu’un que l’on peut écraser sans s’attendre à la moindre résistance. Elle n’aime pas particulièrement les foules, encore moins les foules mixtes. Selon l’environnement dans lequel elle se trouve, et les personnes qui se trouvent autour d’elle, ses réactions peuvent être changeantes, soudaines.


Physique : Willhelmina possède une taille légèrement plus petite que la majorité des filles de son âge. Ses cheveux, coupés au carré, sont raides, épais et bruns. Ses yeux sont d’un marron des plus banals. Son visage conserve une bonne partie de ses traits d’enfant, la faisant ainsi facilement passer pour une gamine de deux ans de moins à cause de son air naïf qui persiste malgré elle. Ou plutôt, un gamin de deux ans de moins. Manières gauches, maladresse, réactions vives, apparemment négligée, mal fagotée, aucune grâce, pas de poitrine ou de courbes féminines, vêtements qui ne mettraient personne en valeur, visage un peu renfermé au premier abord, sourcils presque tout le temps froncés… les raisons pour lesquelles elle peut être prise pour un petit garçon sont nombreuses et variées, aucune n’étant à son honneur. Même si elle n’est pas particulièrement attachée à son aspect physique, Will n’aime pas qu’on lui fasse remarquer ce genre de choses, et, par un air boudeur, empirera elle-même les choses.


Poste dans l'école : Elève.


Amours/ami(e)s : Le nom « amies » n’a pas de masculin ^^.


Qualités : Elle ne cherchera pas à être faire du mal gratuitement aux personnes qui lui font face, préférant éviter les confits entre les individus. Dans des éclairs de lucidité, elle peut, à force de persévérance, arriver à deviner les motivations qui agitent les autres et vouloir les aider sans chercher à avoir un retour (les autres désignant un univers féminin, entièrement féminin). D’une compagnie relativement légère, elle n’est pas du genre collante et se suffit à elle-même, à des bribes d’autonomie. Elle a un esprit plutôt ouvert pour quelqu’un qui a grandi dans son environnement, même si des restes de côtés rationnels persistent et l’empêchent de chercher elle-même à en voir plus. Franche, directe, elle va droit au but sans chercher à ménager par compassion ou par pitié.


Défauts : Will a une argumentation fragile qui peut s’effondrer en instant. C’est une personne qui évolue relativement peu, qu’on ne peut pas qualifier de mature même si elle est responsable. Elle ne passe pas son temps à fuir devant l’adversité : elle se laisse dévorer toute crue, sans opposer la moindre résistance. Particulièrement passive et hésitante quand elle le veut, elle se plaindra pourtant beaucoup. Si le monde extérieur a du mal à savoir ce qu’elle voudrait, pour elle, c’est pire ; elle est un mystère complet pour elle-même et refuse la plupart du temps de fouiller en elle pour évaluer les raisons qui la poussent à agir comme elle le fait. Des conflits intérieurs s’organisent régulièrement en elle, ce qui, la plupart du temps, débouche sur une migraine supplémentaire que subira son entourage par sa baisse d’énergie, ses réactions amorphes, sa tête d’enterrement et son taux de réactivité nul. Ses réactions sont bien trop souvent excessives, incontrôlables, déraisonnées, surtout en ce qui concerne « cette » phobie. Elle a pour habitude d’être verbalement dure avec les personnes en qui elle a confiance et auxquelles elle est habituée. La peluche, par son sens de l’humour et parce qu’elle la suit en quasi-permanence, constitue également une contrainte et une source de nuisances notable ^^,.


Signe(s) particulier(s) : « Allergique » à toute personne du sexe opposé confirmée (elle se sent généralement mal à l’aise et cherche à fuir). Elle se balade quasiment en permanence avec « le petit ange Dino » : la peluche est vivante, s’exprimera publiquement par des « Nyan ! » ou « Nya ! » plus ou moins accentués, mais elle est la seule à l’entendre parler dans sa tête (Même les télépathes ne peuvent rien sur ce lien). Elle-même télépathe avec les autres whispered indépendamment de sa volonté, elle le serait de manière beaucoup plus ténue avec les autres.


Animal de compagnie : La peluche, bien qu’on ne puisse pas vraiment la considérer comme tel sans prendre de gros risques physiques…
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Wilhelmina Hamilton
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MessageSujet: Re: Wilhelmina Hamilton   Lun 6 Aoû 2007 - 12:40

Histoire : Fille unique, Will n’a jamais connu son père et n’a jamais voulu savoir qui il était. La présence de sa mère lui fut suffisante, son train de vie lui allait, elle n’eut jamais l’impression de manquer de quelque chose. Peut-être que tout fut lié à cet univers familial féminin, couronné d’un nombre impressionnant de cousines mais sans cousins qui auraient pu l’habituer à d’autres présences, auquel il fallait additionner sa scolarité en école de fille depuis la maternelle, mais Will a, du plus loin que permettent les souvenirs de son entourage, toujours très mal réagi face à des individus du sexe opposé. Une sorte d’allergie incurable qui finissait, enfant, en crises de larmes, puis en fuites systématiques lorsqu’elle apprit à courir vite. Les quelques expériences que tentèrent par amusement ses tantes pour la débarrasser de sa phobie suffirent à la traumatiser davantage, et les tentatives furent abandonnées. Cette peur des hommes, bien peu arrivaient à concevoir qu’elle s’en débarrasserait un jour ; étonnamment, la fillette, puis l’adolescente, arriva à mener une vie relativement normale dans ce monde mixte, même si la protection que lui offraient l’école et son foyer pouvait en expliquer une grande partie et aurait pu conforter les inquiétudes des autres. L’enfant se plaignait juste occasionnellement de migraines, prétendaient entendre des voix dans sa chambre avant de s’endormir, ou tout simplement dans sa tête, mais ses plaintes disparurent avec l’âge, à mesure que la gamine elle-même, à l’image de ce que désiraient les adultes, tentait de se persuader qu’elle imaginait bien tout ce qu’elle ressentait, qu’il n’y avait jamais de petites pattes noires et griffues qui tentaient de la saisir dans son sommeil, qu’il n’y avait pas de murmures ou de voix mêlées et confuses, qu’il n’y avait rien, rien du tout.


Will se plait à espérer que rien n’aurait pu se passer comme les choses se sont déroulées. Que, si ce décès n’avait pas eu lieu, il n’y aurait pas eu de monstre dans sa vie. Lorsqu’une illustre grande-tante qu’elle n’avait personnellement jamais vue – alors qu’elles n’habitaient qu’à une centaine de kilomètres l’une de l’autre – mourut, ce fut l’ensemble de sa famille maternelle qui se déplaça à son domicile pour ranger ses affaires et s’occuper des formalités liées au décès. Accompagnant sa mère, elle s’aperçut rapidement que, en plus d’être la seule de sa génération et inutile, elle était en outre une gêne supplémentaire.

Pour s’en débarrasser, on lui proposa, pendant ce temps, d’aller fureter dans le grenier et de prendre les souvenirs qu’elle voudrait. L’idée d’aller fouiller dans les affaires d’une personne qu’elle n’avait jamais connue, et, pire, se servir dans lesdites affaires, dérangea profondément Will, mais elle ne parvint pas à se faire écouter au milieu de sa famille. Résignée, elle se résolut à faire ce qu’on attendait d’elle, prendre la première chose qui lui tomberait sous la main, faire semblant de l’avoir trouvée sous une pile de choses et l’exhiber comme une rareté en sachant qu’elle s’arrêterait à mi-chemin de son projet.


Non seulement le grenier était à lui seul un vaste entrepôt de vieilleries, témoignage d’une vie passée dans une autre époque, mais il était également foncièrement sale. La poussière s’était accumulée sur le sol, les toiles d’araignées, au plafond, pour former un état de crasse avancé. Un état dans lequel la jeune fille pénétra en changeant son projet : elle récupérerait la première vieillerie qu’elle trouverait dans un état relativement propre.
Eviter de toucher les piles de livres, journaux, lampes, sacs, sachets, boîtes, statuettes, vêtements et chapeaux ne fut pas une mince affaire. Mais, entourée de ces objets salis de leurs longues années d’immobilité, Will commença à trouver malsain. Isolée dans cette pièce qui semblait être à l’abris des présences et des bruits du reste de la maison, les choses paraissaient différentes. Elle avait l’impression que les yeux de verres des poupées en robe de flanelle délavées, épargnés par la poussière, la suivaient des yeux alors qu’elle passait. Elle avait l’impression d’entendre leurs souffles, à chaque pas qu’elle posait sur le sol, quand une nuée grise s’écartait de ses pieds. Enfin, elle avait l’impression d’entendre des chuchotements derrière son dos, les mêmes chuchotements qu’elle entendait la nuit depuis déjà des années, des chuchotements qui faisaient corps avec la chose qu’elle sentait se tortiller quelque part dans sa tête. Partagée par l’appréhension devant ce qui était inconnu et le pressentiment qu’il n’y avait rien, strictement rien, il avait suffi qu’elle se retourne une fois pour que tout se taise et que les impressions disparaissent.
Et puis, elle avait aperçu ce coffre.
Oh, un simple coffre d’un bois sombre, qu’elle n’était pas capable de reconnaître. Aussi poussiéreux et sale que les autres, d’après ce que lui indiquèrent ses doigts lorsqu’elle les passa dessus. Cette couleur ne devait pas être celle d’origine. Peut-être que le bois serait identifiable, une fois propre ? Mais Will n’avait pas envie de nettoyer ce coffre. Celui-là, elle pouvait l’ouvrir sans risquer de faire tomber une trentaine de bricoles dans un fatras qui aurait projeté de la poussière un peu partout. Et, un coffre, ça servait à ranger des choses, à les abriter. Selon sa logique, elle aurait l’embarras du choix entre des objets propres, cette fois.
La première chose qu’elle trouva après l’avoir ouvert fut une moitié de rideau qu’elle transforma aussitôt en tapis, et elle entama les véritables fouilles.
Dix minutes plus tard, une douzaine de cadres vides ou contenant des photos aussi jaunies que tout ce qui avait dû être blanc un jour dans cette pièce, une vingtaine de foulard, trois petits trains en bois, un casse-noisette auquel un bras manquait, trois toupies, six livres de contes en images, quatre poupées sans tête et diverses autres babioles s’étalaient autour d’elle. Will commençait à atteindre le fond du coffre, et les voix avaient recommencer à murmurer derrière elle. Cette fois, se retourner ne suffisait plus ; elle avait le sentiment que leur source se trouverait toujours derrière sa tête, quel que soit le mouvement qu’elle fasse. Les ignorer avait toujours été le seul remède pour s’endormir, faire semblant de ne pas les entendre, se dire qu’elles n’existaient pas. Peut-être parce que, cette fois, on était en plein milieu de la journée et qu’elle n’était pas assez fatiguée pour se persuader de tout, mais, cette fois, la méthode habituelle ne marchait pas. Non, elle ne marchait pas, et Will se retrouvait à chercher la moindre occupation pour que son attention ne se focalise plus dessus. Sauf que, cette fois, la fouille du coffre touchait à son terme. Assise comme elle l’était, elle ne pouvait pas voir le fond du coffre et se fier à son toucher pour tenter d’évaluer ce qu’elle allait tenir entre ses mains. Cette fois, ses doigts rencontrèrent quelque chose de pas spécialement doux, mais volumineux et en tissu. Will finit par plonger sa deuxième main à l’intérieur, pour extraire cette chose qui la hanterait encore pour bien longtemps.

Elle se trouvait face à ce qui semblait avoir été une trace du mauvais goût sur terre. Une espèce de peluche dinosaure d’une trentaine de centimètres, d’une couleur qui bataillait entre le vert clair et le jaune, vert foncé sur une partie des pattes et sur ce qui devait lui servir de crête, avec de petites ailes blanches dans le dos. De gros yeux globuleux, deux iris rouges, une expression qui, exceptionnellement pour une peluche, n’était pas souriante mais plutôt légèrement contrariée. Elle pouvait effectivement se demander qui avait bien pu vouloir acheter un truc pareil. Des peluches, il en existait des mignonnes, en forme d’animaux, des choses douces au toucher, avec un air engageant, qui inspiraient confiance en encourageaient à se confier soi-même. Alors pourquoi cette… face de dino ? … est-ce que c’était sa grand-mère, qui avait créé ce modèle-là ? Avec une tête pareil, ce truc n’aurait jamais pu être commercialisé à grande échelle.
Will la posa sur le tapis au milieu du reste et allait pour jeter un coup d’œil à l’intérieur du coffre quand elle s’aperçut que les voix s’étaient tues d’un seul coup. Mais cette fois, ça n’était pas « comme d’habitude » : elle n’entendait plus aucun murmure, mais sentait toujours quelque chose grouiller, quelque chose bouger quelque part, peut-être à l’intérieur d’elle. Le calme avant la tempête, aurait-elle pu penser si une voix – unique, cette fois-ci – n’avait pas commencé à hurler, hurler en émettant ce son particulièrement aigu et fort, qui saturait sa tête déjà migraineuse, hurlait et résonnait comme si des milliers de craies écrasées sur des tableaux se superposaient aux grincements stridents d’une armée d’objets métalliques, pour finalement se confondre dans cet unique cri qui la paralysait et qui avait finalement raison d’elle. Elle eut une dernière impression, comme si une patte noire et griffue anciennement terrée à l’intérieur d’elle se tendait, tentait de prendre le contrôle, allait finalement beaucoup plus loin qu’elle ne l’avait prévu, trop loin, s’échappait d’elle, et puis plus rien.

Lorsqu’elle se réveilla, elle était toujours dans le grenier, sans la moindre idée du temps qui s’était écoulé. Plus de voix. Elle avait dû imaginer la précédente, puisqu’elle était seule. Peut-être un rêve ? Les objets autour d’elle lui rappelèrent qu’elle avait effectivement vidé un coffre. Plus de voix et, chose qui n’était pas arrivé depuis longtemps, plus de tortillement. La fatigue était un prétexte qu’elle s’était répétée les premières années avant de finalement l’abandonner, de dépit. Les voix existaient bien, elles revenaient toujours. Le mal de tête, lui, avait bien existé. Elle se sentait aussi mal que si elle avait dormi une nuit entière la tête posée sur un pic de bois. Et puis, la pièce tournait un peu, elle avait l’impression de voir les objets bouger autour d’elle…

Will prit un bref instant sa tête dans ses mains, ferma les yeux en essayant de reprendre l’équilibre, s’aperçut qu’elle ne ressentait pas cette impression de tanguer, posa sa main sur le sol puis rouvrit les yeux pour faire face à la peluche verte ou jaune, avec ses ailes blanches et ses gros yeux rouges, qui volait devant elle.
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Wilhelmina Hamilton
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MessageSujet: Re: Wilhelmina Hamilton   Lun 6 Aoû 2007 - 12:41

Will conserve très peu de souvenirs de cette rencontre-là, peut-être à cause de sa sortie d’état migraineux, ou peut-être parce qu’elle a voulu à tout prix oublier ce qu’elle voyait durant les premières heures. Un bout de tissu brûlé fut là pour lui rappeler que la peluche avait sans doute craché des flammes. Le moment où elle se mit à hurler, alertant les adultes, correspondait sans doute au moment où la peluche s’était mise à lui parler dans sa tête. Adultes qui rirent bien lorsqu’elle tenta de leur expliquer avec toute la rationalité dont elle pouvait faire preuve que la peluche s’était envolée, bougeait toute seule et parlait. La peluche refusa de se prêter au jeu et resta immobile et silencieuse. Dans les repas de famille, Will fut considérée pendant longtemps comme « celle qui avait eu peur dans un grenier, avait dit avoir vu bouger des jouets ». Par sécurité, elle tenta de d’enfermer la boule de coton dans le coffre, mais la peluche fut retrouvée dans le coffre de la voiture quelques heures plus tard. Menaces et garanties de représailles n’y firent rien, la peluche refusa de se montrer sous son vrai jour devant d’autres personnes qu’elle, ou de d’expliquer d’où elle venait, comment elle était capable de se mouvoir, de parler dans sa tête ou de s’exprimer comme elle le faisait. Avec le recul, Will en déduisit que la chose qui se tortillait auparavant en elle était sortie, s’était extraite dans cette peluche. Rien n’avait changé, pourtant, les voix continuaient, se faisaient sentir de plus en plus souvent, les tortillements eux-aussi, mais, cette fois, elle sentait qu’ils étaient différents, que leurs identités étaient différentes. Puisqu’elle était la seule à l’entendre, et, en même temps poussée par une attirance qu’elle ne s’expliquait pas, Will décida d’accueillir officiellement la peluche non plus comme un parasite total, mais comme quelque chose (pas encore quelqu’un) qu’elle hébergerait, bien que cette décision-là fut suivie d’une découverte qui faillit changer la donne après le massacre qui eut lieu dans la cuisine : la peluche, bien que dénuée de toute faim, mangeait.Cette nouvelle donnée fut la source d’un embêtement supplémentaire (apprendre à coudre pour vider son ventre du coton et de la nourriture intacte avant qu’elle ne pourrisse), mais Will fut résolue de ne plus se séparer du monstre, aussi diabolique fut-il et malgré son absence totale de coopération ; rattraper ses mauvais coups devint bientôt une occupation à plein temps.

Ce nouveau venu opéra des changements radicaux dans toutes les strates de sa vie. La supercherie ne tint pas longtemps devant sa mère, qui accepta trop facilement l’existence de la peluche aux yeux de Will même si cette acceptation facilitait les choses. Il s’avéra assez rapidement qu’elle l’ignorait plus qu’autre chose, ou, plutôt, qu’elle feignait de ne pas se rendre compte de ses faits et gestes, inhabituels pour une peluche.

Au sein de l’établissement scolaire de Will, les perturbations commencèrent et il ne vint à l’esprit de personne que le responsable put être autre chose qu’un fantôme. Alors que leurs professeurs semblaient se convaincre que tout était de la faute des élèves, force fut de constater que certains éléments demeuraient, en effet, inexpliqués. Les six portes de casier ornées d’un trou d’une vingtaine de centimètres, les vols de nourritures quotidiens, les élèves poussées par quelque chose d’invisible dans les escaliers, les rires inquiétants que l’on entendait parfois derrière soi, les livres échangés et gribouillés, les ballons de basket qui volaient pour s’abattre par nués, les portes des locaux de matérielles qui se refermaient toutes seules derrière les élèves ne trouvèrent aucune explication rationnelle. Will, elle, avait bien une explication qui dépassait de loin sa logique. La peluche tuait l’ennui en manquant de tuer les autres. Lorsque, toutefois, un des ballons lancés engendra un saignement du nez conséquent chez une élève de deuxième année, la peluche arrêta d’elle-même le gros de son manège. Will en déduisit que son intention initiale n’était pas de blesser, mais bien le jeu : la créature endiablée s’amusait au dépend des autres.
Les répercussions sur elle existèrent, néanmoins. A force de toujours tenir la peluche, de ne pas se séparer d’elle consciemment, de jouer à la marionnette avec elle, elle fut reconnue comme une personne qui avait grandi trop vite, qui avait gardé son imaginaire de petite fille. Petite fille qui, elle, semblait prendre à malin plaisir à gronder ladite peluche, l’accusant de diverses choses et de ses bêtises personnelles. Le découragement ne tarda pas chez ses proches, et eux-mêmes finirent par accepter que la peluche faisait maintenant partie intégrante de la personnalité de Will. C’en était fait du restant d’image de respectabilité qu’elle avait défendu sans trop d’acharnement.

Le calme revint, aussi calme que pouvaient être les choses quand on s’efforçait de cacher au monde qu’on ne gardait pas constamment cette peluche par attachement personnel mais bien pour la surveiller, que ladite peluche refusait toute coopération, que les rêves de petites pattes noires et griffues continuaient, avec ces voix, ces stupides voix qui se mélangeaient toutes sans qu’elle puisse en saisir un mot. Elles étaient comme des murmures, des sons désordonnés qui s’entrecoupaient sur différents tons, déterminées par des états d’âmes différents. Et, surtout, elles donnaient mal à la tête, terriblement mal à sa pauvre tête qui avait déjà bien du mal à tenir.

Puis, la peluche arrêta presque de bouger en public. Elle restait calme, sage, ne donnant la plupart de ses signes de vie qu’en privée, dans une pièce isolée ou fermée. Aussi peu réactive qu’elle soit, Will comprit que, en effet, quelque chose ne semblait pas tourner rond. Et, à forces de maltraitances, finit par apprendre de la bouche de tissu vert qu’ils étaient surveillés.

Pour elle, cette fois, les éléments étranges et incongrues s’enchaînèrent. Si l’histoire du voyeur dans la douche des filles fit du bruit, beaaaaaaucoup de bruit, personne ne pensa à faire le rapprochement avec la « perte » de ses papiers le même jour, qu’était élégamment venu lui rendre un illustre inconnu accompagné d’une parfaite étrangère à son domicile lorsqu’elle rentra, prétextant les avoir trouvés dans la rue. La peluche sembla être la seule à se méfier de ces types qui s’intéressaient de trop près à elle. La peluche n’aima pas non plus les regards que lui jetèrent les deux personnes, et tenta d’avertir Will du mieux qu’elle put qu’ils savaient probablement qu’elle bougeait. Hélas pour elle, sa mère, par un nouveau coup de génie, décida d’inviter les deux inconnus à dîner, en remerciements. Will se demanda durant de longues minutes ce qui pouvait expliquer que l’on remerciât deux voleurs, dont l’un était suffisamment pervers pour s’infiltrer dans l’un des endroits les plus défendus d’une école de filles, mais fut forcée d’accepter les choses comme elles étaient : sa mère ne l’entendait déjà plus, et ne l’avait probablement jamais entendue.

Ce ne fut qu’au bout d’une heure, une heure où Will était déchirée entre son devoir de gardiennage sur la peluche et la nécessité évidente de la ranger quelque part pour fuir ce double regard inquisiteur, que les deux inconnus posèrent les cartes sur la table. Ils la surveillaient bien depuis plusieurs semaines, étaient capables de citer ses allées et venus depuis tout ce temps, la moitié de celles de la peluche. Motif ? Agents d’une section obscure du gouvernement. Gouvernement pour qui ils travaillaient, qui, au fur et à mesure de leur diatribe, devenait aussi obscur et douteux que le reste.
Will, elle, ne compris rien à leurs tentatives d’explication. Le mot « whispered » sembla être le plus récurrent. Il s’avérait qu’elle était « ça », comme une centaine d’autres ; que ça apparaissait, comme ça, sans explication ; qu’ils étaient reliés entre eux par quelque chose dont elle ne parvint pas à retenir le nom ; que c’était comme ça qu’ils l’avaient pistée, grâce à un autre whispered qui travaillait avec eux. Conscience commune, puit de savoir commun, compétences communes, liens communs, la peluche qui semblait être une âme égarée en provenance de cet espace auquel elle avait accès, qui n’aurait pas dû être là, qu’elle devait renvoyer là-bas, ou dont d’autres personnes se chargeraient… et, bien sûr, elle aurait tous les renseignements, elle saurait tout ce qu’elle voulait savoir en les suivant. Sa mère, qui ne s’étonnait pas plus que de voir la peluche bouger, ne sembla pas avoir la moindre objection et était probablement sur le point d’épuiser l’argumentaire d’une Will particulièrement atterrée quand la conversation fut écourtée de manière radicale. La peluche s’occupa elle-même de brûler la moitié de la masse capillaire de l’homme, les encourageant à fuir pour ne jamais revenir. Sa mère, comme d’habitude, sembla changer d’idées, ou, plutôt, oublier les idées qu’elle avait eu avant une fois les deux abrutis disparus au coin de la rue. Cette fois, Will put vérifier que les deux gêneurs tenaient leurs distances. Qu’ils étaient maintenant non plus deux, mais une dizaine à se relayer, l’en informa la peluche qui n’aimait pas plus qu’elle ce fourbi supplémentaire.

Plus le temps passait et plus Will avait l’impression de s’enfoncer. Cette fois, elle s’interrogeait sur la peluche, sur ce qu’elle était. Une des pattes noires et griffues ? Elle semblait contente d’être là, n’avait pas l’air de vouloir repartir d’où elle venait. Mais peut-être qu’elle était dangereuse, plus dangereuse que quand elle avait fait tomber des gens dans des escaliers ou qu’elle avait manqué de déclencher des incendies.

La peluche, elle, sentit que, pour sa propre sécurité, il serait bon qu’elles disparaissent de la circulation pendant quelques temps. Pour des raisons qu’elle n’avait pas envie d’expliquer, elle ne voulait pas se séparer de l’humaine qui l’avait emmenée là où elle était. Avec toute le dextérité dont elle pouvait faire preuve, elle se lança dans de vastes recherches qui l’amenèrent à entre parler d’une école bizarre pour personnes bizarres, dans un endroit bizarre, loin, loin, très loin. Il y eu des fuites sur ses recherches. Comme devant toutes les idées farfelues qui remettaient en cause ses compétences parentales, la mère de Will trouva la solution excellente et appropriée, y envoyant sa fille qui finit par se résigner et accepter son sort. Leur sort, puisque la peluche fut aussi du voyage.
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