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 Inca rose

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Mélodie Parker
Élève de Saevitia - Deuxième année
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Race : Apprentie Shinigami Inférieur
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MessageSujet: Inca rose   Jeu 1 Nov 2007 - 12:38

[Pour le titre, ça n’a jamais été mon passe-temps favori. Cédons à la facilité : donnons le titre de la musique qui tourne Mr. Green. Pour l’aspect totalement décousu, c’est la faute à Lagarce, la façon qu’ont les personnages de parler, ça finit par s’ancrer sans qu’on puisse rien n’y faire ^^,]



Comme bien d’autres nuits, la lune n’était pas visible. On distinguait à peine une tache claire qui révélait les nuages filamenteux traversant le ciel, ailleurs absorbés et rendus invisibles par l’absence de luminosité. Encore moins d’étoiles. Pas de points remarquables, juste les nuages qui se prêtaient un peu plus au regard lorsque l’on fixait un endroit avec insistance, comme si le ciel avait alors honte et cherchait à tout prix à cacher sa nudité.

Allongée, les bras en croix, la respiration bruyante, la seule chose que Mélodie pouvait, voulait, aurait voulu faire était de regarder la lune. Une tâche de couleur dans l’obscurité, quelque chose qui lui rappelle que tout n’était pas uniforme. Elle cherchait, aurait voulu chercher à sentir. L’air moins pesant que d’ordinaire, le semblant de souffle froid, le bruit des petites bêtes avalé par les arbres pour laisser planer un silence de fin du monde. Elle était dehors. Si maintenant encore elle pouvait sortir, tout irait bien.


Elle avait pensé à un endroit sombre. Avait rêvé d’un endroit sombre. S’était souvenue d’un endroit sombre. Avait rêvé d’un souvenir d’endroit sombre ? S’était souvenue d’un rêve d’endroit sombre ? Ca devait être ça… un endroit sombre, avec tout ce qui allait avec. Mais le reste s’était dilué dans le noir, avait finalement disparu pour ne laisser place qu’à des impressions, elles-mêmes avalées par le noir. Un dallage froid, et des bruits autour, qui cliquetaient de temps à autres. Elle en avait rêvé ou s’en était rappelée quand la bulle de savon avait éclaté et qu’elle s’était rendue compte que le dortoir était bien moins sombre, qu’il y avait trop de respirations autour pour qu’elle soit dans ce genre d’endroit. Cette nuit-là non plus ne serait pas complète. Mais cette fois, elle ne supportait pas de pouvoir trouver des similitudes entre cet endroit et le dortoir. Elle ne voulait pas y retourner, même si elle n’y était jamais vraiment allée. Il fallait qu’elle parte de là, qu’importe soit la raison pour laquelle elle était présentement là.

Elle était sortie, avait posé les pieds sur le sol, juste pour avoir la certitude qu’elle n’était pas enchaînée, qu’elle pouvait bien marcher. Avait progressé, de pièces en pièces, confirmant ainsi que celle qu’elle quittait et la suivante étaient bien différentes. Elle s’était déplacée grâce à une course graduelle. Les escaliers semblaient s’être déroulés sous ses pieds et elle s’était précipitée sur la grande porte, en avait tourné la poignée, l’avait poussée de l’épaule, était passé dans l’univers du dehors sans même la refermer, juste pour avoir la certitude qu’elle pouvait bien sortir, que la porte n’était pas fermée, qu’elle ne donnait pas sur une autre pièce ; qu’un ciel existait toujours, qu’il n’avait pas disparu, que ses souvenirs du dehors étaient suffisamment proches pour qu’elle puisse s’en rappeler sans craindre d’avoir imaginé une vision erronée.
Imaginé ?



Encore une fois, quelque chose avait réagi, avait remué, avait manqué de se manifester. Comme quand son bras gauche refusait de bouger, comme quand elle avait l’impression que ces tâches noires apparaissaient dessus, juste comme ça, à un moment ou à un autre, après que quelque chose se soit passé ou dit. Cette fois, c’était parce qu’elle
imaginait. Mais à ce rythme, elle allait commencer à imaginer des choses, puis des personnes, elle croirait être entourée alors qu’en fait, elle était toute seule, et cette illusion durerait jusqu’à ce que quelqu’un brise tout et lui dise que-



Claquement de mains
imaginé. La Saevitia se rendit compte qu’elle avait fermé les yeux au moment où elle les rouvrit. Elle n’avait pensé à rien, ou avait imaginé penser quelque chose. Rien qui revenait. Tout à l’heure, quelque chose n’allait pas, et maintenant, c’était son incapacité à se souvenir de ce qui la dérangeait qui lui faisait prendre conscience de l’existence d’un problème. Le ciel était toujours là. Elle était sortie ? Quand ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui lui avait pris de sortir, en La laissant toute seule, alors qu’elle avait dit qu’elle ne voulait plus… qu’elle ne voulait plus… qu’elle ne voulait plus quoi ? Et quand avait-elle parlé de ça ? Mèna ne s’était jamais plainte, dans ses souvenirs. Souvenirs. Mémoire. Encore des lacunes, des cavités qui se creusaient, qui rongeaient du terrain en rendant le monde imprécis et flou. Et si elle n’arrivait même plus à se souvenir de quoi que se soit, au final ? Que gagnerait-elle en échange ? Train et Lia avait dit avoir oublié, et pensaient avoir oublié d’un seul coup. C’était mieux ainsi, disaient-ils. Ils pouvaient faire « comme si » rien ne s’était jamais passé, « comme si » leur vie avait toujours été celle-là. Ils pouvaient faire semblant de vivre comme bon leur semblait, sans contraintes, sans rien. Rien. L’absence de souvenirs. C’était ce qu’ils avaient donné en échange, ou bien ce qu’on leur avait enlevés de force. Tout allait mieux comme ça. Et si elle n’avait pas envie d’oublier ? si elle atteignait un stade où elle ne serait même plus apte à dire qu’elle avait oublié ? Que gagnerait-elle en échange ?
Train aurait dit qu’il l’aiderait à se souvenir. Elle n’avait pas envie de revoir Train. Tant qu’elle savait qu’elle pouvait physiquement le revoir, tout allait bien. Elle ne voulait, aurait voulu éviter le moment où à force de se revoir, l’absence de Train deviendrait réelle et où plus rien ne pourrait être changé. Elle pouvait seulement se dire qu’elle pouvait le revoir si elle le voulait, qu’il était encore là, tout près. Qu’elle avait le choix, la possibilité de le revoir. Que rien ne décidait à sa place.

Mais si elle était dehors, si elle pouvait sortir, tout allait bien. Même si la Tarutama brûlait encore contre sa peau, même si le cordon donnait l’impression qu’il tendait à l’étouffer, elle allait finir par se souvenir. Se rappeler de la raison pour laquelle elle devait rentrer. Ce qu’il fallait cacher. Ce qu’il fallait protéger, surveiller, ce sur quoi il fallait veiller. Pourquoi les promesses qu’elle avait contractées, qu’on avait contractées en l’engageant elle-aussi, se menaçait l’une l’autre. L’équilibre qu’elle devait retrouver pour que, encore pendant quelque temps, « tout aille bien » pour les autres.
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Edmund Wings
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MessageSujet: Re: Inca rose   Jeu 1 Nov 2007 - 13:53

C’était toujours la même rengaine dans ce monde grisâtre. Les humains ne voyaient jamais autre chose que leurs propres petites vies égoïstes et sans aucun intérêt, hormis pour eux-même. Peut-être que lui était aussi égoïste qu’eux après tout, sa manière de se cacher des humains dès qu’il en avait la moindre occasion, filant telle une ombre dans les coins les plus reculés du château… Le bonheur, la vie qui s’émanait de ses pauvres gosses rieurs et joyeux lui donnait mal au cœur. Peut-être parce qu’il n’avait plus la chance de goûter à ce genre de bonheur, sa vie à lui s’enfuyant de son corps comme si elle l’abandonnait pour un avenir long et sombre. Les humains, ces choses étranges prisent dans leurs imbécillités et qui ne voyait même pas la réalité de ce qui pouvait leur arriver chaque jour. Et bien, ces créatures il ne les aimait pas, pas jusqu'à la haine, mais son incompréhension de ses gens s’apparentait à un sentiment étrange, mi-colère mi-jalousie. Son grand haut blanc cachait une partie de ses cheveux, mais cela n’empêchait pas les gens de savoir que ce garçon avec les cheveux argents qui ne souriait jamais n’étaient pas des leurs. Il pouvait même être qualifié de personne qui disait toujours non, dès qu’on lui proposait quelque chose, rien ne comptait si ce n’était dire non. L’adolescent n’avait même pas besoin de savoir de quoi il s’agissait, sa seule et unique réponse serait toujours pareille. Si bien qu’a force, Edmund ne savait plus si ce ‘non’ était un jeu ou bien un moyen de repousser un peu plus sa vie… Un fugace et ironique sourire traversa ses lèvres, bien qu’il ne ressentait aucune émotion en particulier… Parfois, il y avait des instants où il avait juste l’impression de copier les humains, mais il en était encore un sur certains points, il fallait juste définir lesquels. Un bivius de son jeune âge ne pouvait pas encore avoir tout perdu de son humanité, mais parfois le garçon se demandait si en avoir juste assez pour souffrir de sa disparition n’apportait pas encore plus de douleur.

Assit sur son lit, le garçon aux cheveux argentés jouait avec une de ses mèches tout en réfléchissant. A quoi ? Bonne question, il tentait de se rappeler le visage des membres de sa famille ou même leurs noms, mais malgré les efforts qu’il faisait, rien ne voulait revenir. On avait fait exprès de lui effacer ses souvenirs pour ne pas qu’il souffre, mais la colère ne s’envolerait pas avec autant de facilité que ça. Songeant calmement aux autres membres de son ‘groupe’, Edmund tira un peu sur sa mèche de couleur lunaire tout en poussant un léger soupir, pourquoi diable cette bande de vieux séniles l’avait envoyé ici… On lui avait dit de profiter de la vie mais ce n’était que de l’ironie, lui voulait guérir pas profiter et continué de regarder son âme s’enfuir avec ses sentiments… Se levant alors doucement, il songea qu’il avait besoin de respirer. Ce monde avec tous ses humains lui faisait mal au cœur, leur bonheur l’empêchait de respirer…

Vêtements enfilés rapidement. Capuche du haut mise sur sa tête. Cacher les cheveux maudits... Routine implacable quelque soit l’heure du jour ou de la nuit. Et enfin, il avait pût sortir, respirer de nouveau, malgré le fait que ce monde ne lui convenait pas, la solitude et le silence nocturne on toujours possédé quelque chose de doux et rassurant. D’un instant, Edmund ferma les yeux, un vague souvenir traversant son esprit. Quelque chose de rapide, où tout bougeait… Un vague ‘maman !’ suivit d’un gamin qui descend d’un bus presque vide avec une gamine au joli sourire. Il ne voit que ce sourire, cette expression d’enfant qu’il partageait sans doute avec cette petite. Et puis, tout se brise, comme un miroir qui serait tombé. L’illusion a disparue. Seule une pensée reste, celle de savoir un jour qui était cette gamine. Pourtant, si Edmund y songeait vraiment, peut-être que le nom de sa sœur pourrait revenir sur ses lèvres. Ou peut-être pas. Ce n’était pas comme si s’était important après tout.

Ses pas étaient à peine perceptibles tant il marchait doucement, une habitude furtive confiée par sa condition sans doute. S’arrêtant pour regarder le ciel et surtout cette lune, une sorte de porteuse d’espoir dont l’adolescent ne pouvait pas se passer. Son regard se détourna alors quelques instants de l’astre pour se poser sur un esprit se promenant. Attendez un instant ? Etait-ce bien un personnage réel ou alors le fruit de sa sombre imagination ? Elle était étrange… Sans qu’il puisse exactement dire en quoi, mais s’il avait fallut donner un mot pour la qualifier, l’adolescent aurait dit… Hors de ce monde. Bon, c’était plus d’un mot, mais Edmund ne voyait pas d’autre explication possible pour qualifier l’inconnue.


Silence.


Toujours ce même silence, absence de bruit, il ne ressentait pas le besoin de parler, mais ne cherchait pas à partir non plus. Pendant une seconde ou deux, le temps s’était arrêté. Envers elle, aucune parole ne fut lancée, le garçon se contenta de lui faire une très légère révérence, comme faisait les garçons de l’ancien temps, un geste de respect que les Bivius pratiquaient beaucoup par ailleurs. Après quoi, ses yeux presque cachés totalement se posèrent de nouveau sur les étoiles, sa capuche l’empêchant presque de voir malgré le fait qu’il ne l’enlevait pas. Ce serait trop facile, il n’aimait pas montrer ce qu’il se trouvait être. Malgré le fait que personne ne connaissait son espèce, ce n’était pas une raison pour attiser la pitié de quelqu’un une fois de plus. Les pensées du garçon se mélangeaient encore, le bus, le sourire de cette gamine qui commençait à lui faire mal au cœur ou encore l’identité de cette jeune fille. Celui qui est Bivius n’est pas curieux, comme le disait tout le temps le vieux sage, un précepte qui passait un peu à côté de la tête de l’adolescent sur l’instant. Un regard en biais, presque caché, tandis qu’il se penche de nouveau très légèrement, comme toujours.[1]




« Il suffit de faire comme si tout allait bien dans ces cas là, non ? »


Une phrase que lui-même ne comprenait pas exactement mais qui désignait bien ce qu’il pensait lors de cet instant. Faire comme si tout allait bien, lui avait renoncé à cela. Le jeune élève de Coactus ne pouvait tout simplement plus voir le ‘bon côté des choses’. Ses yeux vides continuèrent ainsi de fixer quelques instants l’adolescent avant de se reposer sur un point invisible juste devant le garçon…



[1] Pour te donner une idée, il est exactement dans la même position que sur son avatar xD !
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Mélodie Parker
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MessageSujet: Re: Inca rose   Ven 2 Nov 2007 - 12:02

[Buh... El Cazador + Lagarce + Madame Bovary, ça fait un truc bizarre dans ma tête XD]


Le mal de tête revenait. Un peu comme si le ciel se rapprochait, il laissait voir des images qui ressemblaient à des souvenirs informes, gorgés d’impression et de bilans ruminés, racontés d’un ton détaché à une enfant qui avait voulu savoir et n’avait jamais su. Le ciel traduisait. La chose flou qui se présentait à lui ne devenait pas intelligible, mais elle en saisissait le sens, était capable de le reformuler sans que l’on ne lui explique clairement. Dans un va-et-vient continuel, les impressions se mélangeaient aux visages encore connus pour en donnait une interprétation qui ne collait pas, qui était fausse, pervertie, imposée. Les nuits auraient presque pu être froides. Un voyage qui n’avait commencé nulle part et qui ne voulait pas s’arrêter. Mais qui s’arrêterait quand même, en haut de ces longs escaliers déjà imbibés. La fin du voyage, c’était l’installation dans un foyer. Celui-là n’avait encore été qu’une étape. La course avait commencé après, sous ces nuits, sous le ciel qui avait guidé le voyage.

… mais les nuits n’étaient pas comme ça. Il manquait quelqu’un. Il manquait cet endroit. A l’époque, elle n’aurait jamais manifesté son envie de conserver ce genre de moments-là. Ils n’avaient pas besoin de dormir, alors il regardaient le temps s’enfuir pour ne pas s’ennuyer. Jusqu’à ce que le nombre se brise, se trouve multiplié ; qu’à force de présences nouvelles, la solitude se soit créée. Jusqu’à ce que la solitude se soit vraiment matérialisée, et que la notion de « groupe » qui, lorsqu’elle s’était formée, avait tout détruit, se transforme en une absence, quelque chose « en dehors ». Auparavant, personne ne se sentait jamais exclu. Le nombre avait tout corrompu. Les illusions avaient pris une ampleur qu’elle n’auraient jamais dû atteindre. Les illusions étaient devenues des réalités, des réalités qu’il fallait assumer et fuir, parce que les responsabilités étaient trop lourdes lorsque que quelqu’un d’autre avait décidé à sa place.

Et cette fois, qui serait vraiment responsable ? Est-ce qu’elle avait déjà mal fait ? A quel moment ? Pourquoi les choses ne pouvaient-elles pas être rattrapées, en quoi le fil ne pouvait-il pas repriser la déchirure ? Sur quel bord est-ce qu’elle se trouvait ? Est-ce qu’elle serait encore seule, sur ce bord-là ? Est-ce qu’on la rejoindrait, pour que, encore une fois, quand reviendrait le moment où elle serait toute seule, elle gardât ce goût amer, allât jusqu’à souhaiter être restée seule tout du long pour ne jamais avoir eu la possibilité de comparer, de creuser la différence ?


Herbe foulée. Le ciel redevint aussi sombre et peu nuancé qu’il l’avait toujours été. Présence « humaine », autant qu’elle pouvait l’être dans cet endroit où tout devenait toujours trop compliqué. Présence humaine à proximité, qu’elle n’avait pas senti venir, qui était trop proche d’elle pour qu’elle feigne de l’ignorer. Elle s’était probablement délibérément approchée, le fait que l’on se dirigeât dans sa direction appelait, nécessitait, imposait une réaction. Elle avait pourtant appris à sentir les présences des autres. Cette perception s’était imposée comme une nécessité. Au fil des ans, il avait fallu apprendre à fuir, à donner l’illusion de rester tout en fuyant, à montrer que la fuite n’était pas volontaire. Quand et comment, elle était incapable de le décrire. Il n’y avait que ce sentiment mélangé, entre peur vacillante, voix intérieure qui sommait de s’en aller, battements de cœur qui s’accéléraient davantage à chaque fois parce que les cartes du château étaient de plus en plus nombreuses, que l’édifice gagnait en valeur, et sorte de défi mêlé, ultime provocation pour montrer au monde qu’elle en était capable, qu’elle n’était pas la petite fragile chose que l’on voulait bien voir. « Monde » ? « On » ? Un « il » aurait été plus approprié, mais ne se référait à personne de connu. Les bribes d’éléments avaient déjà mis des mois, des années pour s’accumuler et devenir intelligibles. Il en manquait encore beaucoup, et, chaque fois, c’était le même sentiment : le prochain éclairerait les autres comme la flamme sur les murs, il n’était plus possible de tourner autour sans que rien ne soit vraiment compréhensible. A chaque fois, même désillusion : l’intelligible ne devenait jamais compréhensible. La bulle se brisait alors. Avec le recul, les impressions flottantes ne se raccordaient pas à son passé à elle. A moins qu’elle ait oublié ces éléments-là aussi. Au cas où, elle les garderait en mémoire ; elle était peut-être incapable, après tout, de se rappeler que ses souvenirs-là étaient bien ses souvenirs et pas une fiction racontée.

La bulle se fissurait. Chut, il y a quelqu’un. N’ait pas l’air d’y penser, n’ait pas l’air d’y réfléchir. Méfie-toi, car lui sait peut-être quelque chose. Il a peut-être changé d’apparence, il n’est peut-être qu’une autre illusion tandis que la réalité t’observe. Un infime fragment se détachait, rompant définitivement l’uniformité de la surface lisse. Il y a quelqu’un et c’est mauvais signe. Ce n’est pas la bonne personne. Il ne faut pas faire confiance. Même si c’était la bonne, il ne faudrait pas, elle n’aime pas qu’on l’engage malgré elle dans quelque chose.
Qu’est-ce qu’il a dit ? Quelque chose de trop proche, avec des mot qui appellent un souvenir trop proche. Ici, c’est un mauvais endroit, il y a ces pensées d’inconnus qui tournent autour et menacent de rentrer profondément, de violer la conscience, d’en sucer toute la matière immatérielle. Télépathes, empathes, et les barrières qui ont disparu juste par fatigue, par fainéantise, parce que les maintenir en plus est trop douloureux, coûte trop, donne trop mal à la tête, empêche de dormir. Quelque chose qui parle d’illusion, et les illusions sont trop dangereuses, empirent tout lorsqu’elles se brisent, que les apparences maintenues fermement ne font que prendre conscience, après coup, des mondes d’hypothèses où elle n’aurait pas existées, des mondes d’hypothèses qui auraient été tellement mieux, où tout aurait été différent, où la responsabilité ne tomberait sur personne, où chacun serait libre et affranchi des fautes commises sans le réel. Et s’il fouillait dans l’esprit ? Mais ces pensées-là, qui se découvraient à peine, elles le faisaient parce qu’elles avaient confiance ! Si elles se sentaient trahies, si elles se rendaient compte que quelqu’un les espionnait ou qu’elle les avait éparpillées en l’air en laissant les autres les fouler du pied, elles prendraient sa place ou, pire, se réfracteraient pour rester fermées à tout jamais.

La présence appelait une réaction. La présence provoquait une impression de vide. Il n’aurait pas dû être là, il ne devrait pas être là. Il était une erreur, une faute, un oubli ; quelqu’un avait été négligent. Il ne devait pas se trouver là, à attendre, alors qu’ils étaient là pour ouvrir le passage. Quelqu’un avait mal fait son travail. Le passage, la porte, les deux paliers, le monde quitté pour le monde gagné, l’intérieur et l’extérieur, le palier trop grand, la deuxième porte juste avant le nouveau monde, la première qui se referme derrière, juste quand la deuxième glisse sur ses gonds pour fermer l’entrée. Le seuil large, pour permettre d’y rester sans faire le moindre geste. La première porte fermée à tout jamais. La deuxième refusant le passage. La porte. L’encadrement. La silhouette qui se retourne. La natte, source de jeu continuelle, qui glisse le long du corps une dernière fois. La moitié du visage cachée par les mèches qui le bordent et le surplombent. Mais, de toute façon, « il n’y avait rien à voir ». Les détails ne suffisaient pas à recréer la silhouette ; ça n’était pas parce qu’il était une silhouette qu’elle pouvait prendre consistance comme ça, juste parce qu’elle y pensait. La silhouette de qui, d’abord ? Il n’y avait pas d’ombre sur le sol.

Barrières. Les pensées ne devaient pas s’enfuir comme ça, jaillir comme ça, être partagées comme ça. La simple pensée que quelqu’un puisse lire les siennes devait lui donner envie de vomir. Ses yeux étant incapables de quitter le ciel, le seul mouvement facial dont elle prit conscience fut son froncement de sourcil tandis que son bras droit se repliait, que sa main s’étendait sur son visage et aurait caché la vue du ciel à ses yeux s’ils étaient situés à la place de sa joue. Barrières, barrières. Qu’importe la personne, au cas où, on ne savait jamais. La simple pensée des barrières lui donnait le tournis, excluant toute possibilité d’installation de protection mentales. Elle se piégeait elle-même, encore une fois. Et comme un nouveau signal, les images reprenaient. Une pièce dont la porte entrouvertes laissaient glisser la lumière. Les bruits qui tintaient. Les visites, de temps à autre. Le temps qui s’était figé. La peur de l’extérieur, de l’inconnu, des changements de l’extérieur. Le corps qui s’habituait à l’immobilité, qui n’aspirait qu’à se fondre dans le mur, à cause d’une fuite. Le foyer qui devenait étouffant, qui se révélait sous sa forme première de prison sans barreaux, juste pour donner une illusion de liberté, juste pour donner la sensation qu’il ne faisait pas rupture avec l’extérieur, qu’il était une part de l’extérieur. Les images étaient encore racontées, de la même voix inexistante. Mais elle n’avait plus envie d’entendre la suite, plus besoin d’entendre cette fausse perception-là. Elle ne lui plaisait pas, elle ne l’aimait pas, elle voulait se soustraire à elle sans détacher son regard de ce qu’elle considérait comme une réalité fiable. C’était la même voix qui cherchait à s’imposer. Et bientôt, il n’y aurait plus que ces images-là, dévorant les autres, puis que la pièce sombre dans laquelle elle restait juste parce qu’elle ne voulait pas, parce qu’elle voulait être prisonnière physiquement, sentir des liens qui l’empêcheraient de sortir de cet endroit qu’elle n’aimait pas ; alors qu’en fait, elle était juste en train de se persuader qu-


"La ferme !"
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MessageSujet: Re: Inca rose   Dim 18 Nov 2007 - 0:01

° Bien sûr, il n’avait rien à faire en ce lieu, à cette heure, à cet instant et seconde… Rien du tout… Sa seule présence était sujette au rejet, il n’avait pas grand chose à avoir dans l’histoire de cette personne, il n’avait donc qu’a dégager. Edmund refusa pourtant de s’y résigner, ce serait trop facile, trop simple… Il n’y avait rien à partir maintenant, cela ne changerait pas les sentiments, cela ne changeait pas les souvenirs, qu’il soit là au pas, se tenant dans le paysage tel un étranger. Une chance, un essai… Pourquoi ne pas tenter… Quelle raison aurait pût l’empêcher d’essayer… De voir ce qui se passerait si jamais il n’esquissait pas un geste, que son corps reste figé, telle une statue que la lune transforme jusqu’au levé du soleil… L’on disait pourtant qu’Edmund n’était pas curieux, de ce sentiment lui était interdit, comme le serait bientôt les autres… Tous étaient attachés les uns aux autres et la chute du premier entraînait invariablement les autres, ne leur laissant aucune façon de s’échapper. L’adolescent voulait briser cette chaîne, se sauver, pas aider les autres, non… Juste lui-même. Juste ce garçon hanté par des mémoires étranges qui ne comptaient même plus pour lui… Les autres devaient se sauver eux-même, parce qu’il ne pouvait pas tendre la main à tout le monde. D’ailleurs, il ne l’avait jamais fait et ne le ferais sans doute jamais…. Regardant toujours la lune, laissant glisser les paroles de l’inconnue loin de lui, Edmund ne répondit pas tout de suite. Peut-être qu’il n’y avait rien à répliquer. Les mots font parfois plus mal que le silence après tout. Mais, dans ce cas, quelle était la chose qui l’avait poussé à engager lui-même la discussion, si on pouvait nommer cela par un tel nom d’ailleurs. La lune était si jolie… Et cette fille avait une voix un peu semblable à la lune… Légèrement grave et un brin étrange, même si l’adolescent n’aurait pas sût expliquer exactement en quoi… Belle sans être belle, moins que la lune sans doute, mais peut-être encore plus mystérieuse…


Comment pouvait-il dire cela sans la connaître, juste en ayant entendu deux mots de sa bouche et en l’ayant aperçu une poignée de secondes. Il ne pouvait pas. Mais le garçon le faisait quand même. Parce que pouvoir est un mot vil mais qu’en même temps, il est le bien. On peut ne pas pouvoir réaliser quelque chose et le faire quand même, tout étant juste une question de point de vue… Edmund se demanda quelques instants si jamais il ne s’était pas écarté de sa pensée de départ et songea que ce n’était rien, il avait déjà oublié la raison pour laquelle il avait commencé à penser à la jeune fille près de lui de toute manière. Ce n’était pas important… Levant encore un peu ses yeux dénués de tout sentiment vers l’astre de la nuit, un très léger soupir sortit de la bouche du garçon tandis qu’un faible murmure lui échappait, presque sans qu’il le veuille vraiment.



« Soit Damoiselle Lunaire. »


Sans doute le surnom le plus idiot qu’il n’avait jamais donné à une personne dans sa courte et étrange existence. Pourtant, il n’aurait pas vu de quelle autre manière la nommer, cette princesse du monde nocturne qui semblait y régner avec froideur et droiture. Où bien, il était aussi possible qu’il ne s’égare et que cette personne ne soit rien de plus qu’une fille normale seule dans un monde imaginaire et qui ne supportait pas d’en sortir. Il ne pouvait pas répondre à cette interrogation, ce n’est pas comme si les bivius étaient des devins après tout… Le ton de sa voix sonnait presque comme celui d’un fantôme, cela sans doute à la manière qu’il avait de presque chuchoter et de ne même pas sembler prêter attention au monde extérieur le moins du monde… Mais, y a t-il vraiment un monde extérieur ? Tous ne sont-ils pas ensemble… Comme perdus dans un étrange et gigantesque labyrinthe où il est impossible de se voir ? Un seul monde mais des êtres tous différents… Edmund était incapable de répondre à ce type d’interrogations, il n’aimait pas qu’on le force à réfléchir à autre chose d’autres que ses pensées habituelles…

Le garçon alla s’adosser contre un arbre, se déplaçant une fois de plus par des gestes très lents, mais très gracieux, qui collaient bien avec le calme nocturne. Ses pieds ne faisaient presque pas de bruits sur le sol et il songea, avec une légère pointe d’ironie, qu’il aurait souhaité faire plus de bruit. Peut-être qu’ainsi, il aurait pût sortir l’inconnue de ses pensées et faire en sorte qu’elle le voit. Pourtant, il ne voulait pas vu… Quel étrange contraste… Ne pas savoir ce qu’on désire de cette manière. Posant son dos contre l’écorce d’un arbre inconnu, il cessa alors de regarder la lune, se concentrant à présent sur un point devant lui. Une ombre qui dansait sous ses yeux, une ombre inexistante que le garçon aimait à observer. Illusion nocturne habituelle mais qui conservait toujours la même magie. Le temps continuait de glisser dans le sablier et Edmund se dit qu’il y avait encore cent longues années à attendre avant de savoir ce qu’il y avait après cet ennuyeux monde. Son esprit se souvint alors du conte d’une jeune princesse qui avait dormit cent ans dans un château entouré de ronces avant qu’un beau prince ne vienne la sauver d’un doux baiser. Et, l’espace d’une seconde, l’idée qu’un prince vienne le sauver effleura l’esprit d’Edmund…



« Ridicule… »


Le garçon aurait dût savoir, mieux que personne, qu’il ne fallait pas croire à ce type de conte idiot… Il ignorait si la Damoiselle Lunaire était encore là, pourtant, il se prit étrangement à souhaiter que ce soit le cas. Sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être parce qu’il aurait vraiment voulu savoir la suite du conte. La continuation de l’histoire de deux personnes qui se rencontrent au cours d’une nuit… Même si leur routes ne se croisent plus jamais par la suite…
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MessageSujet: Re: Inca rose   Lun 10 Déc 2007 - 18:48

Dans un premier temps, les pensées parurent se disperser, comme elle l’avait escomptée – croyait l’escompter, croyait vouloir l’escompter ? –, laissant place à un silence relatif qu’elle reconnut comme probablement temporaire. La présence de l’inconnu se révélait enfin comme évidente, maintenant. Se concentrant sur les respirations, elle observa rapidement qu’ils n’inspiraient pas au même rythme, qu’elle ne le connaissait effectivement pas, qu’il méritait donc toujours ce titre d’inconnu, comme les autres. Et il en resterait, avec eux. Il n’était même pas utile de préciser pourquoi il resterait inconnu. C’était quelque chose de trop évident pour qu’elle se donnât la peine de le formuler. Il n’était pas utile, sans doute. Elle avait déjà rencontré toutes les personnes dont elle aurait besoin, ou qui aurait besoin d’elle. Même si elle n’avait pas installé un véritable équilibre, les choses étaient mieux comme ça, maintenant. Bien mieux comme ça. Il n’y aurait personne de blessé. Juste elle, peut-être, éventuellement, et encore : on croirait sans réel fondement qu’elle le serait, mais, on se tromperait, ça ne serait pas le cas. Elle ne se sentirait pas blessée. Elle ne serait donc pas blessée, même si certains le croiraient injustement. Tout était très bien, et des acteurs supplémentaires risquaient de changer les choses, pour les rendre pires, comme elles ne pouvaient pas s’améliorer. Ici, sans acteur, sans rien, il n’y avait que le silence. Il n’y avait personne d’autre, hein ? La présence qu’elle avait enfin réussir à sentir comme telle recommençait à disparaître ; peu à peu, elle l’effaçait de son champ perceptible. Jusque à sa respiration était gommée. Elle était seule, et c’était bien mieux comme ça.

Mais, répondait une voix renaissante dans sa tête, qu’est-ce qui était pire ? Le silence, l’immobilisme, la solitude ou l’activité bruyante au milieu des autres ? Au lieu d’y réfléchir, elle se sentait suffisamment calme pour vouloir savoir ce qu’en pensait déjà la partie d’elle qui lui inspirait la question. Elle n’était pas désintéressée, sans pourtant se comporter comme si elle espérait vraiment une réponse.

Peut-être, se plut-elle à croire au moment où elle se rendit compte qu’elle n’arriverait plus à être dans l’état d’esprit adéquat, aurait-elle fini par savoir quoi répondre si la voix de l’inconnu ne l’avait pas interrompue dans son cheminement. Il avait parlé à voix basse, mais son acuité avait saisi ses mots et l’avait entraînée dans une nouvelle bizarrerie, qui, étrangement, semblait concorder avec le reste. Et elle n’avait pas encore compris les mots qu’une réaction se manifestait déjà, avec une violence et une rapidité qui contrastait avec le calme dont elle avait cru être atteinte. Au lieu d’elle, ce fut son corps qui tressaillit violemment, comme si, à ces simples mots qu’elle entendait sans comprendre, on lui attribuait quelque chose qui appartenait légitimement à quelqu’un d’autre. Non, non ! C’est à lui, c-est-à-lui ! criait quelque chose. Ca n’était pas une insulte pour elle ; c’était une insulte pour quelqu’un d’autre, quelque chose qui était tourné en dérision en le raillant ainsi.

Le spasme n’avait duré d’une demi-seconde, mais elle avait saisi le moment pour capter cet état et essayer de s’y plonger à la recherche de ce qui lui échappait. Mélodie était sur le point de déterminer ce « lui » qui s’installait comme celui à qui l’on devait l’appellation de « de la lune ». Elle était comme aveuglée un instant par une lumière vive qui venait de jaillir, la première lumière, celle qui faisait mal et s’apprêtait à dévoiler ; mais, à nouveau, malgré ce petit éclair, ce point culminant, la tension qui était montée en même pas une seconde s’évanouit pour la laisser là, sans que rien ne se soit passé. Durant un instant, encore un qui possédait des années de tensions concentrées, elle avait eu l’impression qu’elle allait se souvenir de quelque chose. Mais il ne s’était rien passé. Le « lui » restait, et resterait pour toujours indéterminé. Elle était incapable de dire si l’échec de la réminiscence était bien de son fait, parce qu’elle avait
cherché à se souvenir, ou si, encore une fois, ce quelque chose qui cherchait à s’imposer de lui en plus était intervenu « à temps ».

Pourtant, il restait encore un petit quelque chose de cette sensation de déséquilibre. Encore un peu, un sentiment se tortillait silencieusement en elle, différent d’un simple malaise. A ce point, c’était une erreur qui
lui faisait mal, à elle, presque personnellement. On salissait une mémoire. On cherchait à ternir un souvenir, et ce genre de chose, « elle » avait appris à ne pas le laisser passer.

Ce fut quand l’inconnu parla de nouveau que Mélodie se rendit compte qu’il s’était déplacé. Mais il y eut pire. Malgré sa recherche intérieure personnelle, de par le simple effet qu’avaient produit ses trois mots, elle était prête à capter ceux qui sortiraient éventuellement de sa bouche, était préparée à le considérer comme quelqu’un qui sortirait peut-être des « inconnus ». Il avait touché juste une fois. Elle ne voulait pas y voir un hasard (la testait-il ? savait-il quelque chose ? servait-il quelqu’un ? était-il envoyé ? était-il un des… ? n’était-il qu’une illusion, un cauchemar dont elle n’arrivait pas à se débarrasser ? un cauchemar
de qui ?). Il touchait juste une deuxième.

Dans l’état qu’elle s’était créée, elle fut en effet incapable de déterminer la différence entre les mots qui s’étaient montrés susceptibles de la faire réagir. Si, la première fois, il avait bien s’agit de quelque chose
d’intéressant, cette fois, ce n’était qu’une réaction dictée par l’amour-propre – ou, du moins, un restant d’amour-propre. Pour elle, c’était quelque chose d’important. Pas quelqu’un chose digne de mépris. Et il n’était pas question d’y voir-là un mot lancé en l’air, sans rapport avec ce qu’elle pensait – ou ce qu’elle considérait comme ses pensées.

Face à la provocation ouverte, elle se projeta d’un seul coup vers l’avant pour se mettre en position frontale face à l’individus, même si une distance non-négligeable les séparait, les genoux posés sur le sol, le corps entier tendu, à l’affût, prêt à lui bondir dessus, expulsant d’un coup l’air de sa gorge d’une expiration rageuse, prête à faire sortir quelque chose qui passerait sans doute pour une demande d’explication.

Mais (et en un seul coup, tout commença à se briser, bien plus progressivement qu’il ne s’était construit) elle était incapable de parler. Ca c’était passé comme ça, à chaque fois, lui rappelait une voix que, cette fois, elle avait envie d’écouter comme si elle la reconnaissait comme vraiment sienne. Que se soit avec Train, ou… à chaque fois, elle n’était pas parvenue à parler. Des fois, elle ne
pouvait pas parler, et il aurait été impossible qu’elle le fasse s’en s’exposer à pire. Sans rompre une promesse dont elle ne se souvenait même pas. Qu’elle n’avait jamais formulée, sans doute. Elle préférait ces fois-là. Souvent, elle n’en conservait pas vraiment le souvenir, un peu comme si elle n’avait assisté qu’à quelque chose d’extérieur qui ne la concernait pas vraiment. Les autres fois avaient vu leurs occasions se raréfier. Ca n’avait été qu’une série de moment, désagréables mais transitoires. Désormais… elle préférait se dire que des habitudes s’étaient ancrées.

La Saevitia restait donc là, à genoux et prête à fondre verbalement sur lui, mais finalement immobile. L’arrêt définitif (Elle n’arriverait pas à parler) annula la tension qu’elle s’était formée (Elle ne parlerait pas). Au bout de quelques secondes, les traits de son visage s’étaient un peu relâchés, son regard s’était posé sur le sol, sa tête avait légèrement flanché, ses épaules avaient fini par se détendre, entraînant avec elles le restant de son dos et lui faisant du même coup frôler l’herbe de ses mains presque ouvertes, et ses jambes s’étaient repliées, écartées à partir des genoux pour former un simulacre d’angle droit.

Alors qu’à deux reprises, il l’avait pourtant… insultée…

Elle se sentait si peu d’humeur à réfléchir tant qu’elle n’aurait pas ses réponses, et lui était passé si vite et paraissait si détaché de ce qu’il disait qu’elle l’aurait presque considéré comme un fantôme. Et ce statut lui donnait envie à la fois de s’en approcher, et de l’autre de s’en méfier, de s’en aller pour ne pas être tentée. Elle s’était déjà brûlée une fois, en ce qui concernait les fantômes. Peut-être même plus que ça. Elle craignait de refaire encore une fois les mêmes erreurs. Ces mêmes-erreurs-là, elles aussi.

Parce qu’elle avait bougé trop vite, la tête lui tournait un peu. Elle n’aurait pas dû se trouver là, seule avec un des « inconnus ». Plus que son envie à elle, il ne fallait pas parce que… parce que… amusement, croyance, menaces amusées et…. et…

Ce fut sans doute le tangage imputable à sa tête qui lui lança ce petit moment de répit. Tout était clair et simple : si elle ne savait pas, il suffisait alors de demander, ou de se corriger pour demander la précision. Elle se sentait lasse et abattue, mais, avant que les choses redeviennent comme avant et qu’elle soit avalée par le restant de ses pensées, elle parla d’une voix qui était pourtant la sienne, celle qu’elle n’avait pas laissée entendre à Train depuis si longtemps, mais qu’elle ne se reconnaissait même pas : une voix qui remontait déjà à des années, beaucoup plus petite, difficilement audible, qu’on n’hésitait pas à piétiner, qui bravait un interdit à chaque syllabe et avalait les fins de mots pour se protéger d’avance.



"Je ne suis pas une damoiselle lunaire. Ca n’est pas ça."


En parlant de manière systématiquement négative, il lui semblait qu’elle était en face de quelqu’un d’autre. Encore un peu, une partie d’elle espérait qu’il lui dise ce qu’elle était, ce qu’elle avait été, ou ce que certains pouvaient croire qu’elle était ou avaient été. Elle ne brillait pas. Elle ne réfléchissait même pas la lumière. Mais il y avait quelque chose qui était ou avait été nécessaire à une époque. Lantys l’avait prononcé, une fois, ce mot qu’elle avait compris sans qu’il ait besoin de le traduire ; par crainte, ou peut-être pour éviter de terminer quelque chose, elle ne lui avait pas demandé de le redire. Elle l’avait oublié, même si elle se souvenait de la sensation qu’elle avait eu lorsque le sens l’avait traversée, en le laissant qu’une vague trace. « Un troisième quelque chose » et « elle n’était pas toute seule ».


"Mais je ne suis pas rien… pas moi" crut-elle bon de préciser, comme pour installer une différence avec un souvenir.
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MessageSujet: Re: Inca rose   Sam 19 Avr 2008 - 22:26

° Ce n’était pas la peine. Rien ne valait jamais le coup de toute manière. L’attitude de la jeune fille lui faisait comprendre qu’il n’aurait jamais dut se permettre d’essayer. Donner son point de vue, sa vision, ça ne servait à rien. Sans doute n’avait-il réussit qu’a la mettre en colère ou tout du moins, à ce qu’elle n’apprécie pas ses paroles. Il le vit avec sa position, lui rappelant vaguement un fauve qui se serait jeté sur son dîner sans la moindre hésitation. D’une manière un peu pathétique, il ne pouvait pas avoir assez de curiosité, de soif d’en apprendre plus sur son étrange compagne dans la nuit sombre. A cet instant, le garçon ne pouvait que s’en ficher… Ce n’était pas comme s’il avait le choix de toute manière. Rien ne l’attachait à être. Sauf sa volonté… Le bruit désagréable d’une goutte d’eau qui tombe sur le sol lui fit songer aux grains du sablier. Parfois, il voulait juste que ces derniers tombent plus vite, parce que sa destinée ne lui plaisait pas du tout. Son souhait, pas celui là, l’autre, tant qu’il pouvait encore le défendre avec volonté, était impossible, il le savait… Un remède. Mais quel imbécile pourrait croire qu’il était encore possible de trouver quelque chose ainsi… Qu’importe qu’il soit un idiot ou non, depuis le début de sa réflexion, il ne faisait que s’éloigner de ce qui avait été sa première pensée, ‘pourquoi’. Qu’est ce qui faisait qu’il était dehors, sous cet arbre, avec une jeune fille qui semblait sortit d’un rêve sombre… Edmund n’avait pas la moindre réponse en tête.

° Son esprit était rempli de pensées mais rien ne passait dans son cœur à cet instant précis. Ce n’était pas que tout l’ennuyait, il se sentait juste vide. De plus en plus à chaque instant… Son regard s’était perdu une fois de plus dans la contemplation de quelque chose. Un point invisible qu’il était le seul à voir depuis qu’il avait cessé de regarder l’étrangère. Ce n’était pas juste du tout. C’était sa principale pensée à cet instant. Et elle le resta jusqu'à ce qu’un autre son se fasse entendre tandis qu’une perle de pluie heurtait le sol de nouveau, suivit de milliers. L’adolescent biviusien redressa la tête avec ses gestes lents et aperçu, au travers du feuillage de l’arbre contre lequel il était, l’eau qui se déversait du ciel. Sa capuche, qui mettait encore une barrière de plus entre le ciel et ses yeux, commençait à le gêner plus qu’autre chose et le jeune garçon leva une main pour la rebaisser aussi vite. Un vague soupir inaudible lui échappa tandis qu’il croisa ses bras sur son torse, cherchant à comprendre pourquoi il s’infligeait cette punition. Parce que, ça lui pesait vraiment parfois de refuser tout en bloc. D’un côté, Edmund pouvait se contenter de se dire que bientôt, il ne se ferait plus de soucis pour ça non plus, mais c’était trop simple. Andramy était l’exemple même de ce qui allait se passer. Sans le savoir, la jeune femme avait ôté au garçon une grande partie de ce qui lui restait de volonté. A force de vivre tous ensemble, entre bivius, le gamin avait eut le temps de bien observer chacun de ses camarades. Surtout pendant les années qui passaient. Et de voir celle qui était la cause de son malheur devenir une sorte de coquille vide qui ne faisait plus que de pâles sourires pour imiter les humains de temps à autres alors qu’il l’avait connut vivre et joyeuses… Ca avait refroidit ses ardeurs d’une manière simple et rapide. Lui-même avait de plus en plus l’impression de passer ses journées à errer, seul dans les couloirs de l’école, sans rien avoir envie de faire.

° Et la pluie tombait. Il était protégé sous son arbre au moins… Enfin, un peu seulement. Ce n’était pas comme dans son pays, l’eau ne tombait pas du ciel d’un coup de là d’où il venait. Celui qui avait les cheveux argentés avait beau ne pas pouvoir supporter le son que faisait l’eau glacée, le spectacle de la voir était beau. Les humains, certains, lui ressemblaient un peu les jours de pluie… Ils devenaient maussades, ne parlaient presque plus. Ca lui faisait du bien en un sens. Sans que l’explication ne lui vienne en tête à ce sujet par ailleurs. En effet, deux réponses s’étaient dessinées dans son esprit. Souhaitait-il faire payer aux gens qui n’étaient pas comme lui en les regardant s’ennuyer ou bien était-il apaisé de savoir que les humains n’étaient pas si différent de lui. Réponse inconnue.Ce fut une goutte d’eau qui lui tomba sur une de ses mains qui ramena le jeune garçon dans la réalité qui était plus vraie que la sienne. Ce n’est d’ailleurs qu’a ce moment précis qu’il se mit vraiment à songer aux huit derniers mots de la jeune fille, les autres étant juste sortit de son esprit à cet instant. Pas rien… Donc, elle était quelque chose. Pour lui, s’était la jeune fille semblant sortir d’une sombre rêverie. De toute façon, il n’aurait pas sut comment la désigner d’une autre manière. Pas rien… Donc, lui il était peut-être rien. Non, même si Edmund se savait assez invisible dans ce monde, il restait tout de même ce qu’il était, c’est-à-dire lui-même. Incapable d’expliquer ce qu’il pensait d’une manière plus précise, le garçon se basait juste sur ça, tout du moins pendant cette nuit là.


-C'est vrai sans doute. Tu n’es pas rien. Puisque tu es toi-même.

° Logique biviusienne tout ça… Fermant doucement les yeux, après avoir parlé de sa voix qui ne semblait rien éprouver, l’adolescent posa sa tête contre le tronc de l’arbre, alors que jusqu'à à présent il avait juste son dos contre le bois. Tout cela, tout ce qu’il était, ça lui pesait encore trop. Et pourtant, il avait déjà perdu une bonne partie des sentiments qui existaient… Qu’est ce qu’il faisait dans cette école… Ils avaient tous tellement tort dans ceux qu’il considérait comme ses seuls proches… Ca lui faisait juste du mal d’être entouré de gens… De les voir vivre avec tellement de vie. Celle rencontrée cette nuit-là était la seule avec qui il avait échangé des paroles mais en fait… Il trouvait presque ça pire que de se taire… Une conversation… Il n’arrivait même pas à faire preuve d’intérêt ou de curiosité…
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MessageSujet: Re: Inca rose   Dim 12 Avr 2009 - 17:57

« Elle-même » ? « Tu n’es plus toi-même », lui assénait-on sur on ton sentencieux avant même qu’elle n’envisage que quelque chose n’allait pas, avant même qu’elle ne soit plus grande que Train. Alors, où et quand s’était-elle perdue ? Qu’est-ce qui avait pris sa place ? Est-ce qu’elle s’était usurpée son identité ? Et ce « rien » dont elle avait peur… comment se le représenter ? Comme une antithèse d’un « tout » ? Comme le cœur du « vide » ?


"Ca ne va pas m’aider. Est-ce que le vide, c’est du rien ? Le vide, il ne se remplit pas dès qu’on le regarde ?"


En ouvrant la bouche et en sentant l’eau tenter d’envahir sa gorge, elle s’aperçut que la pluie s’était mise à tomber. Elle était déjà trempée. Comment ferait-elle, si le parc était inondé, si l’eau montait haut, si haut qu’elle ne pourrait plus marcher ? Au lieu d’évoluer dans l’air, elle évoluerait dans l’eau ; même humidité, même chaleur, même oppression, même enfermement.

Elle n’aimait pas regarder la pluie derrière une fenêtre. Elle partageait ça avec Train, même si lui n’aimait pas la pluie, qu’importe la façon de la regarder. Il n’aimait pas le bruit qu’elle faisait, il rechignait à sortir, il préférait s’enfermer dans une pièce et ne plus rien entendre. Il se plaignait qu’elle ne dise jamais rien, et agissait de même dès que quelque chose le concernait – il se refermait d’un claquement sec pour que personne ne l’approche. Elle n’avait même pas le courage de s’énerver contre Train, ou contre son souvenir. Elle n’avait pas le courage de réagir contre la moindre chose. Peut-être qu’elle allait finir par se stabiliser, garder ce détachement ; les jours allaient pouvoir s’écouler ainsi, tranquillement, sans que rien ne fasse de mal à personne. Peut-être qu’elle allait s’endormir ici, de fatigue, d’ennui ou de résignation ; elle allait se noyer pendant son sommeil ou se noyer en rêve, et lorsqu’on la retrouverait, il n’y aurait plus rien à faire, elle serait disparue ou morte. Plus d’engagements à tenir, plus d’appréhension ou de peur, rien, juste l’immersion dans le vide.



"Vous n’avez pas une voix de vivant." Mélodie ne fit pas exprès de le faire remarquer avec une voix morne et découragée.


Tout qui rende indifférent ; rien qui ne fasse mal, rien pour enthousiasmer ou plaire.


Dernière édition par Mélodie Parker le Dim 10 Mai 2009 - 12:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Inca rose   Dim 3 Mai 2009 - 16:56

Ce n’était pas important. Que ça l’aide ou pas. Il n’en avait rien à faire. Tout comme du reste. Il n’aima pas sa première tirade. Elle lui laissa une sorte de goût un peu amère dans la bouche. Si le vide se remplissait aussi facilement, il serait au courant. Heureusement qu’il ne pouvait pratiquement plus rien éprouver. Quelques années plus tôt, sans nul doute qu’il se serait énervé. Maintenant, ça allait. Non, cette manière de penser était mauvaise, elle avait quelque chose de faux, d’un mensonge qu’on disait avec une voix douce pour mieux le faire passer. C’était ridicule. Sa phrase était stupide également. Il y répondit sans même avoir besoin de chercher ses mots.

«Ce n’est qu’une impression. Ce qui est vide le reste. Ca ne change pas.»


Son ton restait le même mais il aurait bien aimé y faire passer de l’amertume, de la colère, n’importe quoi. Quelque chose. C’était mieux que rien. La pluie ne faisait qu’augmenter et cela devenait difficile de s’entendre. Pourtant, il n’haussa pas la voix. Ce n’était pas dans ses habitudes. Il ne savait pas trop quoi dire après ça. Est-ce qu’il devait continuer cette ébauche de conversation ? Pourquoi pas. Il n’avait rien à perdre. Mais rien à y gagner non plus. Un soupir lui échappa. Le genre d’expression lassée au sujet de tout et n’importe quoi. La remarque que la fille lança ensuite lui fit se rendre compte qu’il agissait bien comme n’importe quel autre bivius. Comme une personne qui attendait la mort avec amertume. Ce n’était pas l’impression qu’il voulait donner de lui. Mais il ne savait pas comment faire autrement.

«C'est sans doute parce que je ne le suis qu’à moitié.»


Ce qui n’était pas exactement la vérité mais pas un mensonge non plus. Il n’allait pas sortir qu’il avait cent ans à vivre sans vieillir, sans mourir, sans pouvoir être blessé, avant de tomber en poussière. Et puis, il n’avait pas envie d’en parler et d’assumer la réalité. Ca l’embêtait encore trop.
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MessageSujet: Re: Inca rose   Dim 10 Mai 2009 - 12:53

Mélodie ne savait pas vraiment comment ni pourquoi ("pour quoi" ?) elle l'entendait. Sa voix se frayait un chemin entre les gouttes de pluie, elle ne se laissait pas abattre sur le sol, elle restait en l'air à esquiver. Quelque chose n'allait pas. Elle ne devait pas l'entendre, elle n'aurait pas dû être capable de l'entendre. A une époque, elle ne l'aurait pas entendue. Cette nuit (et les temps qui l'entourait), elle n'aurait pas dû l'écouter.

"Alors retourne le problème : si le vide le reste, est-ce que le reste se vide ?"

Qui lui avait posé ces questions ? Elle flottait quelque part, dans sa tête, sans voix pour les prononcer, mais elle était sûre que c'était celles de quelqu'un d'autre - et elle n'avait jamais eu la réponse. Peut-être qu'elle ne les avait jamais cherchées, qu'elle avait refusé de se prêter au jeu. Ou peut-être qu'elle s'en était crue incapable.

Mélodie bascula lentement sur le côté et ramena ses jambes contre elle avant de se mettre à genoux. Elle oscilla un peu avant de trouver son assise, tenta de regarder le ciel, mais sa vue se brouilla complètement dès qu'elle leva la tête. Elle se sentait comme un obstacle à toute cette pluie : arriverait-il un moment où elle lui passerait à travers le corps ? Où elle disparaîtrait complètement pour ne plus rien laisser - pas même un souvenir, pas même une chose inachevée ? Elle ne savait même plus ce qu'elle attendait ou pourquoi elle avait attendu quelque chose. Les frontières devenaient de plus en plus flou, et elle ne pouvait pas dire qu'elle en était rassurée.


"A moitié ? Comment pouvez-vous être à la fois vivant et mort ? Ou ni vivant, ni mort ? Vous existez. Même si vous n'étiez que dans ma tête, vous-"

Elle était incapable d'aller plus loin. Comme de plus en plus souvent, l'idée naissait, elle la suivait, et, d'un coup, brusquement, elle s'effaçait pour la laisser au milieu d'un chemin qui n'avait plus de sens. Quelque part, elle en était rassurée : aller jusqu'au bout était une façon de disparaître, elle en était persuadée. Encore combien de temps ? Et pourquoi est-ce qu'elle ne se laissait pas avaler une bonne fois pour toute ? Pourquoi est-ce qu'on ne l'avalait toujours pas ?

"Encore combien de temps à attendre ?"
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MessageSujet: Re: Inca rose   Dim 10 Mai 2009 - 13:06

Il ne savait pas les réponses aux questions qu’elle lui posait. Peut-être parce qu’il n’y avait pas de réponse. C’était impossible et idiot. Il devait forcément y avoir quelque chose à dire, pour ne pas laisser la situation stagner. Même quand elle ne faisait que ça depuis le début. Alors il improvisa un peu, expliqua à sa manière, tentant d'exprimer ce qu'il en pensait simplement.

« Peut-être. Le reste n’a aucune raison de se vider, il ne veut pas imiter le vide. »

Finalement, il ne comprenait strictement pas un mot de sa propre phrase. Fantastique, s’il commençait à s’emmêler les pinceaux, où est-ce qu’il allait finir ? Décidément, la personne qui était en train de se faire tremper par la pluie, encore plus que lui, était étrange et ses questions avaient quelque chose de limite inquiétant. Voir simplement inquiétant. Pas ‘limite’. Par contre, ce qu’elle lui lança par la suite lui paru plus simple et il connaissait véritablement la réponse ce coup-ci.

« On a pas besoin d’être vivant pour exister. Et on peut être mort et être vivant. »

Et c’était les autres Bivius qui auraient été ravi qu’il ressorte parfaitement cette explication qu’on lui avait enseigné. En tout cas, pour une fois qu’il savait quoi dire sans la moindre hésitation. La pluie ne voulait toujours pas cesser mais être sous l’arbre avait quelque chose d’assez rassurant. On ne voyait rien avec la pluie de toute manière. Alors, il retira sa capuche, avant de passer une main dans ses cheveux blancs pour les recoiffer un peu.

La dernière question ne lui était pas adressé, tout du moins, il n’en avait pas l’impression. C’est pour ça qu’il ne donna pas de réponse. Il n’allait pas inventer n’importe quoi juste pour faire la conversation. Ce n’était pas son genre.
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