École Héméra

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 Papillon

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Ithilsûl Erebûn
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MessageSujet: Papillon   Dim 11 Nov 2007 - 0:17

[Gasp... pas connectée sous ce compte depuis avant avril O_o]


Ithilsûl avait fait sa valise. Ses quelques affaires. Pas grand chose à oublier sous un oreiller… Ses bagages – son bagage – était bouclé. Elle pouvait partir avec son sac, un pas devant l’autre, de plus en plus loin d’Héméra, de plus en plus loin des rares gens qu'elle connaissait - dont elle se rappelait, qu'elle avait connu après.

Retourner sous les mers ? C’était une des meilleures façons de retrouver son passé. Aller en Europe ? Elle avait envisagé toutes sortes de possibilités, ne s’était décidée pour aucune. Et elle parcourait un couloir, sans sac, avec sa résolution fléchissante.

Elle sentait des émotions l’atteindre de temps en temps, signe qu’elle passait à proximité de salles fréquentées. Mais elle en faisait sans problème abstraction, comme un bruit de fond. Sans essayer de les identifier, ou de les assimiler à un esprit. Etait-ce Héméra qui l'avait aider à maîtriser ça? Etait-ce l'habitude? Etait-ce parce qu'elle avait su le faire
avant, que ça lui revenait comme un savoir-faire qu'on n'avait pas mis en pratique depuis longtemps et qu'on s'essayait à réacquérir?

Sauf une, plus persistante, plus… comme une pulsation régulière, qui n’envahissait pas Ithy qui avait appris à refouler les émotions étrangères, mais faisait comme l’abrutir et retenir petit à petit son attention par sa régularité. Comme... un papillon autour d'une flamme? Non, ce n'était pas une fascination. C'était... comme lorsqu'on essaie de ne pas penser à quelque chose et que cette chose est toujours là en arrière de nos pensées, à guetter un moment d'attention, et en même temps ce n'était pas ça, car cette image évoquait une volonté.

S’arrêtant de marcher, elle arriva devant une salle, une lourde porte en bois, comme les centaines d'autres lourdes portes en bois qui faisaient le paysage quotidien d'Héméra, et qui donnaient habituellement un sentiment de calme et de sécurité, sans chercher à y entrer, simplement proche de la… source.






[Kira, édite le titre en... autre chose ^^,]


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Mélodie Parker
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MessageSujet: Re: Papillon   Dim 11 Nov 2007 - 0:20

Rien. Il n’y avait rien. Les étagères avaient beau être réelles, elles ne faisaient que fractionner l’espace. Elles étaient un obstacle, un obstacle qui cachait le reste de la réalité. Et parce qu’elles étaient un obstacle, elles ne ressemblaient à rien.

« Pas là ». « Pas là ». Rien. Encore rien. Qu’il y ait ou non des êtres dotés de conscience, aucun d’eux n’était la bonne personne. Alors il n’y avait rien. Et parce qu’il n’y avait rien, la Petite Princesse continuait à courir entre les étagères de la bibliothèque, mue par une angoisse qui était née sans qu’elle ait eu son mot à dire, et dont une part de sa conscience commentait qu’elle repartirait de la même façon. Qu’elle soit moins attentive était imputable au manque de sommeil. Les maux de tête quasi-permanents étaient eux-mêmes responsables des heures gaspillés dans l’immobilité quand il s’agissait pourtant de dormir – quand elle pouvait dormir – quand les circonstances auraient dû lui permettre de dormir. Il avait suffi d’un instant d’inattention pour que, quand elle reprenne conscience une fois les élèves dispersés, Mèna ait disparu. C’était chose courante ces derniers temps – trop courante, les occasions n’auraient pas dû le lui permettre ; mais à la différence de ces autres fois – ces trop nombreuses autres fois –, quelque chose s’était bloqué, quelque chose essayait de la persuader que cette fois-là n’était pas à classer dans les « comme d’habitude ». N’était peut-être pas comme d’habitude. Pouvait ne pas être comme d’habitude. Sans raison précise, sans même un pressentiment, juste une hypothèse qui revendiquait son droit à l’existence. « Et si… ? ». « Et si. » Sans définir à quel moment, elle s’était mise à courir. Il fallait qu’elle la retrouver, détruire cette hypothèse avant qu’elle n’ait suffisamment d’arguments pour démontrer qu’elle était vraie. La retrouver était une nécessité. Elle avait envie de la retrouver.

Traverser les couloirs n’avait duré que quelques minutes ; incapable de s’arrêter pour tenter de s’orienter, ou même, essayer de la
sentir, de savoir si elle était proche. Elle avait saisi la moindre occasion de ne pas s’arrêter, et quand une porte entrouverte s’était présentée, elle l’avait poussée pour faire irruption dans la bibliothèque. Mais il n’y avait rien. Elle n’était pas là. Les rayons avaient beau se succéder, elle ne s’y trouvait pas. « Et si. » Il fallait qu’elle sorte, qu’elle continue. « Et si… ? ». La porte devait donner sur une solution, sur l’endroit où elle se trouverait. D’un geste brusque, elle tira la poignée et, sans regarder devant elle, plus préoccupée par le fait de ne pas s’arrêter qu’autre chose, excluant d’ores et déjà la possibilité que Mèna soit juste derrière la porte, elle la franchit pour percuter violemment la personne qui se trouvait derrière.
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Ithilsûl Erebûn
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MessageSujet: Re: Papillon   Dim 11 Nov 2007 - 0:24

Les évènements arrivèrent d’un coup : la pulsation presque hypnotique cessa - Ithy se rendit compte qu’elle l’avait complètement détournée de son flot de pensée initial - et surtout, Ithy se fit percuter de plein fouet par la source. Ce fut la première manière dont elle qualifia son agresseur, car elle en était venue durant les dernières minutes – secondes ? heures ? – à utiliser sa sensibilité plus que ses yeux. Sa sensibilité était comme un guide qui lui montrait un but, tandis que sa vue lui permettait seulement d'éviter les obstacles non vivants, ou plutôt dépourvus d'émotions.

La jeune fille eut le réflexe d’attraper les épaules de son agresseur, à la fois pour les stabiliser (chose bien nécessaire car ladite stabilisation leur fit faire une demi-ronde, emportées par l'élan de l'agressEUSE) toutes les deux – car c’était une fille – et pour l’éloigner d’elle. La fille lui avait littéralement foncé dedans, portant atteinte à son espace vital. Non pas que son espace vital eut une importance démesurée aux yeux d'Ithilsûl, mais instinctivement, une présence trop proche mettait mal à l'aise. L’éloigner d’elle permit enfin à Ithy de se servir de ses yeux.

La fille trahissait ses sentiments agités par le désordre de ses boucles qui tombaient irrégulièrement devant ses yeux, ainsi que lesdits yeux, mis-écarquillés, mis-froncés. Ithy elle-même fronça un peu les sourcils, en sortant stupidement les premiers mots qui lui vinrent à l’esprit.


« Ca va pas ? »

Et comme, de toute manière quelle que soit la réponse, il était évident que ça n’allait pas, Ithy "influença" Mélodie, non pas avec un calme dont elle était dépourvue, mais avec l’état de pseudo-abrutissement duquel elle avait été tirée. Cela ne résoudrait pas vraiment les choses, mais atténuerait au moins les émotions de la fille, qui pouvaient la rendre imprévisible...


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Mélodie Parker
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MessageSujet: Re: Papillon   Sam 29 Déc 2007 - 12:09

Sous le choc, Mélodie avait fermé ses paupières et sentit plus qu’elle ne vit deux mains se resserrer autour de ses épaules. L’arrêt qu’elles avaient provoqué avait été brusque et soudain, et le demi-tour dans lequel elles l'avaient grossièrement entraînée lui avait fait perdre ses repères, stoppant d’avance tout mouvement qu’elle aurait pu tenter pour sa défense. Là encore, elle ne maîtrisait plus rien. La conclusion en était si simple et évidente : Mèna n’aurait jamais réagi comme ça, ou alors, elle n’aurait plus été elle.
Maintenant, elle n’avait plus envie d’ouvrir les yeux pour voir que quelqu’un d’autre était en face d’elle. Elle ne souhaitait pas non plus savoir qui était cette personne. Tant qu’elle fermait les yeux, elle pouvait encore espérer, faiblement, que personne n’était en face d’elle. Qu’elle était toute seule, et que les deux mains qui retenaient ses épaules n’étaient rien d’autre qu’une impression. Mais cette impression avait bel et bien une voix, une voix qui brisa le faible espoir tout en en faisant naître un autre : c’était une voix de fille.

La question, néanmoins, fit renaître ses réflexes. Elle avait été négligente. Elle avait été incapable de sentir cette présence, alors même qu’il s’agissait de quelqu’un d’extérieur. Elle aurait dû se montrer prudente, pour elle-même. Elle pouvait se retrouver au prise avec cette personne. Le visage qu’elle ne voyait pas pouvait en cacher un autre. Elle n’était peut-être qu’une apparence. La Saevitia n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche pour répondre qu’un frisson la traversa pour couper toute tentative de parole.

Il se passa deux choses, conséquentes mais distinctes. Il y eut d’abord ce bloc immatériel qui avait surgi, s’était précipité pour se fracasser sur elle. Et, avant même qu’elle ait eu le temps de reculer, le bloc avait entrepris de l’envahir en même temps qu’il l’avalait toute entière. Mélodie pouvait sentir la chose essayait de parasiter chaque cellule de son corps. Elle reconnaissait la lente langueur qui se frayait fugitivement un chemin à travers elle en laissant des œufs prêt à éclore pour se relier les uns aux autres et dévorer tout ce qui aurait pu s’y opposer. Elle n’était encore qu’à mi-chemin, mais elle pressentait le moment où elle parviendrait à totalement s’installer. Elle n’était déjà plus capable de la repousser : elle la laissait lourde et inutile, faible et sans défenses.

Sans qu’elle se souvienne avoir combattu quelque chose, ce fut la part d’elle qui lui imposait de mettre le plus de distance possible entre elles qui l’emporta au moment même où Mélodie brandit ses bras pour pousser la fille. Elle n’eut pas le temps de voir si elle reculait : le choc de la substance qui avait essayé de s’insinuer grossièrement en elle mélangé à l’état subit de faiblesse qu’elle ressentit la fit tituber un pas derrière l’autre jusqu’à ce qu’elle percute le mur et s’affale à moitié dessus.


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Ithilsûl Erebûn
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MessageSujet: Re: Papillon   Sam 29 Déc 2007 - 23:43

Ithy se sentit repoussée physiquement, pas vraiment violemment cependant. Le vrai choc qui la fit reculer fut psychique. Elle eut soudain l'impression que ses neurones étaient réduits à une immense bouille tellement l'éclair de douleur qui lui traversa la tête fut intense. Elle poussa un petit cri sans même s'en rendre compte. Elle sentit à peine la porte pas tout à faire refermée céder derrière elle.

Elle perçut vaguement le changement de luminosité avant de heurter le sol de la bibliothèque. Elle ramena vers elle ses jambes, libérant ainsi la porte qui commença à se refermer de nouveau, et se replia sur elle même en position foetale en se griffant le cuir chevelu. Un long gémissement s'échappa alors de sa gorge.

Des mots sans aucun sens semblaient lui traverser l'esprit. Ou bien, s'ils avaient le moindre sens, Ithy n'était pas en état de s'attarder dessus. La douleur, la peur, la colère, le sentiment d'être perdue, tout était ressenti tellement fort que si son moi quelques minutes auparavant s'était vue telle qu'elle se trouvait à présent, elle aurait été presque étonnée de ne pas voir ces émotions avec ses yeux. Ils n'étaient pas canalisés donc ne devaient être perceptibles que par les plus sensibles dans un certain périmètre.

Puis la douleur s'arrêta avec la conscience et Ithilsûl perdit connaissance.
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Mélodie Parker
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MessageSujet: Re: Papillon   Mer 2 Jan 2008 - 14:49

Durant quelques secondes, il n’y eut que le bruit fort de sa respiration qui lui vint aux oreilles. Même si ça n’avait duré qu’un instant, Mélodie avait réellement eu l’impression de se débattre face à quelque chose qui tentait de s’imposer, malgré elle, contre elle, sans même prendre en compte ce qu’elle aurait voulu. Elle l’avait grossièrement repoussées, cette sale présence, tentait-elle de se persuader. Il y avait encore quelque chose qui semblait circuler dans son sang et la narguer à chaque battement de cœur, quelque chose qui restait de cette présence et qui lui donnait mal au cœur jusqu’à en avoir la nausée. Des petites tâches blanches dansaient sous ses paupières closes, sans se préoccuper du reste. Instable et déséquilibrée, elle finit par rouvrir les yeux dans le mince espoir que le sol cesse de tanguer comme il le faisait.

Son premier coup d’œil qui embrasa le couloir lui indiqua qu’il était toujours le même. Il semblait monter et descendre à mesure qu’elle respirait avec force. Le temps de cligner les paupières, et son regard se focalisa sur autre chose, sur le sol de la bibliothèque ouverte. Etait-ce son agresseur, cette chose prostrée sur le sol, qui agitait convulsivement ses membres comme un animal blessé à mort ?

Mélodie se décolla du mur, fit deux pas dans la direction de l’inconnue avant de s’arrêter brusquement en essayant de faire taire cette fichue voix silencieuse dans sa tête. Eliminer celui qui représentait un risque ou un danger ? Mais elle ne savait même pas qui elle était ! Elle ne voulait rien, elle n’avait besoin de rien, il lui suffisait de tourner les talons et de s’en aller…

Elle resta pourtant statique. Elle sentait encore cette amère présence qui tentait de ressurgir. C’était ça, sans doute, le « danger », le « risque » : cette chose qui circulait encore, après que l’inconnue ait tenté ce viol d’identité. C’était cette chose qu’il fallait éradiquer. Mélodie essaya de se rappeler la manière dont on lui avait appris à consolider ses barrières, mais rien n’y faisait. Si elle les renforçait, elle ne pouvait pas en exclure cette chose. Si elle les abaissait… non, elle ne les abaisserait pas. Mais cette chose… mais cette chose… elle sentait qu’à cause d’elle, quelque chose s’était crée. Quelque chose qu’elle redoutait, un lien, ou quel que soit le nom qu’on lui donnait, quelque chose qui s’était accroché à elle sans son accord. C’était cette chose là qu’il fallait déraciner la première.

Nénamoins, son regard se posa à nouveau sur le corps. Elle n'arrivait pas à savoir ce qu'elle voulait. Pourtant, sa décision aurait dû venir naturellement ! Elle ne devait pas avoir besoin de réfléchir à quoi que se soit pour faire... faire quoi ? Elle s'avança de deux pas : c'était une partie d'échec qu'elle ne contrôlait pas. Mais qui avait dit les règles ? Et quand ? Deux autres pas l'amenèrent à côté du corps prostrée. Elle avait envie de partir, mais se refusait à bouger, encore. Qu'est-ce qu'elle voulait faire ? La pousser pour qu'on ne la voit pas ou... ou ? Qu'est-ce qu'elle pouvait faire d'autre ? Qu'est-ce que le corp de l'agresseur demandait ? Qu'est-ce qu'elle devait lui refuser ?

Un avant-dernier mouvement, et la Saevitia se retrouva accroupie à côté de la fille. Elle n'avait pas tout de suite remarquée sa peau bleue. Ou, plutôt, n'avait pas admis immédiatement la couleur de sa peau comme inhabituelle. Etait-elle malade ? Etait-ce vraiment une peau ? Etait-ce par curiosité que sa main se tendait ? Les questions ne trouvèrent pas de réponse, même quand ses doits frôlèrent sa joue avant de s'y appuyer.
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Ithilsûl Erebûn
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MessageSujet: Re: Papillon   Dim 6 Jan 2008 - 1:05

Ithilsul, inconsciente, ne sentit pas le contact frais du doigts de Mélodie sur sa joue, non. En revanche, son esprit, comme brisé, retrouva soudain sa forme. Un puzzle qui devenait limpide une fois découverte la dernière pièce. Un puzzle donc l'image n'était pas nette, donc l'image ne ressemblait à rien, mais un puzzle dont toutes les pièces se correspondaient. Mais... Là ! Il y avait une erreur ! Cette pièce-là, elle ne faisait pas partie du puzzle ! Il fallait la faire partie, trouver un endroit ailleurs ! Où la mettre? ça ne marchait pas, il n'y avait pas de place ici pour elle. Là ! là il y avait un chemin où l'envoyer loin, là où il y avait de la place. Tout était en ordre. L'Esprit était comme une sphère parfaite. Il pouvait refonctionner.

La jeune fille s'éveilla donc en sursaut. Elle se redressa et vit le visage saisi d'une fille. Une fille assez belle d'ailleurs. Une humaine.


"Ah! Wie is jij? Ik... Aïe, mijn hoofd..."

Elle se trouvait dans un bâtiment de pierre. A l'air libre. Et avec des humains. Et il faisait chaud, humide. Un temps qu'elle n'avait jamais connu aux Pays-Bas. Donc, il y avait de grandes chances pour qu'elle ne soit pas aux Pays-Bas. Des pierres comme un chateau. Elle ne connaissait pas d'ennemi, ou même d'ami, vivant dans un chateau, à l'air libre. Oh, où était-elle?
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Mélodie Parker
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MessageSujet: Re: Papillon   Sam 1 Mar 2008 - 14:59

Au début, il ne se passa rien. Le contact était froid, et il lui permettait de reprendre par-là même ses repères avec sa réalité coutumière. Elle comprenait à présent qu’il n’y avait aucune peur à avoir. La fille était là, immobile, inoffensive. Il n’y avait personne d’autre. Même pas quelqu’un pour l’accuser, au cas où les choses tourneraient mal.
Elle ne faisait pas pour autant abstraction du bouillonnement qui fourmillait sous la peau que ses doigts touchaient, peut-être plus profondément qu’elle ne le pensait. Mais c’était normal, habituel. Même inconsciente, ou les yeux fermés, les réactions intérieures étaient violentes, les successions entre guerres, révolutions et temps de paix, rapides. Tant qu’elles restaient sous la peau, elles ne représentaient pas un danger.
Mélodie aurait dû pressentir le plissement, l’anomalie. L’esprit de la fille s’était refermée comme une coquille, pour ne plus rien partager. Un pré-mouvement aurait dû l’avertir de son ouverture. À la place, ce fut une brusque et violente explosion qui, profitant de sa surprise, s’abattit sur elle en tentant de forcer ses défenses – et qui y réussit parfaitement.

La Saevitia retomba violemment en arrière, plus par la force de la projection que par sa faible volonté de s’éloigner de la source de danger. Elle eut seulement la vague impression d’être allongée, le dos appuyé sur le sol, lorsqu’elle se sentit écrasée par l’élément qui lui était envoyé. À mesure que le corps étranger et pourtant si connu tentait de s’enfoncer toujours plus profondément en elle, quelque chose, en contre-partie, remontait. Quelque chose qu’elle ne contrôlait pas. Quelque chose qui, elle le savait instinctivement, agissait habituellement seule, selon ses propres règles, selon sa propre volonté. Elle sentit sa protestation silencieuse mourir lorsque l’élément retrouva une place insoupçonnée, s’y logea, et se fondit complètement en elle. Et, brusquement, tout changea.

Elle voyait anormalement clair. Si clair que ses yeux n’arrivaient pas à suivre, ne parvenaient pas à s’accrocher aux surfaces devenues désespérément lisses et trop précises pour qu’elle puisse y arrêter son regard ou tenter de s’accrocher à quelque chose de connu. Sans trop savoir comment, elle sentit qu’elle se relevait pour arriver pour qu’elle se place en position assise. Elle sentait la présence en face d’elle, mais cette perception dépassait ses sens propres. Odeur, couleurs, formes, dimensions, bruits, textures… elle ne parvenait pas à se raccrocher à quoi que se soit. Tout restait un amas confus, un chaos absolu ou rien n’était distinct du reste. Elle avait peur, elle était effrayée, son cœur battait un peu plus vite, et elle se rendit compte à cet instant que la Tarutama s’était réchauffée anormalement vite. Elle essaya de l’éloigner de sa peau à l’aide de son bras gauche, mais il resta immobile, comme un appendice inutile ou un membre mort depuis déjà longtemps. Toujours par cet instinct étranger, elle avait le pressentiment qu’elle ne parviendrait plus jamais à le bouger. Le pressentiment se transforma instantanément en réponse, par une conscience commune qu’elle ne se savait pas partager : il ne bougerait pas parce que, depuis déjà longtemps, son bras à « elle » refusait de lui obéir. Elle essayait de réfléchir à ce « elle », et « elle » essayait de se dérouler sous ses doigts, de retourner dans la masse confuse, de fermer les yeux et de ne plus exister aux yeux du monde. « Elle » ne voulait pas revenir, « elle » n’en avait pas besoin, « elle » devait rester là où elle était, « ils » ne pourraient rien faire sans « elle »…

« Alors tu n’auras qu’à courir plus vite pour me rattraper. »

… parce que, après tout ça, « elle » ne pouvait pas croire qu’il y aurait un moyen de « le » faire revenir autre que de la manière avec laquelle on ressuscitait un monstre ; parce qu’« ils » n’auraient pas ses états d’âmes, parce que Kashin l’avait bien dit, parce que ça n’était pas ça qu’« ils » recherchaient, et parce que, au fond, tout avait été fait pour que se soit « sa » faute, en matérialisant un monstre, ce qui aurait dû rester « son » monstre imaginaire, parce qu’« il » s’était pourtant douté dès le début qu’« elle » ne l’accepterait jamais, et parce qu’« elle » avait été finalement forcé de…

« Si tu y arrives… »

Elle ne savait plus le côté d’où provenait la présence. « Elle » affluait à mesure qu’« elle » cherchait à se retrancher, et « son » sentiment de détresse se répandait dans le sien pour semer une confusion supplémentaire. Il ne fallait pas qu’elle reste ici, à découvert ; il ne fallait pas qu’elle reste comme ça, il ne fallait pas qu’elle croit qu’elle était en sécurité, il fallait qu’elle reste indépendante, qu’« elle » reste seule, puisque c’était la dernière manière de Lui appartenir un peu, malgré tout. Il ne fallait pas qu’« elle » donne de faux espoirs à son erreur, il ne fallait pas qu’« elle »…

« … je resterais. »

La seule chose dont elle était sûre, c’était que tout ce qu’« elle » avait dit avait toujours été une promesse.



"Mais alors cours !" cria-t-elle d’une voix effrayée, agressive, peut-être proche de l’hystérie.
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MessageSujet: Re: Papillon   Sam 5 Avr 2008 - 20:56

*...anglais*

Malgré son mal de tête, elle se rendit compte de ce détail. Etait-elle dans un pays anglophone?

Puis elle s'attarda sur le sens des paroles. Pourquoi courir quan on avait mal à la tête? Au contraire, l'afflux de sang risquait de faire empirer la douleur. Au bout de quelques secondes, elle répondit, son mal de tête faisant venir ses mots en anglais avec difficulté :


"Pourquoi courir?"

Cette fille avait l'air aussi désorientée qu'elle... mais peut-être savait-elle...

"Courir où? Où est-on? Qu'est-ce qui vous arrive? Q'est-ce qui m'arrive?"

Elle se sentait bizarre... le mal de tête mis à part...

[Potentiellement à éditer mais réponse possible]
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MessageSujet: Re: Papillon   Dim 12 Avr 2009 - 16:58

Là, petite conscience qui se rétractait, qui se refermait et redevenait invisible ; le noir, plus de couleurs qui éclataient, plus de présences trop fortes, plus de choses à faire, à éviter, à dire, à retirer. Le temps du présent passé, celui où les jours passaient et ne se ressemblaient jamais, où il fallait se souvenir de tous avant de tous les oublier. Tout redevint silencieux, un moment. Il faisait sombre, même si on distinguait les lignes de la pierre – non, non, du parquet, ça n’était pas là, pas de la pierre, jamais là. Il faisait chaud, ou froid, ou tellement bon qu’elle ne distinguait pas la température. Il n’y avait personne, et ça n’était pas normal.

Inspire, expire ; elle était toute seule. Inspire, inspire, expire, expire ; non, ils étaient deux, peut-être. Il y avait les yeux d’un petit garçon qui ne la lâchaient pas ; et elle savait que seuls ses yeux comptaient, qu’il ne parlait pas, qu’il ne parlait pas comme les autres, pas encore, mais que ses yeux s’exprimaient à sa place. « Que disent ses yeux ? » demandait une voix de femme, parfois, et elle ne se rappelait jamais si elle répondait ou pas, même si, maintenant, elle connaissait la réponse. Il allait se passer quelque chose de terrible, savait-elle, par avance, parce qu’il s’était déjà passé quelque chose de terrible, et elle voyait que c’était ce que disaient les yeux du garçon. Il n’était pas seul, lui non plus, il y avait ces bras de femme qui l’entouraient – « Ma… » –, mais c’était comme s’il voulait partir et venir la rejoindre.

Le regard détaché de Train lorsqu’il lui avait posé cette question – laquelle, quand, qu’est-ce qu’elle avait répondu, pourquoi est-ce qu’elle avait mal répondu,
de quoi devait-elle se souvenir ? –, les yeux du petit garçon qui aurait voulu protester, les mains de cette femme et le sourire, toujours ce sourire caché derrière les cheveux, qui s’approchait d’elle alors même qu’il – « Pa… » – n’avait pas l’air de se déplacer dans l’espace ; accroupi à côté d’elle, la main sur sa tête, comme s’il disait adieu – non, il le disait – ou juste au revoir – au revoir « peut-être » ? « Il va se passer quelque chose de terrible » disaient une dernière fois les yeux du garçon, avant de se fermer.

* * *


Comme si elle se cognait contre un mur de verre – du verre noir, opaque, omniprésent, qui l’avait entouré sans qu’elle s’en aperçoive. Elle avait mal à la tête, mal un peu partout dans son corps et- et- respire ! L’air était froid et violent. « Pourquoi courir ? » demanda une voix, et Mélodie se releva brusquement, les mains écrasées contre le mur. Elle devait se défendre contre ça.


"J’ai rien dit ! Tais-toi ! Tais-toi !"


Et parce qu’elle ne se taisait pas, Mélodie sauta sur elle, agrippa ses poignets (à moitié pour qu’elle ne s’enfuie pas, à moitié pour qu’elle-même ne s’effondre pas) et la secoua comme elle put.


"Enlève-moi ça ! "


Ce qu’elle avait implanté, ce reste d’« elle », cette chose qui ne devrait pas être là, ce… cette chose qui va continuer – « continuer à qu- » commença une voix dans sa tête avant d’être ravalée.
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Ithilsûl Erebûn
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MessageSujet: Re: Papillon   Dim 10 Mai 2009 - 10:01

Cette fille était folle? Elle devait avoir un mal de crâne bien pire que le sien pour se comporter comme ça.

Après avoir voulu arracher le plâtre du mur, elle se tourna vers elle et lui saisit brusquement les poignets.

Jude eut une courte et brusque inspiration qui l'amena à retenir un moment son souffle.

Enlever quoi au juste? Qu'est-ce qu'elle pouvait enlever, surtout les mains emprisonnées comme ça?

La poigne de cette fille lui faisait mal, mais elle était autrement plus effrayée par son regard dément.
Mais qu'est-ce qu'elle faisait là?
Ce lieu était emprunt d'une chaleur moite. Hémisphère sud? Pays anglophone dans l'hémisphère sud?

Malgré l'injonction de la jeune fille, elle répondit d'une voix mal assurée mais qui sortit comme une défense :


"Enlever quoi?"

Elle remarqua soudain que cette fille portait des vêtements similaires aux siens. Qu'est-ce que ça voulait dire? Un uniforme? Elles étaient enfermées quelque part? Dans un asile?

Elle se sentait enfermée et... fuyant quelque chose. Elle... mais... non, pas elle... Oui, ce devait être un asile, et elle devenait folle...

Elle se dégagea les poignets et se recula comme un animal perdu avec un regard de défiance vis à vis de la fille.
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